À quand un budget municipal participatif?

Pierre Boisvert... (Imacom, Julien Chamberland)

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Pierre Boisvert

Imacom, Julien Chamberland

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(SHERBROOKE) L'ex-conseiller municipal Pierre Boisvert et le directeur général de la municipalité de Saint-Basile-le-Grand, Jean-Marie Beaupré, ont opposé les avantages et les difficultés d'impliquer les citoyens dans l'élaboration d'un budget municipal, jeudi, à l'occasion d'une conférence organisée par un collectif de réflexion citoyen. Quelque 25 personnes s'étaient déplacées au centre communautaire de l'arrondissement Jacques-Cartier pour prendre la mesure des défis d'un tel projet.

M. Boisvert a d'abord expliqué comment fonctionne le processus budgétaire à Sherbrooke avant de céder la parole à M. Beaupré, qui est plongé en plein processus de budget participatif dans sa municipalité. Chez lui, les 17 000 citoyens ont été appelés à présenter des projets relevant nécessairement du budget d'immobilisation et ayant un coût de réalisation entre 10 000 et 200 000 $. Jusqu'au 19 octobre, 16 de ces projets sont soumis au vote des citoyens âgés de 16 ans ou plus. Le conseil devrait ensuite réaliser les projets ayant reçu la faveur populaire jusqu'à dépenser au maximum 200 000 $.

Pierre Boisvert a mentionné que selon lui, la meilleure formule à Sherbrooke serait de soumettre des projets existants au vote.

« Ici, il y a tellement de projets. On pourrait permettre aux citoyens de statuer pour éviter les agendas cachés de certains conseillers qui souhaitent voir tous les projets être réalisés chez eux. Pour faire une consultation intéressante, au début, elle devra être limitée, pointue, jusqu'à ce qu'on soit confortable avec le processus. »

M. Beaupré a quant à lui confirmé que les projets soumis dans sa municipalité étaient parfois surprenants et n'avaient jamais fait partie des discussions au conseil. « Les plus grands obstacles à la participation des citoyens, c'est l'administration de la Ville, pas les élus. Si l'administration n'y croit pas, ça ne passera pas. Si les élus votent pour un projet, aucun directeur général ne dira qu'il est en désaccord. Mais nous avons la possibilité de démontrer que le projet est impossible... »

Jean-Marie Beaupré a par ailleurs souligné que la présence d'un ombudsman à Sherbrooke était un pas dans la bonne direction.

« La plupart des élus ont comme principal désir d'être réélus. Écouter la population met-il ce désir en péril? Non. Alors pourquoi ils ne le feraient pas? » a ajouté Pierre Boisvert.

Dans sa présentation, M. Boisvert avait indiqué que « tous les élus pensent savoir ce que veut la population. C'est à vous de revenir constamment pour leur dire ce que vous voulez ». Il a aussi mentionné que les sujets de débat les plus animés lors de l'élaboration du budget sont souvent les petites dépenses de 50 000 $ et moins.

« Je pense que la majorité des élus sont ouverts à une consultation améliorée. Je suis heureux de voir que ça commence ce soir », a-t-il ajouté.

Jean-Marie Beaupré a pour sa part prévenu que la participation citoyenne imposait une certaine lourdeur et que le risque de voir des groupes organisés prendre le contrôle était bien réel. « Il faut amener un niveau de langage que tout le monde comprend et s'engager à respecter les résultats. Il faut informer la population, se laisser du temps et trouver une façon d'impliquer les jeunes. Je suggère aussi une présence minimale des politiciens dans l'exercice. »

Une deuxième conférence organisée par le collectif est déjà en chantier et devrait être présentée cet automne. La date n'a pas encore été fixée. Elle visera à mieux comprendre les pouvoirs municipaux.

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