Faire la lumière sur la Vie consacrée

Mgr Luigi Bonazzi... (Imacom, Maxime Picard)

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Mgr Luigi Bonazzi

Imacom, Maxime Picard

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(Sherbrooke) «Aujourd'hui, c'est plus difficile pour plusieurs de comprendre cette vocation de la vie religieuse. C'est peut-être pourquoi le Saint-Père a voulu fixer le regard d'une façon explicite sur les religieux, faire découvrir des personnes qui servent sans rien demander en retour, qui sont prêtes à sortir de leur maison, de leur pays, à aller là où leur prochain a besoin d'être aidé. Ils ne mesurent pas leurs heures et travaillent 24 h par jour.»

Mgr Luigi Bonazzi, qui représente le pape auprès de l'Église du Canada, était de passage pour la première fois à Sherbrooke au courant de la fin de semaine, célébrant notamment une messe dimanche matin à la cathédrale Saint-Michel.

Son passage visait à donner le coup d'envoi de l'Année de la Vie consacrée annoncée par le pape François. «C'est une tradition dans l'Église catholique, suivant l'intuition du pape, de consacrer une année à une finalité spécifique», explique Mgr Bonazzi. L'objectif de cette année est entre autres de faire «prendre conscience du rôle fondamental des religieux dans l'humanité», poursuit-il. «Ce n'est peut-être plus le temps de bâtir des hôpitaux, des écoles et d'autres centres comme cela se faisait autrefois, puisque l'État le fait. Mais le religieux, avec sa vie, essaie d'incarner à nouveau les évangiles.»

L'appel «doit être aperçu»

Il y a de moins en moins de prêtres et de soeurs au Québec. Pourquoi cette baisse d'engouement pour, justement, la vie consacrée? «Dans le cas d'une vocation, l'appel vient de Dieu, mais il doit être aperçu par celui qui le reçoit. Aujourd'hui, le contexte social est beaucoup imprégné d'un certain esprit de consumérisme et de matérialisme, on promeut d'abord la dimension de la personne, ça laisse moins d'espace pour écouter la voix qui ne provient pas d'un désir de la personne, mais d'un appel du dehors», estime Mgr Bonazzi.

«Si la vocation de l'appel de Dieu est ce qui met la personne dans la condition de rejoindre son propre bonheur - parce que chacun de nous est content quand il est installé là où il est appelé à être lui-même -, il faut l'écouter. Le bonheur est là, pour beaucoup, dans la vie religieuse.»

L' «effet François»

Mgr Luigi Bonazzi, qui demeure à Ottawa, rencontre le pape une fois par année. Il dit remarquer une situation nouvelle que certains appellent l'«effet François» depuis qu'il est en place.

«Remercions le Seigneur que par ses gestes, François a trouvé le chemin pour montrer ce que les autres papes aussi faisaient, mais sans toujours trouver les expressions qui arrivaient au coeur des personnes. Il prend soin et montre constamment de l'intérêt pour les autres, tout le monde, en particulier les pauvres, ceux qui ont besoin de lui, qui vivent dans des conditions de guerre, souffrent de discrimination et luttent pour avoir le juste salaire», affirme Mgr Bonazzi.

«Il a conquis un grand nombre de personnes qui voyaient peut-être l'Église comme moins familiale, moins maternelle. Je me permets de dire qu'aujourd'hui, l'image de l'Église dépend aussi beaucoup des moyens de communication sociaux», souligne-t-il, glissant au passage que le pape Benoît XVI - «un homme d'une humanité et d'une cordialité rares» - avait été étiqueté comme plus austère par les médias.

Mgr Luigi Bonazzi a profité de son passage dans la région pour visiter diverses communautés religieuses estriennes, s'arrêtant notamment à l'abbaye Saint-Benoît-du-Lac et dans la Famille Marie-Jeunesse.

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