Peut-être pas le dernier attentat, dit un spécialiste de l'UdeS

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(SHERBROOKE) Sans vouloir sauter aux conclusions trop rapidement, il est possible de penser que l'attentat survenu lundi à Saint-Jean-sur-Richelieu n'est peut-être pas le dernier.

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Remi Landry

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C'est l'avertissement que sert le professeur Remi Landry, lieutenant-colonel retraité des Forces militaires canadiennes attaché à l'École de politique appliquée de l'Université de Sherbrooke.

«Il faut attendre le résultat de l'enquête qui est menée depuis les événements de lundi», dit ce spécialiste des questions militaires. «Mais l'individu impliqué pourrait être ce qu'on appelle un loup solitaire. On sait que son passeport lui avait été enlevé, car on soupçonnait qu'il puisse rejoindre le groupe armé islamiste. Mais on a aussi probablement affaire à un individu grandement perturbé.»

Rappelons que le suspect dans cette affaire troublante a été identifié comme étant Martin Rouleau, un Québécois qui s'est récemment converti à l'islam. L'homme s'était radicalisé au point d'avoir été placé sous la surveillance policière des autorités fédérales.

Lundi, au volant d'un véhicule, l'individu de 25 ans a heurté les deux militaires avant d'être abattu quelques minutes plus tard par la police municipale de Saint-Jean qui l'avait pris en chasse.

Le fuyard a perdu la maîtrise de son véhicule après avoir circulé sur le boulevard du Séminaire. L'individu serait ensuite sorti de son véhicule armé d'une arme blanche et les policiers auraient tiré en sa direction, pour l'atteindre mortellement.

Mardi matin, la Sûreté du Québec, qui est chargée de l'enquête, a annoncé qu'un des deux militaires est décédé.

Mardi matin, les ministres Steven Blaney et Lise Thériault, respectivement responsables du dossier de la Sécurité publique au fédéral et au provincial, ont soutenu que la menace terroriste est «bien réelle» au Canada.

À cela, M. Landry répond que le Canada est en guerre depuis de nombreuses années et qu'il n'est pas resté sur les lignes de côté. «Il ne faut pas être naïf, depuis le 11 septembre 2001, le Canada a pris position contre le terrorisme», souligne-t-il.

«Nous sommes en guerre. Il y a eu Al-Qaïda, les Talibans et maintenant c'est contre l'État islamiste. Nous faisons donc partie des gens qui sont leurs ennemis. Et ce sont des groupes qui utilisent les médias électroniques pour communiquer. Des gens vont se laisser influencer. D'autres événements comme celui-là sont donc possibles.»

Après avoir réussi à éteindre la montée de violence des mouvements extrémistes, on devra s'occuper des populations défavorisées à l'international, terreau fertile pour l'émergence de groupes comme l'État islamiste.

«Dans une première étape, il faut malheureusement utiliser la violence pour stabiliser la violence. Ensuite, il faudra s'investir auprès des populations qui n'ont pas de futur pour leur en apporter un», prévoit ce membre du Conseil des gouverneurs du Collège militaire royal de Saint-Jean.

«Il faut leur donner un lendemain pour empêcher que ça ne se reproduise. Souvent, nous les Occidentaux, nous avons été trop gourmands. Ça a souvent nui à d'autres populations sur la planète.»

- Avec La Presse Canadienne

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