Le port de l'uniforme en dehors des heures de travail est à éviter

Les infirmières et les employés du réseau de la santé devraient-ils s'abstenir... (Imacom, Jessica Garneau)

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Imacom, Jessica Garneau

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Alain Goupil
La Tribune

(SHERBROOKE) Les infirmières et les employés du réseau de la santé devraient-ils s'abstenir de porter leur uniforme ailleurs qu'en milieu de travail ainsi qu'en dehors de leur quart de travail (ex. : en arrêtant à l'épicerie ou à la garderie)? Cette pratique représente-t-elle des risques pour la santé publique?

Confronté à cette question, notamment lors des épisodes du Syndrome respiratoire aigu (SRAS) et du C. difficile, l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec a pris position sur cette problématique. Dans un document intitulé La tenue vestimentaire des infirmières : prise de position, l'Ordre reconnaît que « le vêtement porté par l'infirmière (...) a son importance dans l'amélioration des pratiques d'hygiène et dans les stratégies de lutte contre les infections. »

On y ajoute que « le port de l'uniforme doit être limité aux heures de travail pour des raisons d'hygiène, mais aussi d'image professionnelle » et qu'« il est conseillé d'être particulièrement vigilante dans les secteurs de soins critiques où l'introduction d'agents pathogènes (bactéries, spores, virus, champignons, parasites) doit être limitée au maximum. » Il est de plus « recommandé de nettoyer l'uniforme après chaque utilisation quotidienne. »

Selon l'Ordre provincial, ces recommandations « s'appuient sur des résultats probants de recherche et sur des consensus d'experts. »

En Estrie, l'Ordre des infirmières et infirmiers (ORIIE) appuie les recommandations de l'Ordre provincial (OIIQ). Sa présidente, Maryse Grégoire, reconnaît que le fait pour une infirmière de porter son uniforme en dehors de ses heures de travail peut incommoder certains citoyens.

« À l'heure actuelle, il n'y a pas de preuves scientifiques comme quoi ça représente un danger. Mais comme ça inquiète la population, on recommande à nos membres de ne pas circuler avec leur uniforme. C'est aussi une question d'image », ajoute Mme Grégoire.

Elle précise que la formation d'infirmière consacre déjà une part importante de son enseignement aux risques d'infection et aux moyens de les prévenir. « Nos infirmières sont très bien formées à ce niveau-là », assure-t-elle.

S'il est impossible pour l'Ordre de garantir qu'aucun de ses membres ne transgresse ses recommandations, Mme Grégoire rappelle que l'organisme qu'elle préside n'a pas été reçu de plainte à ce sujet depuis qu'elle est présidente. « Et de ce que je sais, mes prédécesseures non plus n'en ont pas reçues », précise-t-elle.

La présidente de l'ORIIE insiste aussi sur le fait qu'il est facile de nos jours de confondre l'uniforme des infirmières à celui d'une autre profession ou corps de métier, y compris à l'extérieur du réseau de la santé.

« Les infirmières ne sont pas les seules à porter ce genre d'uniforme. On en retrouve même en dehors du réseau de la santé. Je pense aux esthéticiennes ou même aux laveurs de vaisselle dans certains restaurants. Il faut faire attention avant de sauter aux conclusions. Ce n'est pas parce qu'on voit une personne portant un uniforme qui ressemble à celui d'une infirmière que c'est automatiquement une infirmière. »

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