Itinérance à Sherbrooke: des cas de plus en plus complexes

À Sherbrooke, environ 800 personnes ont dormi dans... (IMACOM, René Marquis)

Agrandir

À Sherbrooke, environ 800 personnes ont dormi dans un lieu d'hébergement l'an dernier.

IMACOM, René Marquis

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Sherbrooke) Comme ailleurs au Québec, on se rassemblait vendredi à Sherbrooke pour participer à la 13e édition de la Nuit des sans-abris. Dans le cadre de cette soirée organisée par la Table itinérance de Sherbrooke, La Tribune brosse un portrait de ces gens qui vivent en situation d'itinérance ou qui sont à risque de l'être.

Émilie Audet et Charles Coulombe... (IMACOM, Jessica Garneau) - image 1.0

Agrandir

Émilie Audet et Charles Coulombe

IMACOM, Jessica Garneau

S'il semble exister une certaine stabilité dans le nombre de oersonnes itinérantes à Sherbrooke, les cas de celles qui se retrouvent à la rue semblent se complexifier.

«À peu près 800 personnes différentes ont dormi dans un lieu d'hébergement à Sherbrooke l'année dernière. À cela, on peut ajouter les femmes victimes de violence qui sont à grand risque d'itinérance. Il n'y a pas eu d'augmentation de façon marquée du nombre de personnes hébergées, mais il y a une augmentation de la complexité des problèmes vécus. La proportion de personnes qui vivent avec un trouble de santé mentale ou qui ont une dépendance est très élevée», constate l'organisateur communautaire au CSSS-IUSG, Charles Coulombe.

> Le milieu se concerte pour lutter contre l'itinérance

> Pour une histoire d'un soir à l'Accueil Poirier

Chef de programme en santé mentale à la Direction des services aux adultes au CSSS-IUGS, Émilie Audet remarque que les milieux de vie se stabilisent pour l'hébergement de la clientèle itinérante, mais c'est l'inverse pour la clientèle itinérante avec un problème de santé mentale.

«La clientèle vieillit de façon prématurée. Les problèmes de santé mentale diagnostiqués ou pas, traités ou pas, amènent des enjeux. Judiciarisation, toxicomanie de plus en plus sévère avec les drogues chimiques, la clientèle qui sort des centres jeunesses sans réseau immédiat, l'accès aux médecins, toutes ces problématiques ne sont pas faciles. Ce n'est pas simple d'adapter les services pour une clientèle jeune et une autre vieillissante», mentionne Émilie Audet.

Étienne Bélanger-Caron de la Coalition sherbrookoise pour le travail de rue soutient, comme les autres intervenants, qu'il est difficile de faire un relevé statistique des personnes itinérantes ou à risque d'itinérance.

«Nous utilisons les statistiques de fréquentation des ressources. À Sherbrooke, il y a des gens qui dorment sous les ponts ou sur les bancs de parc. Cependant, n'est pas la plus grande proportion. Les gens transitent entre l'Accueil Poirier et le Partage Saint-François. Ils vont à La Chaudronnée et rencontrent les intervenants de la Coalition ou du CSSS. Ces personnes peuvent être rencontrées par les intervenants de divers organismes et services», mentionne Étienne Bélanger-Caron.

Les problèmes de santé mentale et de consommation de stupéfiants ne peuvent expliquer à eux seuls le phénomène de l'itinérance. C'est cependant avec cette clientèle qui présente des problèmes de santé mentale que le Service de police de Sherbrooke doit davantage intervenir.

«Les policiers rencontrent ces personnes quand ça va mal, lorsqu'ils sont en situation de crise. Souvent, ce sont des gens désorganisés qui se rendent à faire des gestes de violence. La population n'a pas à craindre les personnes itinérantes. Ceux qui sont désorganisés ne sont pas laissés dans la rue. Ils sont pris en charge», assure l'agente Nathalie Lapierre de la division de sécurité des milieux du SPS.

Des coups durs répétés, des personnes qui alternent entre le logement et la rue ou ceux qui vivent en itinérance depuis nombre d'années sont les trois types d'itinérance.

«C'est l'aboutissement du processus du décrochage de la société qui mène à l'itinérance. Ces gens se retrouvent en rupture sociale. Il est souvent très difficile de responsabiliser l'individu par rapport à sa situation. À la Coalition, nous travaillons à établir un lien de confiance avec eux. Nous travaillons sur le lien égalitaire en jouant un rôle de médiation entre la rue et les services sont offerts. Il faut rebâtir une confiance avec eux dans une approche volontaire de leur part», mentionne Étienne Bélanger-Caron qui ajoute que la désinstitutionnalisation a aussi généré une tranche de la population plus à risque d'itinérance.

«En itinérance, le véritable défi commence quand la personne dit non. La motivation et le consentement ne sont pas évidents. Il faut essayer de créer des occasions d'affiliation. Nous ne pouvons seulement avoir des objectifs de traitement. Si nous avons l'objectif d'améliorer les conditions de vie des personnes à la rue, déjà là nous agissons de façon efficace», ajoute Charles Coulombe.

L'équipe en itinérance du CSSS-IUSG voit plus de 380 personnes par année.

«L'équipe itinérance du CSSS-IUGS a comme au mandat d'aller au-devant, dans les milieux où habitent ces gens et d'essayer de les accrocher, de les amener à aller chercher les services dont ils ont besoin. Il y a un arrimage très serré avec les organismes communautaires qui accueillent cette clientèle dans les différents services. Je pense que l'on a atteint le maximum de services que l'on peut donner à trois personnes. Si nous avions davantage de personnel, c'est certain qu'il y a un besoin pour deux ou quatre fois plus d'intervenants», assure Émlie Audet.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer