L'artiste du moteur

Gilles Gagné... (Spectre Média, Maxime Picard)

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Gilles Gagné

Spectre Média, Maxime Picard

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Crédit photo : Spectre média : Jessica GarneauJournaliste : Photos Seules Cut Tommy Brochu correspondant Coaticook
Tommy Brochu
La Tribune

(Coaticook) Gilles Gagné ne l'a pas eu facile. Tout jeune, il était tellement pauvre, qu'il devait labourer ses champs avec un cheval. Personne n'aurait pensé qu'un jour, il allait créer l'équipe G-Force, qui allait battre trois records mondiaux de vitesse.

Le parcours de M. Gagné a commencé dans les années 70, alors qu'il regardait la télévision. « J'ai vu une moto qui allait super vite, à la compétition de Bonneville (en Utah). C'est là que mon rêve a débuté, explique-t-il, avec une pointe de nostalgie. Mais on était tellement pauvre, que je n'avais même pas accès à de la mécanique. J'ai rangé le rêve dans le tiroir. »

Après avoir perdu deux enfants, M. Gagné a réalisé qu'il devait profiter de chaque seconde de sa vie. À 50 ans, le passionné de moteurs a donc décidé de sortir son rêve du tiroir.

Représenter les Québécois

« En 2006, je suis allé voir l'événement à Bonneville pour la première fois. J'ai vu qu'il n'y avait pas de motoneige qui courrait. Les gens disaient que ça ne marcherait pas. J'ai même entendu des gens dire que ce n'est pas un véhicule. Ça m'a insulté totalement. L'arbitre a vérifié et la catégorie existait », se remémore M. Gagné.

« Par contre, les promoteurs de l'événement m'ont refusé cinq fois », continue-t-il.

Pour pouvoir présenter son bolide typiquement québécois, le Coaticookois a dû prouver ce qu'il est capable de faire. « C'est très difficile de rouler 200 mph à Bonneville. Je leur ai dit que j'allais le faire. Personne ne me croyait. Je suis donc allé à Val-d'Or et on a roulé à 210,28 mph. C'était la première fois de l'histoire qu'une motoneige roulait plus vite que 200 mph », se souvient M. Gagné.

Gilles Gagné a ensuite été invité à la grosse compétition américaine. Après plusieurs péripéties, le Beauceron d'origine a pu, selon ses dires, « participer à la plus grosse compétition avec une machine composée de restants. Je fouillais dans les vieux tas de métal pour me rafistoler des pièces », décrit-il.

« À notre premier essai à Bonneville, la transmission de la motoneige a sauté. Tout le monde pensait que c'était fini pour nous. On a trouvé un vieux tour à fer dans un aéroport à Wendover. On s'est fabriqué des morceaux, et à la quatrième journée de la compétition, on a créé un record absolu », souligne celui qui faisait piloter sa machine par un employé, Francis Morin.

La moto

Créer une machine qui a mis la marque pour un record du monde à Bonneville n'était pas assez pour Gilles Gagné. « Mon rêve pur était de piloter. Je ne suis pas un pilote naturel, mais c'est ce que je voulais faire. » Après quelques années de compétitions, rien n'allait pour le coureur, qui pilotait un deux-roues de 600cc.

« Une année, j'aurais battu le record. Les organisateurs font une moyenne d'un aller-retour, donc, il faut courir deux fois en deux heures. J'ai fait mon aller, mais une tempête s'est levée tout de suite après, et les courses ont été annulées pour la journée », se remémore l'homme maintenant âgé de 60 ans.

Gilles Gagné a tenté de se reprendre l'année suivante, mais a alors été victime d'un grave accident. « Ça aurait pu me coûter la vie. J'ai été évacué en hélicoptère. Ma famille ne voulait plus que je coure. J'ai fait un deal avec eux. L'année d'après, j'ai pris le demi-moteur qui me restait et j'ai couru avec un 300cc et j'ai battu le record du monde dans cette catégorie-là! Les arbitres étaient abasourdis en ouvrant le moteur et en voyant toutes ces pièces qui sortaient d'une moto brisée », avoue-t-il.

De son côté, le coéquipier de M. Gagné, Patrick Lessard, a également battu un record du monde en utilisant la moto sur laquelle Gilles Gagné avait failli perdre la vie.

Pour la suite, M. Gagné est présentement sur un projet pour atteindre les 400 km/h avec un véhicule à chenilles. L'homme partage également son savoir avec les jeunes qui veulent collaborer avec lui. Il commencera également un cours pour peaufiner ses talents de conférencier. « Je suis plus un raconteur! », conclut-il.

Repères

2006 : assiste pour la première fois aux compétitions à Bonneville. Il avait commencé à travailler sur sa motoneige l'année d'avant;

2009 : la motoneige de G-Force atteint 202,9 mph à Bonneville;

2012 : M. Gagné bat un record pour la première fois en tant que pilote, alors qu'il atteint 129 mph avec une moto de 300cc;

2016 : le coéquipier de M. Gagné utilise la moto de 600cc de M. Gagné et atteint 204,9 mph. L'équipe G-Force obtient donc son troisième record du monde.




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