Mario Dumont: «Le Québec s'appauvrit et on n'a pas le droit de le dire...»

« Je suis un éternel optimiste, mais dans la société québécoise, je fais quand... (Imacom, Julien Chamberland)

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(SHERBROOKE) « Je suis un éternel optimiste, mais dans la société québécoise, je fais quand même partie de ceux qui tracent un portrait assez dur et sévère du Québec, statistiques à l'appui, puisque je suis économiste de formation », a lancé d'entrée de jeu Mario Dumont, mercredi, lors de la Soirée des présidents qui réunissaient à l'Hôtel Delta les membres de six chambres de commerce de la région, soit celles de Sherbrooke, Magog-Orford, Haut-Saint-François, Windsor, Richmond et Fleurimont, qui agissait à titre d'hôtesse.

D'emblée, l'ancien chef de l'Action démocratique du Québec a précisé que son propos était complètement non partisan de tous partis et individus confondus.

« Le Québec a une population travaillante et créative, mais l'effort et le travail ont peu été valorisés au cours des dernières années. Il y a des matins où j'ai l'impression que les gens prennent une pancarte et vont crier sur les trottoirs s'ils veulent augmenter leur revenu. On a eu de belles années et on s'est signé toutes pleins de belles conventions collectives. Pendant un certain temps cela a marché, car l'économie et la démographie le permettaient. Après ça, cela marchait moins alors on s'est mis à emprunter », a expliqué M. Dumont devant quelque 175 acteurs économiques de la région.

« On est bien situé sur le continent nord-américain qui est celui de la richesse. Mais le Québec s'appauvrit et on n'a pas le droit de le dire parce que c'est un tabou », a-t-il ajouté, précisant que le Québec n'arrive pas à suivre la croissance des États américains et des autres provinces canadiennes.

Pour le démontrer, M. Dumont a rappelé que le Québec se classait au 4e rang pour son revenu personnel par habitant en 2003 avec un écart de 2200 $ en deçà de la moyenne canadienne, alors qu'il se classait 9e en 2012 avec un écart de 4200 $.

Le conférencier a aussi noté l'handicap du gouvernement qui a un revenu en baisse, un lourd endettement et un taux de taxation limité et la faible productivité des Québécois. « On travaille moins d'heures, on produit moins par heure et notre taux d'emploi est plus faible. Les gens se sont fâchés quand Lucien Bouchard l'a dit, mais les chiffres sont là », a révélé le politicien converti en observateur de l'actualité.

Le budget 2010-2011 du Québec a été analysé pour démontrer que les Québécois vivaient au-dessus de leurs moyens. « Sur des dépenses totales de 66 milliards, 13 milliards étaient de l'argent non gagné, soit notre 5 milliards de déficit et le 9 milliards reçus de la péréquation », a souligné M. Dumont.

Parmi les tendances lourdes à surveiller, le conférencier a mentionné le vieillissement de la population qui n'est pas uniquement négatif. « Aujourd'hui, vous pouvez vendre une paire de ski ou une nouvelle cuisine à des gens de 65 ans, un fait qui jadis n'était pas vrai », souligne-t-il.

Le conférencier a aussi parlé de l'après carrés rouges. « C'est un moment marquant. La rue l'a remporté sur le gouvernement. La minorité sur la majorité, car il n'y a jamais eu un sondage qui a démontré que la majorité était contre les hausses de frais de scolarité. Alors n'importe quel gouvernement, après 2014, aura peur de faire des réformes importantes » a révélé M. Dumont ajoutant qu'aujourd'hui, il y a des « opposants professionnels qui s'opposent à tous développements économiques ».

« Les chambres de commerce sont là pour donner une voix aux entrepreneurs. Et l'austérité, en passant, il n'y en a pas au Québec. La Grèce a connu l'austérité avec leur coupe de 20 % dans les salaires des fonctionnaires. Au Québec, c'est un ajustement. »

« Maintenant, il y a un défi de communication. Le gouvernement devrait parler de la destination, la plage ou la société meilleure et moins incertaine, plutôt que de parler du moyen de s'y rendre soit l'attente et la fouille à l'aéroport et la turbulence », a résumé M. Dumont.

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