Haltérophilie et robotique en équilibre

À première vue, le lien entre haltérophilie et robotique n'est pas évident. En... (Spectre Média, Marie-Lou Béland)

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(Sherbrooke) À première vue, le lien entre haltérophilie et robotique n'est pas évident. En fait, à deuxième vue non plus. Mais lorsque l'on discute avec Denis Dubreuil, responsable du club d'haltérophilie de l'école secondaire La Montée pendant 15 ans et cofondateur de l'équipe de robotique de l'établissement, on saisit rapidement que pour cet enseignant passionné, ces deux disciplines sont synonymes de compétition et de dépassement de soi, autant pour lui-même que pour les jeunes qu'il épaule.

Professeur d'éducation physique de formation, Denis Dubreuil s'est rapidement transformé en enseignant de sciences à son arrivée à l'école La Montée. Comme il demeure un mordu du sport, il prend l'initiative, en 1986, de fonder un club d'haltérophilie, où il se consacrera à l'entraînement des jeunes après les cours et sur l'heure du diner pendant 15 ans.

« J'ai organisé plusieurs championnats provinciaux scolaires et des finales régionales des Jeux du Québec », mentionne-t-il fièrement.

L'une de ses plus grandes réussites, à son avis, est d'avoir contribué à la participation de son élève Maryse Turcotte aux Jeux olympiques de Sydney en 2000. « Elle nous avait même fait une entrevue directement de Sydney devant les élèves, ç'avait été génial! »

L'attrait des robots

Bien que M. Dubreuil n'ait jamais vu son amour pour le sport faiblir, c'est une passion tout autre qu'il s'est découverte à force d'être immergé dans l'univers scientifique à l'école.

En 2009, un collègue lui parle de Robotique FIRST, une compétition internationale de robotique sous l'égide de la NASA, à laquelle participent chaque année des dizaines de milliers d'élèves du secondaire.

Il n'en fallait pas plus pour que Denis Dubreuil cofonde avec d'autres enseignants l'équipe Hypérion 3360, afin que les élèves qui le souhaitent puissent prendre part à la prochaine édition du concours.

En janvier chaque année, le défi que devront relever les robots imaginés par les jeunes participants à travers le monde est révélé. À partir de ce moment, M. Dubreuil passe toutes ses soirées et ses fins de semaine, pendant presque deux mois, à aider ses élèves à concevoir différents prototypes, jusqu'à obtenir la version finale qu'ils présenteront en compétition.

« À l'automne, on fait aussi un camp d'entraînement pour les jeunes, pour les nouveaux qui arrivent, dans le but de les préparer à la compétition, explique le professeur. On leur fait vivre différentes expériences en robotique, en programmation, en électronique et tout ce qui se rattache à ça, pour voir ce qu'ils aiment le plus faire. »

En sept ans d'existence, l'équipe Hypérion 3360 s'est rendue à trois reprises au championnat mondial de robotique FIRST. En 2015, son robot s'est même classé parmi les cinq meilleurs sur la planète.

Chaque année, plusieurs jeunes sont de retour dans l'équipe pour retenter l'expérience. Lorsqu'ils atteignent l'âge de 18 ans, ils deviennent des mentors et conseillent les nouveaux venus.

« Cette année, l'équipe est formée de 28 jeunes de l'école, et on a une douzaine de mentors, dit M. Dubreuil. Il y a beaucoup d'anciens membres de l'équipe qui étudient maintenant dans des domaines reliés à la robotique parce

qu'ils ont eu la piqûre grâce à ce projet-là, et ça, c'est ce qu'il y a de plus beau à voir. »

Car ce qui motive le plus cet enseignant impliqué, c'est de faire jaillir en ses élèves l'étincelle d'une passion, pour ensuite la voir s'enflammer quelques années plus tard.

« J'ai un ancien élève, entre autres, qui fait un doctorat en physique en ce moment, mentionne-t-il. Je me rappelle que lorsque je lui enseignais, on avait fait une petite expérience sur la supraconductivité avec des aimants, et ça l'avait vraiment allumé. J'imagine que ça l'a marqué! »

« Rester actif »

D'ici quelques jours, Denis Dubreuil tirera sa révérence pour partir à la retraite. Ce qui lui manquera le plus : le contact avec les jeunes, évidemment.

« C'est sûr que je vais m'ennuyer de leur transmettre des connaissances et de les voir évoluer », confie-t-il.

Malgré son départ, l'enseignant n'entend pas être moins impliqué dans le projet qu'il a lancé il y a plusieurs années. « Je vais rester actif avec l'équipe Hypérion, c'est certain! Au lieu d'être le responsable, je vais devenir mentor et venir les aider. »

« Tout au long de ma carrière, j'ai essayé d'être le plus présent et disponible pour mes élèves. C'est important d'être là pour eux, d'être constant, surtout quand on s'embarque dans des projets comme ça, et je n'arrêterai pas maintenant. Il faut les encourager, c'est ça qui les fait grandir quoi! », résume-t-il.

Repères

Enseignant à l'école secondaire La Montée depuis plus de 30 ans;

Responsable du département de sciences depuis une vingtaine d'années;

À fondé le club d'haltérophilie de l'école en 1986;

À démarré l'équipe Hypérion 3360 pour la compétition internationale Robotique FIRST en 2009.

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