Des coupes qui vont «un peu trop loin»

Luc Savard... (Archives La Tribune)

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Luc Savard

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(Sherbrooke) «Si la plupart des choses qu'on entend se manifestent, selon moi, c'est peut-être aller un peu trop loin, surtout dans des secteurs où on ne coupe pas seulement des dépenses, mais aussi des investissements. Quand on regarde entre autres tout ce qui est éducation ou promotion de l'innovation, ce sont des dépenses du gouvernement qui apportent des retombées, pas nécessairement à court terme, mais à long terme.»

S'il affirme que le gouvernement se devait de prendre des mesures pour assainir les finances publiques, Luc Savard, professeur au Département d'économique de la faculté d'administration de l'Université de Sherbrooke, croit que les libéraux iraient trop loin en mettant de l'avant l'ensemble des modifications évoquées au cours des dernières semaines.

«Le gouvernement semble se dire que tout le monde doit mettre l'épaule à la roue pour régler le problème, mais ça, c'est travailler de manière inintelligente selon moi», dit celui qui croit que le travail d'analyse des programmes gouvernementaux a parfois été fait de façon superficielle, ce qui amène le gouvernement à couper «un peu à l'aveugle» et trop rapidement.

Outre les coûts sociaux de telles coupures drastiques, celles-ci peuvent également avoir un impact sur la situation strictement économique du Québec, rappelle M. Savard. «Le risque à couper trop rapidement est qu'on peut faire basculer l'économie en récession, et si c'est le cas, tous les efforts qu'on aura faits ne rapporteront rien», dit-il. On pourrait ainsi se retrouver pris dans un cercle vicieux : des baisses des dépenses du gouvernement se traduisent par des baisses de revenus chez les citoyens, qui entraînent une diminution de la consommation, qui amène à son tour une baisse des investissements des entreprises.

Cependant, toutes les mesures avancées par le gouvernement libéral ne sont pas mauvaises, estime le professeur. «Dans certains cas, je crois que [les hausses de tarif] sont une bonne décision. Pour des tarifs de garderies, essentiellement, on demande aux gens qui ne sont même pas dans la classe moyenne, aux gens riches, de payer plus. C'est tout à faire normal, ce n'est pas justifié qu'un couple de médecins qui fait 400 000 $ par année se fasse subventionner par des travailleurs de classe moyenne pour faire garder ses enfants.»

De façon générale, Luc Savard s'inquiète de la perception du gouvernement quant au rôle qu'il a à jouer dans l'économie. «Certaines personnes au gouvernement ont une vision plus à droite de la façon dont l'économie devrait fonctionner», dit-il. Le fait de penser que moins un gouvernement s'implique dans l'économie, mieux celle-ci se porte, peut amener à prendre des décisions hâtives quant aux coupures effectuées.

La classe moyenne pas si mal

Malgré tout, M. Savard souligne que pour les familles de la classe moyenne, la situation est meilleure aujourd'hui qu'il y a 10 ou 15 ans. «Quand on regarde des analyses d'évolution de la classe moyenne, on voit que la situation s'améliore. Quand les gens entendent dans les médias que les choses vont mal, ils le croient. Si on leur demande s'ils pensent qu'ils sont moins bien, ils vont dire oui, mais avec les données concrètes, on voit que le pouvoir d'achat pour la plupart des groupes de la population s'est amélioré ou est resté relativement stable.

«Par contre, avec les mesures annoncées ou qui viennent d'être mises en place, ça risque de changer», prévient-il.

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