Bâtisseuse de familles

Diane Breton... (Spectre Média, Maxime Picard)

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Diane Breton

Spectre Média, Maxime Picard

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(Sherbrooke) Diane Breton tient son album de famille à la main, l'ouvre de temps à autre pour rappeler le souvenir doux d'un vieil ami parti au cours de la dernière année, raconter leur première ou leur dernière rencontre, cette fois jolie d'une chanson, ce moment cocasse d'une activité, ces sourires francs d'un partage. Puis voici qu'elle referme l'album avec douceur, mais qu'elle raconte encore un peu, parce que ses Vieux Amis ne sont pas seulement entre ces pages, ils sont bien ancrés dans ses souvenirs et son coeur généreux.

Bien davantage qu'elle ne jase d'elle-même, la directrice régionale des Petits Frères parle de ses Vieux Amis, des bénévoles qui leur font familles et des employés qui viennent tisser ces liens. À la veille de célébrer son 18e Noël avec l'organisme et alors que Les Petits Frères de Sherbrooke soulignent leur 30e anniversaire, Diane Breton n'en finit plus surtout de se réjouir du souffle qui anime encore vivement la famille élargie.

« À une époque de désengagement généralisé, on est complètement à contre-courant », remarque Diane Breton en notant qu'ils sont désormais plus de 200 bénévoles à entourer tout autant de Vieux Amis dans des activités de jumelage, de mieux-être, de rêves d'aînés, de grandes fêtes et de derniers moments.

« On est avec nos Vieux Amis du début jusqu'à la toute fin, ça fait partie de nos engagements, insiste Diane Breton. Que ce soit le personnel ou les bénévoles, tous doivent avoir cette même volonté. »

« Quand je suis arrivée avec les Petits Frères, c'était à titre de responsable des bénévoles, trois jours par semaine », poursuit encore cette éducatrice de formation qui avait jusque-là principalement oeuvré en service de garde, auprès des adolescents et de femmes violentées.

« Ce qui m'avait frappé à mon arrivée, c'était cet engagement, cette volonté de durer dans le temps, d'assurer une présence jusqu'à la toute fin, confie Diane Breton. Aujourd'hui, j'arrive mieux à mettre des mots là-dessus. Ce qu'on fait est unique. On rencontre une personne âgée seule et on lui dit : on va bâtir une famille autour de vous. On va être là. »

Une famille peu importe l'origine et le chemin parcouru par chacun de ces aînés, sans égard pour l'orientation sexuelle, la santé financière, mentale ou cognitive, la religion ou l'origine.

« Personne ne mérite de vivre ou de mourir seul », martèle encore Diane Breton.

« Et personne n'est à l'abri de l'isolement que l'on cherche à combattre, rappelle-t-elle dans un même souffle. La solitude et l'isolement guettent tout le monde. Un conjoint qui décède, des enfants qui vivent à l'extérieur ou à l'étranger, des amis, des frères et des soeurs qui se font aussi vieillissants, un réseau qui s'effrite, ce sont des éléments qu'on ne contrôle pas. C'est le regard que je porte sur ma propre vie... »

Pour l'instant, Diane Breton s'entoure allègrement et dirige ses troupes avec tellement d'enthousiasme et d'efficacité qu'on lui a aussi confié la coordination supra régionale regroupant Sherbrooke, Thetford Mines, Trois-Rivières, Lac-Mégantic et Longueuil. Ses déplacements d'une ville à l'autre se multiplient, elle n'en demeure pas moins près de sa famille sherbrookoise.

Attablée dans la verrière construite pour réunir jeunes et vieux amis, elle ouvre de nouveau son album, tourne encore des pages. Celui-ci, on lui avait organisé le voyage vers le Nouveau-Brunswick pour qu'il puisse visiter une dernière fois sa famille, celle-ci avait hésité à faire appel aux services des Petits Frères, celle-ci encore aimait tellement la musique.

Diane Breton a les yeux lumineux, le sourire qui aime, l'engagement contagieux. Elle a ainsi formé un Cercle des Petits Frères de Sherbrooke ayant pour mission de faire appel aux donateurs essentiels à l'organisme qui fonctionne sans subvention récurrente.

« Chaque membre de la famille est important », note-t-elle en souriant.

Repères

Diane Breton est née à St-Adolphe-de-Dudswell en 1952 ;

Elle a grandi sur la ferme familiale ;

Elle a fait ses études en éducation spécialisée ;

Elle est la conjointe de Bertrand Lapalme et la mère d'Antoine ;

Elle est passionnée de musique, tout particulièrement celle de son ami Richard Séguin.

Les Petits Frères ont pignon sur rue sur Bowen Sud ;

L'organisme célèbre ses 30 ans à Sherbrooke ;

On y compte 5 employés à temps plein, 2 à temps partiel ;

En 2016, Les Petits Frères ont été présents auprès de 215 Vieux Amis ;

En 2016 toujours, on comptait sur un nombre record de 206 bénévoles à Sherbrooke.

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