Quand la technologie s'invite dans la classe

Conseiller pédagogique en TIC au Cégep de Sherbrooke,... (IMACOM, Maxime Picard)

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Conseiller pédagogique en TIC au Cégep de Sherbrooke, David Laplante et François Cabana, professeur et instigateur du projet à titre de conseiller pédagogique, planchent sur l'intégration des technologies en classe. On les voit ici dans la salle d'expérimentation de l'institution, qui compte notamment des tableaux numériques interactifs (TNI), des tablettes et des murs effaçables.

IMACOM, Maxime Picard

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(SHERBROOKE) La technologie est omniprésente. Les établissements d'enseignement n'échappent pas à cette tendance : la technologie s'invite dans les classes. Comment change-t-elle la façon d'enseigner? Comment influence-t-elle la pédagogie? La Tribune s'attarde aux possibilités qu'offre le numérique en présentant des projets menés au Cégep de Sherbrooke et à l'Université de Sherbrooke.

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Mettre la technologie au service de la pédagogie : c'est la mission qu'on s'est donnée dans l'une des classes du Cégep de Sherbrooke, où plusieurs technologies sont réunies afin d'être expérimentées par les enseignants.

Plusieurs outils sont utilisés dans le cadre d'une classe d'apprentissage actif (CLAAC).

On pense notamment aux tableaux numériques interactifs (TNI), aux tablettes, à la plateforme pédagogique Moodle. Celle-ci permet entre autres de lancer des forums, de mettre en ligne des devoirs et des examens.

Le projet a été lancé il y a deux ans et implanté l'an passé. Il se poursuit cette année. «Il y a un déploiement qui est graduel, au fil des disponibilités budgétaires et des demandes départementales. Cinq nouvelles classes ont été déployées», explique David Laplante, conseiller pédagogique en technologie de l'information et des communications (TIC) au Cégep de Sherbrooke. La formule utilisée peut varier. De nouveaux locaux pourraient être adaptés. Chose certaine, la popularité de la salle d'expérimentation ne se dément pas, comme en témoignent les rares plages horaires disponibles.

«Au départ, on voulait voir comment on pourrait utiliser des technologies pour rendre l'apprentissage plus efficace chez les étudiants... Il y a une enquête du CEFRIO qui disait : les technologies sont partout, sauf dans les salles de classe. Quand on regardait l'utilisation des technologies, c'était vrai, ce sont les professeurs qui géraient la technologie, projetaient de l'information aux étudiants; ils recevaient les contenus, mais n'étaient pas très habiles au point de vue technologique. Souvent, on entendait des commentaires des enseignants : «ils ne sont pas à l'aise pour faire de la recherche d'informations, ils ont de la difficulté à analyser. Ils sont bons sur Facebook, mais ils n'ont pas les compétences transversales pour analyser l'information». On s'est dit qu'on allait mettre en place une classe pour utiliser les technologies afin de développer ces compétences», raconte François Cabana, enseignant en réadaptation physique et instigateur du projet à titre de conseiller pédagogique.

«Pour mieux outiller les jeunes face à l'avenir, il faudra généraliser l'usage des TIC dans les salles de classe, mais aussi apporter des ajustements majeurs à la formation des éducateurs, à l'organisation de leur travail et au mode de fonctionnement dans le monde de l'enseignement», pouvait-on lire dans une publication du CEFRIO datant de 2011.

Avec ce projet, la technologie vient supporter la pédagogie, indique David Laplante. «Le but était d'abord et avant tout de répondre aux besoins pédagogiques, de diversifier l'approche pédagogique (...) La technologie n'est pas une fin, mais un moyen.»

«On a également invité les étudiants à amener leurs propres technologies», ajoute-t-il en citant les cellulaires.

Dans la salle d'expérimentation, les murs effaçables peuvent accueillir les écrits des étudiants, question de maximiser la surface de travail et la disposition des tables favorisent le travail d'équipe.

Les tablettes offrent à elles seules une tonne de possibilités, comme filmer ou organiser des votes interactifs.

Une évaluation de la CLAAC fait ressortir des taux de réussite légèrement supérieurs, un taux d'appréciation plus élevé, une grande proportion d'étudiants qui se disaient plus motivés.

Une telle formule peut «accélérer les abandons», en ce sens où cette formule «force» l'implication des jeunes; celui qui souhaite abandonner prendra moins de temps à le faire. «Tous les autres, ça emmène un taux de rétention grandement supérieur.»

Une telle formule aiderait également à retenir l'information, les étudiants se l'appropriant davantage plutôt que l'absorber.

Et les désavantages? «Ce n'est pas tout le monde qui est au même niveau», énumère M. Cabana. De la formation est parfois nécessaire pour les enseignants; cela peut également changer leur approche pédagogique. «Il faut vraiment forcer la note pour impliquer l'étudiant dans la démarche pédagogique... Contrairement à ce qu'on peut croire, l'étudiant n'est pas toujours prêt à 100 % à baigner dans la technologie. Il y a toujours un petit bassin, qui avoisine les 10 % d'un groupe (dans les sondages) qui se dit : pourquoi la technologie, pourquoi pas rester avec la méthode traditionnelle, ne pas rester assis et absorber? Certains sont très ancrés avec cette méthode-là», renchérit M. Laplante.

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