La voie cyclable face au Carrefour est contestée

La piste cyclable que la Ville de Sherbrooke est en train d'aménager face au... (Imacom, René Marquis)

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Alain Goupil
La Tribune

(SHERBROOKE) La piste cyclable que la Ville de Sherbrooke est en train d'aménager face au Carrefour de l'Estrie ne fait pas l'affaire d'un groupe de citoyens qui y voit des risques importants quant à la sécurité de ses futurs usagers.

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La principale crainte de ces citoyens vient du fait que cette piste bidirectionnelle située entre l'autoroute 410 et le boulevard Lionel-Groulx croisera pas moins de neuf rues et entrées du centre commercial sur une distance d'un kilomètre.

Dans une lettre adressée au président du comité exécutif Serge Paquin, les signataires demandent à ce que la planification du réseau cyclable de la ville fasse l'objet d'une vaste consultation afin d'en assurer la pérennité pour les 75 prochaines années. Les cosignataires de cette lettre sont René Allard, Normand M. Bengle, Michael Bernardin, Silvie Bernier et Louise Masson.

Concernant les risques que représente la piste cyclable située devant le Carrefour de l'Estrie, ceux-ci s'appuient sur les recommandations faites par l'ingénieur français Benoît Hiron, docteur en économie des transports à Lyon. Lors de son récent passage au Québec, celui-ci avait mentionné qu'une des orientations du Code de la rue, en vigueur depuis 2006 en France, est d'instaurer des aménagements cyclables unidirectionnels hors rue là où la limite de vitesse est de 50 km/h et où le volume de circulation avec présence de poids lourds est important. Ce type d'aménagement vise à minimiser les conflits aux intersections.

Les citoyens disent appuyer leur démarche en se fondant notamment sur l'expertise développée par Vélo Québec et les normes de conception routières du ministère des Transports. Selon eux, ces recommandations «pointent toutes dans la même direction : la piste cyclable bidirectionnelle n'est pas la solution à privilégier dans la présente situation.»

Selon eux, plusieurs cyclistes n'utiliseront jamais la piste cyclable en question et continueront à circuler sur la route, comme la loi le permet, car la piste présentera des situations à risques, ces situations à risques reposent notamment sur l'emplacement du trottoir entre le boulevard de Portland et la piste cyclable. «Il est reconnu chez les concepteurs d'aménagements cyclables et piétonniers que les piétons préfèrent emprunter la piste cyclable plutôt que de circuler sur le trottoir en bordure de la voie de circulation. La norme à ce sujet est plutôt d'aménager la piste cyclable entre la voie de circulation et le trottoir», écrivent-ils.

Le fort volume de circulation automobile, de camions et d'autobus qui caractérise cette artère et qui empruntera les intersections présente un autre risque à ne pas négliger. À cela s'ajoutent la signalisation imposante qui sera rendue nécessaire étant donné la complexité de la situation aux intersections et que la sécurité des cyclistes et des piétons reposera essentiellement sur le respect de la signalisation et l'adoption de comportements de vigilance exceptionnelle exigée de la part des piétons, cyclistes et conducteurs de véhicules.

D'ici à ce que la Ville ait clairement défini une vision à long terme du réseau cyclable, les citoyens en question estiment que les travaux actuels doivent cesser, le temps de procéder à une analyse en profondeur de la situation.

«Il incombe aux élus de cette ville de pousser l'analyse et la réflexion afin de s'assurer que ce futur lien cyclable soit le plus sécuritaire possible. Nous croyons que d'autres trajets doivent être considérés pour cette piste cyclable appelée à devenir un lien principal dans le réseau sherbrookois suite au prolongement du boulevard de Portland et avec la réalisation du futur boulevard René-Lévesque.

«Sherbrooke doit faire les choses correctement cette fois-ci», ajoutent les citoyens, car «il y a trop de voies cyclables problématiques dans notre ville.»

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