Le temps presse pour Raif Badawi

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<p>Jacynthe Nadeau</p>
Jacynthe Nadeau
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(SHERBROOKE) Un an après avoir entrepris sa croisade pour faire libérer le Saoudien Raif Badawi, Amnistie internationale intensifie ses efforts de mobilisation.

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Les Sherbrookois sont invités à lui envoyer des cartes de voeux, au cours des prochaines semaines, et on parlera de lui au Salon du livre de Montréal, ce soir, pendant la séance de dédicaces de l'événement Livres comme l'air.

« On a une crainte que les coups de fouet commencent d'un moment à l'autre », explique Mireille Elchacar, agente de développement régional pour l'Estrie d'Amnistie internationale.

« Les autorités carcérales lui ont dit il y a deux semaines qu'il n'y avait plus de raisons d'attendre puisqu'il n'a plus de recours. C'est pour ça qu'on est inquiet. »

Raif Badawi est emprisonné depuis deux ans et demi en Arabie Saoudite pour avoir créé un site web, intitulé Free Saudi Liberals, dans le but d'ouvrir la discussion sur des sujets sociaux. Le père de famille y a prôné l'ouverture face aux différentes religions dans un pays où seul l'islam est reconnu.

À la fin de septembre, Raif Badawi a épuisé ses derniers recours pour faire renverser sa condamnation à 10 ans de prison, à une amende de 290 000 $ et à recevoir 1000 coups de fouet. Cette torture serait administrée par tranche de 50 coups, sur la place publique, devant la mosquée, chaque vendredi après la prière, mais elle n'a heureusement pas encore eu lieu.

« Chaque vendredi, chaque jeudi soir en fait, sa femme est sur le qui-vive. Elle est très inquiète », rapporte Mme Elchacar.

Devant le sort réservé à son mari dans son pays, Ensaf Haider s'est réfugiée à Sherbrooke avec leurs trois enfants en novembre dernier. C'est à ce moment-là qu'elle a demandé le soutien d'Amnistie internationale.

«Maman est forte, continue le jeune Tirade qu'on surnomme Doudi, alors ne t'inquiète pas.»


Lettre d'un fils à son père

Sur le web ces jours-ci, on peut d'ailleurs visionner une vidéo où un des trois enfants du couple, Tirade, âgé de 10 ans, lit une lettre touchante qu'il a écrite à son père. « Je n'ai jamais cru que je vivrais sans toi, lui dit-il notamment. Pourquoi es-tu en prison? Est-ce vrai que c'est parce que tu as créé un site web qui encourage le débat politique et social? »

« Maman est forte, continue le jeune Tirade qu'on surnomme Doudi, alors ne t'inquiète pas. Ça fait deux ans et demi qu'elle fait tout pour compenser ton absence, mais rien ne peut te remplacer. »

Cette vidéo, explique Mme Elchacar, a été tournée pour le Marathon d'écriture 2014, une campagne mondiale au cours de laquelle Amnistie internationale invite le public à écrire des mots d'encouragement et de solidarité à des prisonniers d'opinion ou a des personnes dont les droits humains ont été bafoués.

Raif Badawi est l'une des 10 personnes retenues dans le monde pour la campagne 2014. Ces marathons d'écriture, assure Mme Elchacar, ont fait la preuve de leur efficacité puisque plus de 66 pour cent des cas parrainés ont été libérés ou ont vu une amélioration à leurs conditions de vie.

À Sherbrooke, il y aura des marathons d'écriture le 6 décembre à la Biblairie GGC et le 13 décembre à la Coop d'Alentour. Il y en aura aussi au Cégep et à l'Université de Sherbrooke. Mireille Elchacar et Ensaf Haider ont par ailleurs entrepris une tournée dans les écoles pour inviter les enfants à écrire des cartes de voeux eux aussi.

« Le moral de Raif est surprenamment bon parce qu'il voit ce qui se passe, estime Mme Elchacar. Il est au courant des campagnes et il sait que les gens sont derrière lui. Il a bon espoir que les pressions vont donner des résultats. »

Au Salon du livre de Montréal, ce soir, c'est à travers l'événement Livres comme l'air qu'on entendra parler de Raif Badawi. Ce projet d'Amnistie internationale, de l'Union des écrivains du Québec et du Centre québécois du P.E.N. international consiste depuis 15 ans à jumeler 10 auteurs à 10 écrivains aux prises avec la justice. Raif Badawi a été jumelé à l'auteur Richard Dallaire qui lui dédicacera son livre Les Peaux cassées.

« Tout le monde qui est mis au courant de l'histoire de Raif est renversé par l'absurdité de la peine qu'il a reçue pour avoir simplement tenu un blogue, constate Mme Elchacar. Beaucoup de voix s'élèvent pour exiger sa libération. »

www.amnistie.ca

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