CPE : 2000 personnes manifestent à Sherbrooke

Environ 2000 personnes ont manifesté dimanche matin devant les bureaux du... (IMACOM, Jocelyn Riendeau)

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IMACOM, Jocelyn Riendeau

(Sherbrooke) Environ 2000 personnes ont manifesté dimanche matin devant les bureaux du député sherbrookois Luc Fortin, pour dénoncer les mesures d'austérité touchant les services de garde évoquées par le gouvernement Couillard.

En plus de parents de jeunes enfants, ce sont principalement des membres du Syndicat des travailleuses et des travailleurs des centres de la petite enfance de l'Estrie qui ont rempli la rue King, pièces de casse-tête à la boutonnière pour manifester leur solidarité.

Parmi ceux-ci, une trentaine de travailleuses du CPE Panda, à Lennoxville, dont Marie-Chantal Lévesque. Celle-ci se dit inquiète quant à une possible hausse des tarifs. «Ceux qui ont plusieurs enfants pourraient trouver que c'est trop cher, ce qui pourrait encourager la garde au noir, ou inciter les femmes à rester à la maison, et ainsi faire planter un réseau qu'on a travaillé si durement pour développer», craint-elle.

«On nous dit que chaque dollar investi dans un CPE ramène 1,50 $ à la société. Il ne faudrait pas que [les mesures d'austérité] nuisent à notre économie non plus, sas compter que si les femmes ne peuvent plus se permettre de travailler, on recule», ajoute-t-elle, résumant bien la pléiade de préoccupations exprimées par le milieu.

La comédienne Catherine de Léan, qui vient justement de trouver une place en CPE pour sa fille, était de passage à Sherbrooke pour l'occasion et s'est adressée à la foule. «On a choisi collectivement de pouvoir être parents et accomplis sur le marché du travail en même temps», a-t-elle scandé. «Au nom des femmes du Québec, je veux dire au gouvernement qu'on n'a pas l'intention de perdre le terrain que nos mères ont défriché pour nous.»

La population «trompée»

Le vice-président de la CSN, Jean Lacharité, n'a pas pesé ses mots pour critiquer le gouvernement par rapport aux mesures qu'il pourrait appliquer. «Le gouvernement du Parti libéral ne respecte pas sa parole, il a trompé la population. Durant la campagne électorale, le gouvernement péquiste sortant avait annoncé des hausses de tarif à 8 $, puis à 9 $, et Philippe Couillard avait déchiré sa chemise sur la place publique en disant que ça n'avait pas de bon sens et que son gouvernement s'en tiendrait à une indexation», souligne-t-il. «Là, avec une modulation des tarifs, il s'attaque à l'universalité du système.»

M. Lacharité a également dénoncé la «double taxation» de la classe moyenne qui accompagnerait une modulation. «Déjà, les gens qui gagnent plus d'argent paient plus d'impôts. On serait en train de doublement taxer la classe moyenne au Québec, et on ne règlerait rien pour les plus démunis», estime-t-il.

Le leader syndical a dénoncé au passage les mesures d'austérité qui touchent les réseaux de santé et de développement économique régional. «Le gouvernement applique le programme de la CAQ. Mais c'est un parti qui est arrivé troisième aux élections, les gens n'ont pas voté pour ce programme.»

De pareilles manifestations se tenaient dimanche un peu partout à travers la province.

Rien de décidé encore, rétorque Fortin

Le député libéral de Sherbrooke, Luc Fortin, a rencontré les organisateurs de la manifestation à l'issue de celle-ci. Il a affirmé qu'il était «légitime» que les citoyens expriment leurs préoccupations en cette période de changements importants, et qu'il fallait les écouter. Cependant, il rappelle qu'aucune décision n'a été prise pour le moment par le gouvernement, et assure que les changements se feront dans le respect de tous.

«La plupart des inquiétudes qu'on entend présentement sont basées sur des rumeurs ou des éléments qui se sont retrouvés dans les médias d'information», dit-il.

«On doit optimiser le réseau et regarder toutes les options, la modulation des tarifs en est une», a-t-il dit, lorsque questionné à ce sujet. Il a également précisé que l'ensemble des services gouvernementaux devaient être revus pour «rétablir l'équilibre des finances publiques», y compris le réseau des CPE.

Il a toutefois pu rassurer les organisateurs en assurant que le gouvernement ne prévoyait pas abolir les bureaux de coordination des services de garde en milieu familial ni les conseils d'administration des CPE, et qu'il ne comptait pas non plus y remettre en cause la présence des parents-utilisateurs.

Luc Fortin a soutenu que son gouvernement se battrait pour la liberté de choix des familles, et que le réseau des CPE devait être «mieux financé».

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