L'Association musulmane de l'UdeS prend ses distances avec les radicaux

Zakria Habibi... (Photo tirée de Facebook)

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Zakria Habibi

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Alain Goupil
La Tribune

(SHERBROOKE) L'Association musulmane de l'Université de Sherbrooke (AMUS) a pris ses distances jeudi face aux informations voulant qu'elle entretienne des liens avec trois Québécois musulmans soupçonnés de s'être radicalisés.

Des médias montréalais rapportaient jeudi que Youssef Sakhir, Zakria Habibi et Samir Halilovic font l'objet d'enquêtes de la part de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) ainsi que du Service canadien de renseignements de sécurité (SCRS). Les trois individus seraient introuvables pour le moment.

Or, s'il est vrai que Youssef Sakhir a déjà milité au sein de l'AMUS, celui-ci n'en fait plus partie, a indiqué à La Tribune jeudi  le président de l'AMUS, Taleb Sabbek.

« Je tiens à dire que depuis mars dernier, Youssef Sakhir ne fait plus partie du bureau de l'AMUS. Il a démissionné et il n'en fait plus partie », a répété M. Sabbek, sans vouloir préciser les motifs qui ont pu amener Youssef Sakhir à quitter ses fonctions. « Je ne peux pas parler publiquement de choses qui sont du domaine personnel », a-t-il ajouté.

Étudiant en psychologie, Youssef Sakhir était membre de l'AMUS en 2010, année où Chiheb Esseghaier faisait également partie de l'association. Esseghaier fait face à une accusation de complot dans le but de faire sauter un train de Via Rail.

«La seule chose qui a vraiment changé c'est la pression médiatique. Elle est plus présente qu'avant.»


Le président de l'AMUS dit ne pas connaître « personnellement » les deux autres individus que sont Samir Halilovic et Zakria Habibi, si ce n'est que par les liens que les trois individus entretiennent via Facebook.

D'ailleurs, à ce sujet, M. Sabbek a aussi tenu à prendre ses distances quant à l'utilisation que fait Youssef Sakhir de Facebook en continuant de s'associer directement ou indirectement à l'AMUS. « Je tiens à dire que les informations qu'il diffuse ne nous représentent pas. Ce ne sont pas des membres de l'AMUS qui écrivent sur cette page», a-t-il tenu à préciser.

Agissant sous le nom de Youss Fix, Youssef Sakhir a publié un message, le 20 avril dernier, indiquant que : « Celui qui veut s'en prendre à l'islam est comparable à celui qui souffle sur le soleil pour essayer de l'éteindre » [Ibn Kathir].

Interrogé à savoir si les récents événements survenus à Ottawa et Saint-Jean-sur-Richelieu avaient eu un impact sur les relations entre les étudiants musulmans et non musulmans sur le campus de l'Université de Sherbrooke, M. Sabbek affirme n'avoir remarqué aucun changement notable.

« La seule chose qui a vraiment changé, a-t-il dit, c'est la pression médiatique. Elle est plus présente qu'avant. »

Enfin, Taleb Sabbek a tenu à rappeler que l'association qu'il dirige n'a aucune visée politique ou idéologique.

« La mission de l'AMUS est de regrouper les étudiants musulmans pour leur faciliter l'accomplissement des rites islamiques et organiser des activités à caractère social, communautaire, scolaire ou sportif. C'est ça notre mission et rien d'autre », a-t-il insisté.

La position de l'UdeS

De son côté, l'Université de Sherbrooke a évoqué sa politique à l'égard des informations personnelles pour ne pas commenter la situation entourant les trois individus.

Pour ce qui est des liens qui régissent l'UdeS et les diverses associations étudiantes présentes sur le campus, sa porte-parole Isabelle Huard, affirme que les associations agissent de façon autonome.

« Les regroupements et associations ne sont pas financés par l'Université de Sherbrooke. Tout le soutien dont ils profitent est un accès à des locaux et des services-conseils. Il ne s'agit que de matériel et de ressources humaines. Il n'y a que la FEUS et le REMDUS qui sont des associations plus officielles et qui se financent à même une cotisation prélevée sur l'inscription des étudiants. Les associations sont libres de vendre des cartes de membre ou d'organiser des 5 à 7 pour se financer. », a-t-elle précisé.

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