Citoyen à part entière

Lorsqu'on demande à Edwin Moreno sa date de naissance, celui-ci répond qu'il en... (Spectre média, René Marquis)

Agrandir

Spectre média, René Marquis

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
<p>Alain Goupil</p>
Alain Goupil
La Tribune

(Sherbrooke) Lorsqu'on demande à Edwin Moreno sa date de naissance, celui-ci répond qu'il en a... deux : celle où il a vu le jour, il y a 35 ans, à Arunca, en Colombie, et celle de son arrivée au Québec, le 7 décembre 2005.

« Pour moi, ce sont les deux dates les plus importantes de ma vie, affirme sans hésitation le président de la Fédération des communautés interculturelles de l'Estrie (FCCE). Le jour où je suis débarqué au Québec a été pour moi une deuxième naissance. Aujourd'hui, dix ans après mon arrivée ici, quand les gens me posent des questions sur mon origine, je réponds toujours la même chose : ''Je suis d'origine colombienne. Je ne suis pas un Québécois pure laine, mais je le suis au coton'' », rétorque-t-il en riant.

Car pour Edwin Moreno, tout est une question d'intégration. Que ce soit comme individu ou comme président de la FCCE, tout son cheminement passe par un seul objectif : être un citoyen à part entière

Il rappelle que Sherbrooke fait partie des quatre villes québécoises (avec Montréal, Québec et Gatineau) ayant été choisies par le gouvernement du Québec comme terre d'accueil de sa politique d'immigration. Avec pour résultat que les communautés culturelles comptent pour 7 pour cent de la population sherbrookoise, selon les plus récentes données du recensement de 2011.

Ce qui fait dire à Edwin Moreno que les 14 000 immigrants vivant à Sherbrooke représentent une force dont chacun des éléments peut contribuer à améliorer la qualité de vie de la région. « La question que l'on doit se poser est : ''Qu'est-ce que je peux apporter comme citoyen? '' Évidemment, le fait de travailler, de payer des impôts me permet de contribuer au développement de ma communauté. Mais au-delà de ça, il est important de s'intégrer. Car plus je m'intègre, plus j'ai l'opportunité de me développer un réseau, de connaître les opportunités de travail, de formation, etc. Il est important que nous prenions conscience de ça. »

Cela dit, l'intégration n'appartient pas uniquement aux immigrants, précise Edwin Moreno. Il s'agit d'une responsabilité partagée entre les communautés culturelles et la communauté d'accueil. « C'est pour ça que je crois qu'il faut toujours travailler ensemble. Il ne faut pas que l'organisme chargé d'accueillir les immigrants travaille uniquement avec les immigrants. Le fait de travailler ensemble contribue à consolider une société et on va réussir plus facilement. »

Reste que les embûches à l'intégration, notamment au chapitre de la reconnaissance des acquis professionnels, représentent encore un obstacle majeur à aplanir.

« C'est vrai que c'est décourageant de voir des immigrants, qui sont reconnus comme des professionnels dans leur pays d'origine, arriver ici et occuper des emplois dans le taxi, les ménages ou les dépanneurs. Je n'ai rien contre ces emplois, au contraire. Sauf que tôt ou tard, il va falloir régler cette question, sinon elle va nous éclater en pleine face. On le vit déjà dans le domaine de la santé. Avec tous les baby-boomers qui s'en vont à la retraite chaque année, notre société

a besoin de ces professionnels. Est-ce que la solution va venir des ordres professionnels ou des gouvernements? Actuellement, les deux se renvoient la balle. Mais on devra régler la question une fois pour toutes. Sinon, c'est toute la société qui va en souffrir et dans tous les domaines. »

Finissant en maîtrise à l'École de politique appliquée de l'Université de Sherbrooke, Edwin Moreno a aussi décidé d'occuper la sphère politique depuis son arrivée au Québec. Candidat défait aux élections municipales de 2013 ainsi qu'au scrutin fédéral de 2015, Edwin Moreno croit en l'importance d'occuper la sphère politique. Là où, dit-il, se prennent les décisions qui ont une influence sur le type de société que les citoyens veulent se donner.

« Plusieurs personnes m'ont demandé si j'allais en politique pour représenter uniquement les intérêts des communautés culturelles. La réponse est non. En principe, un élu doit représenter tous les citoyens. Mais il est évident que sur les dossiers qui touchent l'immigration et l'interculturel, j'ai l'avantage d'avoir vécu l'expérience personnellement. Donc, je considère que je suis mieux placé que d'autres pour faire avancer ces dossiers. »

Même si jusqu'à maintenant ses tentatives de se faire élire se sont soldées par des échecs, Edwin Moreno n'a pas l'intention de lancer la serviette. Loin de là.

« Je trouve que la politique ici est en bien meilleure santé que dans bien d'autres pays où l'argent et les contacts jouent un rôle prédominant. Ici, lorsqu'on a la détermination et le désir de s'impliquer, on peut changer les choses. »

Repères

  • Président du conseil d'administration de la Fédération des communautés culturelles de l'Estrie;
  • Membre du c.a. de Colombiestrie et de Rencontre interculturelle des familles de l'Estrie (RIFE);
  • Né à Arauca, en Colombie (35 ans);
  • Arrivé au Québec le 7 décembre 2005;
  • Marié à Maria Celys et père d'une fille, Marlon, âgée de 2 ans;
  • Finissant en maîtrise à l'École de politique appliquée de l'Université de Sherbrooke.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer