La pédagogie inversée fait sa place à l'UdeS

Professeur au département d'informatique de la faculté des... (IMACOM, Jessica Garneau)

Agrandir

Professeur au département d'informatique de la faculté des sciences de l'Université de Sherbrooke, Hugo Larochelle travaille maintenant avec la pédagogie inversée.

IMACOM, Jessica Garneau

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(SHERBROOKE) Tranquillement, la pédagogie inversée fait sa place dans les classes de l'Université de Sherbrooke. Professeur à la faculté des sciences, Hugo Larochelle est un adepte cette pratique. Et il ne retournerait pas en arrière, assure-t-il. Qu'est-ce que la classe inversée? La formule peut varier, mais des capsules vidéo permettent entre autres d'exposer la matière en dehors des heures de classe. Les étudiants peuvent alors plancher sur des exercices pratiques, faire leurs devoirs et, du même coup, poser leurs questions durant le temps en classe.

Cette façon de faire demande une adaptation pour les professeurs et les étudiants. La première fois, Hugo Larochelle a passé beaucoup de temps à se filmer. Depuis, il a modifié le temps accordé à l'interaction et aux travaux pratiques, entre autres.

«C'est clair que je ne reviens pas en arrière. Je fais de la classe inversée; tous les cours, je vais essayer de les convertir. Je ne dis pas que c'est LA façon d'enseigner, mais pour un prof, c'est très important de connecter avec sa façon d'enseigner», indique le professeur qui n'était pas un fan des cours magistraux pendant ses études.

Il souligne que cela permet aux étudiants d'apprendre à leur rythme et de revenir en arrière au besoin. «La pédagogie inverse permet aussi aux étudiants plus rapides de ne pas avoir à se présenter aux périodes des travaux pratiques déjà terminés, tout en ne les empêchant pas de le faire s'ils sont bloqués sur un problème», soutient Alex Gagnon, un étudiant cité dans un article de l'UdeS.

En 2013, M. Larochelle a sondé ses étudiants. La moitié du groupe considérait avoir plus ou mieux appris avec la classe inversée, et l'autre moitié estimait avoir tout aussi bien et autant appris qu'avec la formule classique. Quelques étudiants ont répondu qu'ils auraient mieux ou davantage appris avec la méthode traditionnelle.

Certains constats ont amené le professeur vers une formule hybride (classe magistrale et inversée), dont le manque de discipline de certains étudiants à visionner toutes les capsules en ligne.

Pour Isabelle Nizet, professeure à la faculté d'éducation, les résultats ont également été positifs. «On ne peut pas prouver que les étudiants ont de meilleurs résultats», précise-t-elle.

Parmi les effets bénéfiques, elle dit avoir trouvé «spectaculaires» le niveau des échanges entre les étudiants, parce que ceux-ci avaient déjà vu les capsules à la maison. «On va beaucoup plus loin dans la compréhension. Ça permet d'aller plus loin au niveau cognitif, ce sont des apprentissages plus durables; c'est l'hypothèse que je pose.»

«On sort de sa zone de confort, car on perd le contrôle : est-ce que les étudiants vont regarder et écouter les capsules?» énumère-t-elle dans les éléments qui lui ont demandé une adaptation.

Dans un article diffusé sur le site web de l'UdeS, le professeur Florian Meyer, avec qui Mme Nizet collabore, précise que la classe inversée «ne convient pas naturellement à tous les types d'étudiants».

«Chaque enseignant devrait concevoir un modèle de classe inversée qui lui convienne à lui mais aussi aux étudiants, aux contenus et aux contextes du cours.» Des projets du genre sont aussi menés au Cégep de Sherbrooke.

Et que disent les études? «Tout le monde fait des recherches dans des domaines très précis : en sciences, en mathématiques (...) Elles commencent à sortir, mais les résultats ne sont pas faciles à cerner», indique Mme Nizet. Celle-ci et d'autres chercheurs planchent actuellement sur un livre. «C'est un sujet qui est en train d'exploser en recherche.»

Professeur à l'Université de Montréal, Thierry Karsenti a mené une enquête principalement auprès des élèves du secondaire. M. Karsenti voit des bons et des mauvais côtés. «Ce n'est pas la panacée, ce n'est pas une recette miracle», commente-t-il tout en observant qu'il y avait «énormément de bienfaits potentiels».

Parmi les écueils rencontrés, il cite le fait que les jeunes ne regardaient pas les vidéo. Les jeunes ne font pas toujours leurs devoirs, et ça peut être le même scénario pour les vidéo en ligne. Les enseignants doivent donc s'assurer que le matériel soit regardé en utilisant certaines contraintes.

Le succès repose aussi sur la façon dont le projet sera mené. «La pédagogie inversée, ça fonctionne, mais c'est tout un art à mettre en place.»

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer