Ressusciter le terne

En quelques heures à peine, le blanc du... (Imacom, Jocelyn Riendeau)

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En quelques heures à peine, le blanc du contreplaqué installé dans le stationnement adjacent à la boutique mtn a laissé place à une explosion de couleurs vives et de lettrages excentriques, et ce, grâce au travail de sept artistes-graffiteurs. Olivier Trottier est l'instigateur de ce projet avec sa soeur Émilie.

Imacom, Jocelyn Riendeau

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Ismael Toulouse
La Tribune

(SHERBROOKE) Le coeur de la Wellington Sud s'est remis à battre samedi. À battre au rythme des chansons tantôt électros, tantôt dubsteps pendant que les canettes de peinture lui fournissaient son oxygène.

La voie pavée de Sherbrooke a pris vie grâce au Happening d'art urbain lancé par la boutique mtn, donnant suite au festival Amalgame de la semaine dernière. Le stationnement adjacent au magasin s'est transformé en véritable musée de rue, permettant à sept graffiteurs invités de laisser libre cours à leur imagination.

Les artistes, originaires de Sherbrooke, Montréal et Québec, ont offert une cure de rajeunissement au contreplaqué blanc érigé dans la cour de gravier. Devant une telle résurrection, les passants n'ont pu s'empêcher de faire une pause pour assister à la séance de médecine artistique, au bonheur des organisateurs.

«L'initiative est venue parce qu'il a beaucoup de préjugés dans la population en général sur le graffiti. On s'est dit qu'il n'y avait rien de mieux comme un événement comme aujourd'hui pour démystifier la chose aux yeux des gens», indique Émilie Trottier de la boutique mtn qui coorganise l'activité avec son frère Olivier.

Les artistes-graffiteurs se réjouissaient également de pouvoir exposer leur talent de guérisseur de murs gris.

«À Trois-Rivières, Victoriaville ou Drummondville, il n'y a personne qui fait ça. Il y a Montréal et maintenant Sherbrooke. C'est un plus, la preuve il y a des gens qui viennent de Québec. Même les gens de Montréal disent que c'est mieux ici parce qu'il y a plus de place», souligne l'artiste Znoher, de Rock Forest, qui s'est chargé de vivifier l'oeuvre collective de couleurs éclatantes.

Un rajeunissement global

Si aujourd'hui le stationnement du centre-ville a profité des effets salvateurs des canettes de peinture, la ville entière peut bénéficier d'une cure identique grâce à l'implantation de murs légaux. Depuis 2012, le Comité Tags et Graffitis de la Ville de Sherbrooke a mis à la disposition des artistes neuf murs temporaires et trois permanents pour offrir une toile de béton aux peintres urbains.

«Il y a moins de barbeaux depuis, on voit moins de vandalisme dans la ville. Moi et mes amis on ne va qu'aux murs légaux depuis que ça existe. C'est plus beau qu'un gros mur gris une fois peinturé en plus», remarque Znoher, qui a décoré une dizaine de fois sur les murs autorisés.

Et ces murs témoignent du savoir-vivre qui règne dans la communauté.

«Si tu fais de quoi de mieux et de plus beau, c'est correct, mais si tu dessines un petit truc sur mon graffiti, tu n'es pas le bienvenue. Et les gens le savent, s'ils voient quelque chose de beau, ils ne feront rien dessus» ajoute le graffiteur.

«Le beau protège le bien», disait Chantal L'Espérance, présidente du comité.

Émilie et Olivier Trottier apprécient cette ouverture d'esprit qui permet à l'art du graffiti de florir dans la ville.

«Il y a une clientèle qui est là pour le graffiti, on est le seul magasin du genre à Sherbrooke et au-delà de la vente de peinture, on a envie d'être un point de ralliement.»

Une des oeuvres demeurera dans le stationnement alors que l'autre sera transportée dans un endroit encore indéterminé.

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