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Zakria Habibi enrôlé chez les djihadistes?

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(Sherbrooke) « Que peuvent faire mes ennemis contre moi? Mon paradis et son Jardin se trouvent dans mon coeur ! Mon emprisonnement est une retraite, ma mort ferait de moi un martyr, et l'exil de mon pays serait une promenade! »

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Zakria Habibi

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Cette citation d'Ibn Taymiyyah, musulman sunnite radical du 13e siècle, a été publiée sur le site Facebook du Sherbrookois Zakria Habibi quelques semaines avant sa disparition, le 17 juillet dernier, alors qu'il effectuait un voyage en Turquie. Le même pays où tentait de se rendre en juillet Martin Rouleau-Couture, l'homme impliqué dans le drame de Saint-Jean-sur-Richelieu lundi, avant que la Gendarmerie royale du Canada (GRC) l'intercepte. La Turquie, régulièrement accusée de complaisance envers les djihadistes qui transitent sur son territoire pour se rendre en Syrie, est une destination connue pour les combattants djihadistes étrangers.

La GRC dit être au courant du dossier de Zakria Habibi. «Chaque fois qu'on a un signalement, de la part de la police locale ou d'un proche, concernant des cas de gens potentiellement radicaux, une enquête est ouverte», explique le sergent Luc Thibault ajoutant que la police locale est responsable du volet disparition alors que la GRC s'occupe du volet international et terroriste potentiel.

Bien que la GRC ne veuille pas confirmer dans quel pays se trouve aujourd'hui Zakria Habibi, elle affirme être en mesure de savoir, avec ses partenaires mondiaux, où il se trouve. «Aussi, s'il revient au pays, on sera au courant», assure le sergent Thibault qui ne peut confirmer pour le moment si le Sherbrookois de 26 ans est sur la liste des 130 Canadiens identifiés récemment comme étant des membres de groupes islamistes radicaux, selon le Service canadien du renseignement de sécurité. «Avec ce qui s'est passé à Ottawa aujourd'hui (hier) peut-être que les consignes changeront et que ces noms seront divulgués. On attendra les consignes», résume le sergent Thibault.

«On allait au secondaire ensemble. Il était bien gentil, assez discret et charismatique.»


Plusieurs des plus récentes publications sur Facebook de Zakria Habibi, qui se prénomme Zikria sur les réseaux sociaux, parlent de la puissance d'Allah, de la Palestine, du salut du Prophète, de la corruption par l'argent et on retrouve aussi des récitations coraniques diffusées, notamment, sur les ondes de Radio-Coran Non-Stop. Dans son dernier message avant sa disparition, il cite des passages sanglants du Talmud, un des textes fondamentaux du judaïsme rabbinique.

Des messages qui inquiètent d'anciens amis de Zakria Habibi.

«On allait au secondaire ensemble. Il était bien gentil, assez discret et charismatique. Il ne cachait pas ses croyances musulmanes, mais n'était pas plus pratiquant que je suis pratiquant catholique», raconte l'ancien élève de Du Phare qui souhaite conserver l'anonymat.

Depuis, Zakria Habibi a perdu contact avec la majorité de ses amis du secondaire, mais ils étaient tout de même amis sur les réseaux sociaux.

«C'est certain que ses dernières déclarations sur Facebook sont inquiétantes, on en a parlé récemment entre amis du secondaire. J'espère que non et ce n'est peut-être pas le cas, mais son nouveau look barbu, son nouvel entourage composé majoritairement de musulmans, son choix de destination voyage suggèrent qu'il s'est peut-être fait enrôler par des islamistes radicaux», commente le Sherbrookois.

Le père de Zakria, Ismatullah Habibi s'est rendu lui-même en Turquie pour tenter de retrouver son fils. Sans succès.

Interrogé récemment à savoir si Zakria Habibi aurait pu traverser la frontière de la Syrie pour se joindre à un groupe radical, Ismatullah Habibi avance qu'il ne « peut pas répondre à cette question » et qu'il a « toujours été contre ces gens-là ».

Une page Facebook Find Zack, lancée par la famille et traduite en au moins sept langues pour tenter d'obtenir de l'information, a entre-temps été retirée. « J'ai fait fermer la page parce que des utilisateurs, majoritairement des Québécois, écrivaient des commentaires racistes. Ce n'était pas agréable et ça ne faisait pas honneur à mon frère », expliquait récemment à ce sujet Navin Habibi, soeur de Zakria.

Un message publié sur Facebook le 10 septembre dernier a momentanément ravivé l'espoir, laissant croire que le jeune homme souhaitait reprendre contact. «Alhamdulillah im okay», pouvait-on lire (Gloire à Allah, je suis okay). À la suite de cette publication, ses proches l'implorent d'entrer en contact avec eux. «Je voulais tellement le prendre dans mes bras. Juste une fois, stp, je veux te voir ou t'entendre», implore une proche.

Selon la famille, il s'agissait toutefois d'une fausse alerte. Toujours selon la famille, le compte de Zakria Habibi aurait été piraté.

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