Une vague de soutien spontanée pour Radio-Canada

«On peut peut-être se dire que les manifestations qui ne sont pas organisées... (Imacom, Julien Chamberland)

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(Sherbrooke) «On peut peut-être se dire que les manifestations qui ne sont pas organisées sont les meilleures!»

Le journaliste Pierre Tousignant, aussi délégué à Sherbrooke pour le Syndicat des communications de Radio-Canada (SCRC), était un peu surpris jeudi de voir les quelque 300 personnes réunies devant les bureaux de la société d'État pour manifester leur mécontentement envers les coupures avec lesquelles celle-ci doit composer.

Surpris non pas du soutien de la population, mais bien de l'ampleur de ce rassemblement organisé par... personne en particulier. «C'est un mouvement qui avait été initié par un citoyen à Montréal qui avait lancé l'idée sur les médias sociaux, et ça s'est répercuté dans les régions. Il n'y a pas d'organisateur aujourd'hui, j'ai appris cette semaine qu'il y aurait le rassemblement, et je suis venu donner un coup de main», dit-il.

«C'est la première fois que je participe à une manifestation sans organisateur... on est en 2014, ç'a l'air que c'est comme ça que ça se passe!»

Pour un rassemblement sans pilote officiel, on était assez loin du chaos auquel on aurait pu s'attendre. Employés provenant des trois syndicats de l'endroit, représentants syndicaux, citoyens soucieux de la santé de leur diffuseur public; tous brandissaient des pancartes colorées, envoyant la main aux nombreux véhicules qui klaxonnaient en passant sur la King.

Le député Pierre-Luc Dusseault s'est adressé à la foule pour féliciter les personnes présentes de leur mobilisation. «Sans cette réaction, le gouvernement continuera à utiliser les profits ailleurs et à couper les services de Radio-Canada», estime-t-il. Il a également souligné l'accueil réservé au président-directeur général de Radio-Canada, Hubert Lacroix, à qui les employés estriens ont signifié la semaine dernière refuser de recevoir un prix qu'il était venu leur remettre en personne. «Bravo pour votre accueil plutôt froid et mérité au président», a dit le député, un sourire en coin.

Le président du Syndicat du personnel enseignant du Cégep de Sherbrooke, Steve McKay, ainsi que le slameur sherbrookois Frank Poule ont également pris le micro. «Il faut se battre pour nos médias publics, c'est extrêmement important. C'est une question d'emploi dans les régions, mais aussi de démocratie», a notamment affirmé le premier.

La manifestation s'est déroulée sans problèmes, une voiture de police simplement stationnée à côté de l'attroupement.

Ailleurs au Québec

Le rassemblement sherbrookois faisait écho à plusieurs autres actions organisées à travers la province. La mère de celles-ci : la manifestation dans les rues du centre-ville de Montréal, organisée par le citoyen Nicolas Bédard, qui a regroupé plusieurs milliers de personnes.

D'autres initiatives de plus petite ampleur avaient vu le jour à Matane, à Trois-Rivières ainsi qu'à Moncton, au Nouveau-Brunswick, où se trouvent des établissements de Radio-Canada.

Par voie de communiqué, le président-directeur général de CBC/Radio-Canada, Hubert T. Lacroix, a affirmé que ces manifestations de gens clamant leur attachement à Radio-Canada témoignent de l'intensité de la relation qui les unit au diffuseur public. Il ajoute que cet attachement rassure et motive la direction à prendre tous les moyens nécessaires pour faire en sorte que CBC/Radio-Canada demeure un service public fort.

Il a soutenu que la gestion quotidienne et les choix éditoriaux comme la définition des orientations sont libres de toute intervention politique.

- Avec La Presse Canadienne

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