Réforme de la santé: l'UdeS propose une catégorie universitaire distincte

Luce Samoisette... (Archives La Tribune, Frédéric Côté)

Agrandir

Luce Samoisette

Archives La Tribune, Frédéric Côté

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(SHERBROOKE) Alors que plusieurs voix s'élèvent contre le projet de loi 10 et la réforme du réseau de la santé qu'il prévoit, le mémoire de l'Université de Sherbrooke présenté lundi à la commission de la santé et des services sociaux va dans le même sens que le projet de loi du gouvernement libéral. L'UdeS propose la création d'un centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS), auquel seraient rattachés les CSSSS Haute-Yamaska et La Pommeraie, de même que les CSSS de Drummondville et d'Arthabaska-L'Érable.

L'UdeS estime que l'Estrie constitue «un milieu de premier choix pour amorcer l'implantation au Québec de ce nouveau modèle».

Dans le cadre de cette réforme, ce sont des CISSS (Centre intégré de santé et de services sociaux) qui administreront les établissements de santé. L'UdeS propose la création d'une catégorie distincte : les centres intégrés universitaires (CIUSSS).

Elle propose également d'y intégrer les CSSS de Haute-Yamaska (comprenant notamment les établissements de Granby) et de La Pommeraie, couvrant grosso modo le territoire de la MRC de Brome-Missisquoi. Ce dernier CSSS est déjà affilié à l'UdeS.

«Le projet de loi n'aborde pas la question de l'arrimage entre le secteur de la santé et de l'éducation», a souligné la rectrice de l'UdeS, Luce Samoisette, lors d'une consultation en commission parlementaire lundi. Or, les changements de gouvernance proposés auront des impacts à ce niveau.

Mme Samoisette a participé à l'exercice aux côtés du doyen de la faculté de médecine, Pierre Cossette, et d'Alain Webster, vice-recteur au développement durable et aux relations gouvernementales.

Cette précision s'imposait également puisque des centres suprarégionaux étaient identifiés à Montréal, mais ce n'était pas le cas pour Sherbrooke, note Dr Cossette.

Aux yeux de l'UdeS, l'intégration des CSSS de Haute-Yamaska et de La Pommeraie permettrait de faciliter la gestion du réseau en Montérégie, qui compte quelque 1,5 M de personnes. Le projet de loi prévoit que le ministre nommera les membres des conseils d'administration des CISSS de même que les présidents-directeurs généraux (PDG).

L'UdeS propose d'établir des «mécanismes formels de consultation lors de la nomination des PDG et PDGA de ces mêmes établissements afin d'établir le profil requis».

Interrogé sur la centralisation excessive du projet de loi qui a été décriée, M. Cossette indique que l'UdeS a choisi de ne pas se positionner sur cette question. Il note qu'il est important que l'influence du réseau universitaire soit conservée, puisque des décisions ont des impacts importants sur la recherche et l'enseignement.

Actuellement, l'UdeS compte deux sièges au conseil d'administration du Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CHUS).

L'UdeS propose également l'octroi de deux sièges pour les représentants universitaires au conseil d'administration des centres intégrés comprenant des établissements désignés, comme un CHU (centre hospitalier université) ou un institut. «Nous recommandons que le mode de désignation des représentants universitaires au CA de ses établissements soit modifié de façon à ce que les universités puissent elles-mêmes désigner leurs représentants sous réserve de l'approbation du ministre.»

«Je comprends que vous allez dans le sens du projet de loi 10, et même plus loin», a réagi le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, visiblement satisfait.

Le député de la CAQ Éric Caire, porte-parole de la deuxième opposition en matière de santé et de services sociaux, s'est pour sa part interrogé sur l'étendue du centre proposé par l'UdeS.

Loi modifiant l'organisation et la gouvernance du réseau de la santé et des services sociaux

Prévoit l'abolition des 18 agences régionales (agences de la santé et des services sociaux), intermédiaire entre le ministère de la Santé et les établissements

Prévoit la création des CISSS : centre intégré de santé et de services sociaux, qui proviendront de la fusion des établissements de chaque région

S'il est adopté, ce sont les CISSS qui administreront les établissements de santé

Il confère au ministre de la Santé plusieurs pouvoirs : le ministre nommera les membres des conseils d'administration des CISSS

Dans le cadre de la commission parlementaire, l'UdeS et sa faculté de médecine présentent un mémoire :

Elles souscrivent aux objectifs généraux du projet de loi pour favoriser et simplifier l'accès aux services à la population

Proposent la création d'une catégorie distincte de CISSS : les CIUSSS

Recommandent pour l'Estrie la reconnaissance d'un CIUSSS comprenant les établissements de la région, de même qu'un centre hospitalier universitaire, un centre de réadaptation affilié et l'Institut universitaire de gériatrie

Recommandent l'intégration des CSSS de Drummondville et d'Arthabaska-Érable au CIUSSS de l'Estrie

Recommandent l'intégration des CSSS La Pommeraie et Haute-Yamaska au CIUSSS de l'Estrie

Réclament la garantie du maintien du territoire de services surspécialisés du RUIS (Réseau universitaire intégré de santé) de l'UdeS

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer