15 projets de CPE sur 17 sont retardés

Au moins 15 projets de nouvelles places sur 17 sont retardés dans la région,... (Imacom, Jessica Garneau)

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(SHERBROOKE) Au moins 15 projets de nouvelles places sur 17 sont retardés dans la région, certains jusqu'en 2021.

La décision du gouvernement libéral de reporter le développement de places à 7 $ pourrait comprettre l'un des projets du CPE Fleurimont, qui comprend l'offre d'un service médicalisé destiné aux enfants ayant des problèmes de santé importants.

Des parents qui s'occupent de leurs enfants jour et nuit et à qui on aurait pu offrir du répit en seront ainsi privés, se désole Dre Sylvie Lafrenaye, pédiatre-intensiviste au CHUS, tout en s'inquiétant des conséquences pour les familles touchées.

Le CPE Fleurimont comptait plusieurs partenaires pour donner vie à cette nouvelle offre de services, annoncée l'hiver dernier et attendue dans l'horizon de 2016.

« On n'est pas sûr que les partenaires vont nous attendre jusqu'en 2019 », commente le directeur du CPE Fleurimont, David Bélanger.

«Ce qu'on coupe maintenant (...), c'est demain qu'on va payer. »

Deux projets soumis par ce CPE avaient été acceptés : l'agrandissement de Mimi Coco avec 10 nouvelles places (reporté en 2017-2018, mais pour lequel le CPE garde bon espoir) et la création d'une nouvelle installation de quelque 80 places, dont environ huit pour des enfants ayant des graves problèmes de santé, reportée en 2018-2019.

« Ce qu'on coupe maintenant, ce n'est que reporter à demain la facture. Ces enfants-là qu'on n'aide pas aujourd'hui, c'est demain qu'on va payer », lance Dre Lafrenaye, également chercheuse au Centre de recherche du CHUS.

« Je vous parle d'enfants avec des maladies pulmonaires, cardiaques, qui pour respirer ont besoin d'un tube de trachéostomie (...) J'ai des enfants qui sont ventilés à domicile, qui sont branchés à un respirateur, un saturomètre, un tube à gavage. Avant qu'ils puissent sortir de l'hôpital, cela prend des semaines de formation. Ils arrivent à la maison et il se produit un choc incroyable : il y a avait des inhalothérapeutes, des travailleurs sociaux, des infirmières, des médecins. Du jour au lendemain, les parents deviennent jour et nuit l'infirmière de leur enfant, l'inhalothérapeute, le parent, le médecin de leur enfant, dans un système de santé qui est tout sauf centré sur le patient. Cela fait des parents qui ont 16 notes sur le réfrigérateur, à ne pas savoir où aller et qui appeler. Des parents qui ne dorment plus (...) qui ne peuvent pas travailler : pas par choix, parce que leurs enfants est en danger de vie s'ils s'en vont. »

Mme Lafrenaye a créé avec Yves Lambert, du CPE Fleurimont, une garderie médicalisée il y a quelques années.

« Les enfants qui ont profité de cette garderie-là vont maintenant en classe, ils réussissent normalement, les soins sont allés en diminuant. Les parents ont réussi à s'en sortir parce qu'on a offert de l'aide (...) Dans le projet accepté, on avait bien hâte, on se retrouvait avec une grande garderie, on assurait nos arrières... Et bien non. Je peux vous dire que ma liste d'attente est très grande. »

À l'instar du CPE Fleurimont, les responsables des CPE de la région se retrouvent ainsi à jongler avec un casse-tête : certains, par exemple, risquent de perdre les terrains qu'ils convoitaient pour la construction d'une nouvelle installation.

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