Engagée à fond

Mélanie Lemay... (Spectre Média, René Marquis)

Agrandir

Mélanie Lemay

Spectre Média, René Marquis

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Sherbrooke) On n'aura jamais entendu parler autant de lutte aux agressions sexuelles sur les campus qu'au cours des derniers mois. Étudiante en art-thérapie à l'Université de Sherbrooke, Mélanie Lemay est l'une de ces voix qui s'élèvent, une de ces femmes qui s'activent pour faire changer les choses. Selon une étude provinciale récente, une personne sur trois a été victime de violence sexuelle à l'université.

Mélanie Lemay était étudiante au cégep lorsqu'elle a été confrontée à cette terrible expérience. La jeune femme de 22 ans ne peut pas oublier les faits, mais plutôt que de les laisser prendre le dessus sur elle, ils teintent aujourd'hui ses engagements, notamment comme membre du conseil d'administration du CALACS (Centre d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel) Agression Estrie.

« Chaque matin, ça me donne le goût de me lever, aussi particulier que ça peut l'être. Ça m'a fait réaliser qu'il y a beaucoup de choses pour lesquelles ça vaut la peine de se battre (...) J'ai réussi à transformer ça en quelque chose de bénéfique. Au final, je considère que c'est mieux de canaliser ça en quelque chose comme une renaissance... »

En mars dernier, seize campus universitaires de la province, dont l'Université de Sherbrooke et l'Université Bishop's, se sont unis afin de lutter contre les violences à caractère sexuel sur les campus, avec la campagne Sans oui, c'est non. Mélanie Lemay, qui est la responsable au développement durable et aux affaires locales et communautaires de la Fédération étudiante de l'Université de Sherbrooke (FEUS), était présente pour prendre part au coup d'envoi provincial.

« Il y a une espèce d'ouverture qu'il n'y avait pas auparavant. Je trouve ça intéressant qu'il y ait cette réflexion-là. La discussion est lancée, il faut s'assurer qu'on continue dans ce sens-là et que ça ne soit pas un effet de mode... Ce n'est pas une mode, c'est une réalité sociale, un problème de sécurité publique. De là l'importance d'en discuter. En parler, je pense que c'est une preuve de force, parce que c'est plus facile de rester dans le silence que de vouloir brasser... »

La jeune femme mord dans la vie à pleines dents. À pareille date l'an passé, elle se lançait à l'assaut du Kilimandjaro, en Tanzanie, dans le cadre d'une campagne de financement d'une maison des jeunes en Haïti.

« Ça a tout changé, complètement! C'est une expérience qui m'a emmenée à rentrer au coeur de mon essence. Ça m'a amené toutes sortes de questionnements sur ce que je veux faire de ma vie sincèrement. C'est ce qui m'a emmenée vers l'art-thérapie », souligne celle qui a d'abord étudié en sciences politiques.

Questionnée sur son intérêt pour l'international (elle s'est aussi impliquée en Colombie), l'étudiante souligne plutôt son intérêt pour le communautaire et les affaires locales.

« Le communautaire, c'est que là que mon coeur est. Je crois que c'est dans la communauté qu'on peut changer les choses; je considère que ça passe par la collectivité. »

L'engagement de la jeune femme a été reconnu à deux reprises depuis le début de l'année.

Aux côtés d'autres Estriens, elle a reçu le prix Hommage bénévolat-Québec dans la catégorie Jeune bénévole - Prix Claude-Masson.

Elle a également été lauréate du prix Hommage pour souligner les 40 ans de la Charte des droits et libertés aux côtés de 37 autres citoyens, dont Ensaf Haidar, l'épouse du blogueur saoudien détenu Raïf Badawi, pour avoir fait de l'avancement des droits et libertés au Québec leur combat au quotidien.

Mélanie Lemay est aussi finaliste au Gala Forces Avenir 2016, qui récompense la crème des étudiants à travers la province et qui aura lieu cet automne.

« On est capable tout le monde de mettre la main à la pâte. Il faut juste se rappeler le pouvoir qu'on peut avoir au quotidien dans notre collectivité », dit celle qui s'est présentée comme candidate du Renouveau sherbrookois dans le district de Brompton aux dernières élections municipales.

Tout au long de l'entrevue, Mélanie Lemay expose ses convictions avec passion; son discours, profond, pourrait être celui d'une femme plus âgée. « Je pense que le bonheur est une quête perpétuelle. On ne peut pas s'asseoir sur des événements ou attendre que certaines choses arrivent. Il faut y aller au quotidien et être sûr que chaque jour quand on se lève on a vraiment envie de faire ce qui est à l'agenda. »

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer