Des curieux en quantité industrielle

«Est-ce que quelqu'un ici nous connaissait avant la visite d'aujourd'hui?»... (Imacom, Maxime Picard)

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Imacom, Maxime Picard

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(Sherbrooke) «Est-ce que quelqu'un ici nous connaissait avant la visite d'aujourd'hui?» demande la guide qui accueille chez Composites BHS un groupe d'une dizaine de curieux. Aucune main ne se lève, mais la jeune femme sourit quand même; c'est la réponse habituelle.

Peu de gens savent ce qui se passe derrière les façades des entreprises manufacturières que l'on aperçoit rapidement quand on passe dans les différents parcs industriels sherbrookois. Vendredi et samedi, ce sont 2270 personnes qui ont percé le mystère en franchissant les portes de onze entreprises du méconnu secteur manufacturier, dans le cadre des premières «portes ouvertes sur l'industrie» organisées par Sherbrooke Innopole.

Lena Swennen, présidente de Composites BHS, se réjouissait d'accueillir des visiteurs dans son usine, située sur le boulevard Industriel. «On a tout intérêt à être connus dans la région. On cherche des employés qualifiés, donc si le genre de travail que l'on fait peut être mieux connu et compris, les gens vont voir qu'on fait quelque chose d'intéressant», explique-t-elle. «Hier [vendredi], on a rencontré des étudiants et c'était intéressant de leur montrer ce qui se passe en arrière des grosses boîtes qu'ils voient quand ils passent dans le parc industriel. La perception de certains est qu'une entreprise, une corporation, ça doit être grand. C'est vrai qu'on n'est pas si petits, mais on n'est pas Bell non plus!» dit-elle en souriant.

L'entreprise compte une cinquantaine d'employés et fabrique des pièces en matériaux composites destinées aux secteurs de l'aéronautique, des simulateurs de vol, des transports et de la défense, notamment. Un type de travail dont le commun des mortels ignore même les grandes lignes. Le vice-président à la recherche et au développement, Jacques Hainse, a changé la donne lors de la visite; ce n'est pas tous les jours qu'on peut voir quelqu'un nous expliquer les yeux brillants pourquoi tel type de fil de composite est meilleur que tel autre, ou pourquoi il est important qu'un simulateur de vol soit exact en touts points à un vrai cockpit d'avion.

Claude Biron et André Quirion sont venus de Coaticook expressément pour les visites, par curiosité. «Je ne sais pas quel pourcentage de la population ne connaît pas bien les entreprises manufacturières et aurait intérêt à venir ici, mais je dirais que c'est 95 %», estime M. Quirion, qui appréciait beaucoup les visites qu'il avait faites.

Éliminer les préjugés de shops

L'évolution technologique qu'a pour sa part constatée M. Biron l'a particulièrement marqué. «Je suis d'un certain âge, et ce n'est tellement pas pareil comme quand je travaillais! Il y a beaucoup de robots et de machines automatisées», soulève-t-il.

Changer les perceptions et éliminer certains préjugés était justement l'un des objectifs de Sherbrooke Innopole; les entreprises manufacturières d'aujourd'hui ne sont plus les shops d'hier. «Les conditions de travail ont extrêmement évolué. Un tiers des entreprises manufacturières que l'on dessert ont affirmé avoir de la difficulté avec leur recrutement, et parallèlement, les programmes de formation sont vides. Il y a une adéquation qui ne se fait pas», dit Marie-Ève Poliquin, de Sherbrooke Innopole, qui coordonnait la journée. D'où l'idée d'avoir accueilli vendredi des étudiants de troisième et quatrième secondaire ainsi que du cégep.

Le but était également de faire connaître ces entreprises méconnues, dont les Sherbrookois «doivent être fiers». «Ce sont des entreprises dynamiques. Sur les onze que l'on pouvait visiter, neuf vendent à l'étranger. Comme elles vendent leurs produits directement à d'autres entreprises et non à des consommateurs, les gens ne rentrent jamais là, et d'ailleurs les lieux sont généralement inaccessibles», souligne Mme Poliquin.

L'activité pourrait connaître une autre édition. «On ne s'était pas fixé d'objectif précis dans la mesure où on savait pas à quoi s'attendre, mais le nombre de visiteurs correspond à nos espérances les plus folles. On est super contents que la population ait répondu à l'appel... les commentaires sont tellement positifs!»

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