L'enseignement comme fondation

Yoland Bouchard... (Spectre média, Jessica Garneau)

Agrandir

Yoland Bouchard

Spectre média, Jessica Garneau

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Sherbrooke) Yoland Bouchard ne se destinait pas à l'enseignement. Il s'en est fallu de peu pour que ce professeur d'histoire du Collège Mont Notre-Dame entreprenne une carrière de chercheur. Heureusement, il a bifurqué en chemin : il aura marqué des centaines d'élèves au cours des 30 dernières années.

L'hésitation du professeur à recevoir le Mérite estrien en dit long sur son humilité.

« Beaucoup de gens s'impliquent, dans toutes les écoles. J'aimerais rendre hommage à tous ceux et toutes celles qui enseignent ou qui croient à l'éducation... Le Collège Mont Notre-Dame est un exemple, mais je sais que dans tous les milieux, il y a des hommes et des femmes qui se donnent pour permettre à notre jeunesse de s'accomplir. L'accomplissement, ça veut aussi dire l'avenir », indique celui qui en est à sa trentième année d'enseignement au sein du même établissement.

« C'est une icône », lance sa collègue Guylaine Larone, en entrant dans la classe où se déroule l'entrevue. « Les filles capotent sur lui. Depuis 20 ans, je n'entends parler que de lui! »

Il a marqué à ce point certaines de ses élèves que c'est grâce à elles si la faculté d'éducation de l'Université de Sherbrooke lui a remis, en 2009, le prix du « Prof phare ».

« C'était très touchant, c'était inattendu... Ce sont des anciennes qui ont fait une démarche. Être un phare, c'est beau. »

À la suite de son expérience de stagiaire au Collège, Yoland Bouchard n'est jamais reparti.

« Quand j'étais étudiant, je n'étais pas l'étudiant idéal pour les enseignants. Un peu comme plusieurs jeunes (...) Je ne trouvais pas dans ce que l'on m'enseignait de réponse à mes questions... J'ai eu la chance de rencontrer sur ma route des enseignants qui n'ont jamais vraiment su l'impact qu'ils avaient eu et, en histoire, je trouvais là des racines... »

« Je n'ai jamais cru à cette époque-là que je pouvais être un professeur marquant pour des jeunes. Moi, j'ai été un élève marqué par des professeurs. La grande chance que j'ai eue, c'est d'avoir une possibilité de faire un stage ici. C'est vraiment un hasard. »

Une passion d'enfance

Son coup de coeur pour l'histoire remonte à loin, très loin. Dès l'enfance, il a baigné dans les lignes du temps.

« Quand j'étais jeune, la maison de mes parents et le quartier dans lequel nous vivions étaient un ancien champ de bataille durant la guerre de la Conquête. Il y a eu la bataille de Montmorency, aux chutes Montmorency, et on restait tout près. Quand j'étais enfant, on déterrait des boules de canon de la guerre de la Conquête, des gens trouvaient même des baïonnettes... L'histoire a toujours été là. Dès la petite enfance, quelque chose a été semé... », raconte-t-il.

L'enseignant de « Monde contemporain » en troisième secondaire est l'un des lauréats des Prix d'histoire du Gouverneur général pour l'excellence en enseignement de 2015 pour sa contribution à l'enseignement en histoire, aux côtés d'autres professeurs du pays.

« On va représenter le Canada aux cérémonies du 100e anniversaire de la bataille de Vimy. »

L'enseignant a mis sur pied un projet où ses élèves et lui ont identifié « toute une série de chansons pour la culture canadienne-française ».

« On identifie ensemble des chansons qui ont marqué de la Nouvelle-France à aujourd'hui et on fait une recherche où l'on doit replacer la chanson dans son contexte et déterminer, sur la base d'arguments, pourquoi on considère que c'est une chanson patrimoniale, qui devrait être connue et reconnue. »

« On s'est lancé un défi, on veut monter un spectacle », dit-il en soulignant que ses élèves, maintenant rendues en quatrième secondaire, veulent toujours s'investir dans ce projet.

L'enseignant n'est pas qu'un passionné d'histoire : il aime jouer de la guitare et de l'harmonica. À l'école, il s'investit notamment dans un spectacle-bénéfice permettant aux filles de payer le billet de leur soirée de bal.

« Chaque année, au Collège, on veut que le bal coûte le moins cher possible, et on veut donner un sens au passage des élèves », dit-il en ajoutant que tous les talents sont mis à profit.

À ceux et (surtout celles!) qui se poseraient la question : non, Yoland Bouchard ne parle pas encore de retraite. Mais il sait d'ores et déjà de quoi elle sera faite.

« Je voudrais être encore plus présent pour ma société après l'enseignement. L'enseignement aura jeté les fondations d'un engagement différent... Quand la retraite arrivera, ce sera la retraite de l'enseignement, mais ce sera le début de quelque chose. »

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer