La foi qui construit des orchestres

François Bernier... (Spectre Média, René Marquis)

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François Bernier

Spectre Média, René Marquis

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<p>Steve Bergeron</p>
Steve Bergeron
La Tribune

(Sherbrooke) Lorsque l'Ensemble à vents de Sherbrooke (EVS) a donné un concert l'été dernier sur le parterre du Quartier des spectacles à Montréal, à l'occasion de la Virée classique de l'OSM, il a reçu une ovation tout de suite après avoir joué la première oeuvre du programme. Un spectateur particulièrement enthousiaste s'est même approché de la scène pour serrer la main du chef François Bernier.

« Mes yeux se sont ouverts très grands lorsque je me suis aperçu que le spectateur en question était Kent Nagano ! »

Pour le maestro de 43 ans, seul chef d'orchestre professionnel résident de Sherbrooke, c'était une belle tape dans le dos pour sa contribution à la vitalité musicale sherbrookoise, notamment le travail effectué depuis quinze ans avec l'EVS.

Travail amorcé, en fait, depuis son retour de l'Université d'Indiana, une des plus prestigieuses écoles de musique américaines, où il a obtenu sa maîtrise en direction d'orchestre. L'EVS sortait alors de deux années tumultueuses. L'ensemble avait été largué par les Concerts symphoniques de Sherbrooke. Repris à bout de bras par les musiciens, il venait d'obtenir le statut d'ensemble en résidence de l'École de musique de l'Université de Sherbrooke.

« L'École de musique avait accepté... à condition de choisir le directeur musical. À l'époque, l'Ensemble donnait deux concerts par année, avec quatre mois de répétition pour chacun. Pour être un ensemble universitaire, avec un répertoire de haut niveau, il fallait travailler plus rapidement. Aujourd'hui, nous avons une saison de six concerts [dont ceux donnés, en août, à la place Nikitotek]. C'est sans compter les activités connexes, comme la collation des grades et les sorties occasionnelles. Il n'y a sans doute pas beaucoup de comparables au Québec. »

Sous la direction de François Bernier, l'EVS s'est classé à maintes reprises au premier rang de la classe ouverte, au Festival des harmonies du Québec. Il y a remporté cinq trophées Yamaha pour la meilleure note.

« Mais l'Ensemble à vents va toujours se battre contre son répertoire, car nos compositeurs sont inconnus. Si c'était un orchestre symphonique, ou si nous étions en Europe ou aux États-Unis (les marching bands, c'est dans leurs gènes), ce serait différent. Il faut donc continuellement travailler pour faire connaître les oeuvres. »

Enfant de choeurs

François Bernier a de qui tenir son oreille musicale. Avec une mère choriste et un père chef de choeur, il a assisté à des répétitions musicales dès son siège de bébé. « J'ai vu mon père diriger, j'ai aussi vu sa dynamique avec Marc David, ancien chef de l'OSS. À la fin du secondaire, je savais que je voulais aller là. »

Il a évidemment eu d'abord une formation de musicien, suivant des leçons de piano en cours privé, mais a découvert le trombone lors de son secondaire au Séminaire de Sherbrooke. Instrument auquel il s'est remis, après une pause d'une décennie. « C'est très sain, pour un chef, de vivre régulièrement les défis des musiciens. »

Avec ses diplômes et son expérience (il vient d'obtenir son doctorat à l'Université de Montréal), François Bernier pourrait lorgner d'autres horizons. Ce serait assurément à regret : il a Sherbrooke tatoué sur le coeur et regarde avec une grande fierté le travail accompli.

« J'aurais pu partir, mais je suis resté, parce que j'y crois, même si ce n'est pas facile de gagner sa vie comme chef en région. Je suis heureux du rayonnement actuel. Je ne peux pas dire que j'ai construit l'EVS, car il existait déjà, mais je l'ai reconstruit. C'est la même chose avec l'Orchestre de l'Université de Sherbrooke [qu'il dirige depuis 2003], car je partais avec peu de choses. Je pense que je peux être fier. »

Repères

Né à Sherbrooke le 14 octobre 1973. Fils de Marie-France Jarry et de Marc Bernier, baryton basse et ancien chef des choeurs Héritage, Estria et du Choeur symphonique de Sherbrooke ;

Détenteur d'un baccalauréat en théorie musicale et en interprétation du trombone de l'Université McGill, d'une maîtrise en direction d'orchestre de l'Université d'Indiana et d'un doctorat de l'Université de Montréal ;

Chef de l'Ensemble à vents de Sherbrooke depuis 2001, de l'Orchestre de l'Université de Sherbrooke depuis 2003 et de l'Ensemble à vents de Victoriaville depuis 2015 ;

Ancien chef de l'Orchestre symphonique des jeunes de Sherbrooke et de Joliette (2001-2006) ;

Conjoint de Rachel Petitclerc.

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