Le CHUS reçoit un Bon coup

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La directrice générale de l'Association québécoise d'établissements de santé et de services sociaux Diane Lavallée (2e à g.) a remis un certificat de l'Opération Bons coups au CHUS et l'UdeS pour le logiciel de surveillance de la prescription d'antibiotiques. Elle est entourée du Dr Stéphane Tremblay, directeur général du CHUS, Dr Louis Valiquette, microbiologiste-infectiologue, Julie Perron, pharmacienne, et Patrice Lamarre, chef du département de pharmacie.

Imacom, Frédéric Côté

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<p>Jacynthe Nadeau</p>
Jacynthe Nadeau
La Tribune

(SHERBROOKE) Au moment où le gouvernement Couillard ausculte toutes les structures dans le but de rationaliser les dépenses, notamment dans le réseau de la santé, l'Association québécoise des établissements de santé et de services sociaux est venue mettre en lumière, lundi, un logiciel développé à Sherbrooke, utilisé au Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CHUS) depuis quatre ans et qui génère des économies annuelles de 300 000 $ dans le budget consacré aux antibiotiques.

« Il s'agit d'un résultat concret de la recherche qui a cheminé de nos laboratoires jusqu'au chevet des patients. Ce logiciel est facilement exportable dans d'autres établissements de santé et permettrait d'économiser des milliers de dollars à tout le réseau, mais surtout d'améliorer les soins aux patients », résume le directeur général du CHUS, Dr Stéphane Tremblay.

Ce logiciel de gestion des antibiotiques est issu d'un projet de recherche mené par le Dr Louis Valiquette, microbiologiste-infectiologue au CHUS, chercheur au Centre de recherche du CHUS et professeur à l'Université de Sherbrooke, en collaboration avec le département de pharmacie du CHUS et le département d'informatique de la faculté des sciences de l'UdeS.

L'outil a été développé dans la foulée de l'épisode de Clostridium difficile de 2003-2004, sachant que la cause première de cette infection est la prescription d'antibiotiques, relate celui qui a voulu trouver une façon d'optimiser le recours à ce type de médicaments.

En utilisation depuis 2010 au CHUS, le projet APSS (acronyme anglais pour Utilisation d'un système de surveillance informatisée des antibiotiques) a permis de réduire de 20 % les jours de traitement et de 17 % le budget de la pharmacie pour des économies totales de 1,2 million $ à ce jour.

« Toutes les doses d'une prescription sont révisées en fonction des données les plus récentes du patient, pour un traitement approprié en tout temps », explique Dr Valiquette, qui ajoute qu'une prescription sur deux peut ainsi être optimisée et que le taux d'acceptation est de plus de 90 % chez les médecins prescripteurs.

150 Bons coups

En désignant ce projet dans le cadre de son Opération Bons coups, l'AQESSS a voulu faire valoir les avantages de ce logiciel pour l'ensemble du réseau puisque le CHUS en est encore le seul utilisateur.

« Les Bons coups témoignent du dynamisme des établissements et de leur volonté de toujours améliorer la santé des populations et d'être capable d'innover malgré les contextes budgétaires difficiles, a dit sa directrice générale Diane Lavallée. Depuis que cette opération a commencé il y a un an et demi, il y a plus de 150 Bons coups qui ont été répertoriés à travers le Québec. »

Mme Lavallée se défend bien toutefois d'avoir voulu le faire pendant qu'à Québec on discute en commission parlementaire du projet de loi 10 sur la réforme de la gouvernance du réseau de la santé et des services sociaux qui doit engendrer des économies de 220 millions $.

« Pour le moment, dit-elle avec confiance, il y a un moratoire sur l'achat de logiciels au gouvernement du Québec, mais fort probablement qu'après les Fêtes, après que le projet de loi 10 sera terminé ou adopté, il y aura une ouverture au niveau de l'informatique pour que des initiatives de ce type-là puissent servir d'autres établissements du Québec. »

Dr Tremblay dira pour sa part que si la réforme était en place, avec un seul Centre intégré de santé et de services sociaux en Estrie, le logiciel aurait déjà été étendu à l'ensemble des établissements estriens.

Par ailleurs, l'AQESSS a joint les rangs, la semaine dernière, d'une campagne de l'Association médicale du Québec visant à enrayer le surdiagnostic et le non-performance dans le réseau de la santé, pour des économies potentielles évaluées entre 2,5 et 5 milliards $ par année.

«Il y a d'autres façons de faire des économies que par des réformes de structures, conclut Mme Lavallée. Il y aurait intérêt à ce que le ministre regarde aussi dans cette voie-là.»

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