Une affaire de café

Maxime Fabi... (Spectre Média, Jessica Garneau)

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Maxime Fabi

Spectre Média, Jessica Garneau

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(Sherbrooke) « Le café vit ce que le vin a vécu il y a 15 ans. Les gens prennent conscience de ce qu'ils boivent. Ils se posent des questions sur le terroir caféier, sur son altitude et sur le traitement des grains. On fait beaucoup d'éducation auprès de la clientèle et, de notre côté, on suit des formations continues, car on peut toujours apprendre davantage. C'est impossible de tout connaître sur le café. Comme c'est impossible de connaître tout sur le vin. Toutes les années, dans les deux cas, on travaille avec un nouveau produit, car c'est une nouvelle récolte », explique le copropriétaire et directeur général de la Brûlerie FARO.

Au milieu des années 2000, Maxime Fabi était inscrit au baccalauréat en management à l'Université de Sherbrooke, un programme coopératif. Lorsque le temps est venu de faire son premier stage, il n'a pas fait d'entrevue d'embauche. Il a décidé de joindre l'entreprise familiale, qui se spécialisait dans la torréfaction et la distribution du café, et d'ouvrir le café-boutique la Brûlerie de café de Sherbrooke sur la rue Wellington.

Il n'est jamais vraiment retourné à l'école après ce stage qu'il s'était inventé. Les affaires allaient trop bien? « C'est plutôt l'inverse. Mon père avait des ennuis de santé. J'ai senti l'urgence de travailler pour cette entreprise qui était en restructuration complète. Je n'avais pas le choix de m'investir à 100 pour cent », raconte l'homme d'affaires de 33 ans.

Les défis étaient nombreux à cette époque. Un bon vendeur était parti chez le concurrent. Un sous-traitant était devenu un compétiteur.

« J'ai vite compris que le monde des affaires était un monde difficile », note Maxime Fabi qui se souvient de la belle naïveté avec laquelle il a plongé dans l'aventure.

À son l'arrivée au sein de l'entreprise, de grandes décisions ont été prises. L'entreprise a délaissé la distribution pour se concentrer sur la torréfaction de cafés spécialisés et sur la vente aux particuliers.

« Les boutiques nous donnent une vitrine qui nous permet de prendre le pouls de la clientèle. C'est une source très riche d'information qui nous permet d'être meilleurs au niveau des baristas, du service et de l'art latté. »

La Brûlerie de café de Québec existait depuis 1999 et les Brûleries de Lennoxville, Laval et Montréal se sont ajoutées à celle de Sherbrooke au fil des ans. Toutes les brûleries se sont unies sous une seule bannière en 2014, soit la Brûlerie FARO Roasting Houses. À ce même moment, Maxime Fabi a officiellement été nommé directeur général, un job qu'il assumait depuis quelque temps dans les faits.

La Brûlerie FARO reçoit ses grains de café vert d'une vingtaine de pays différents. Éthiopie, Kenya, Colombie et Brésil pour en nommer que quelques-uns. Environ 1,3 million de livres de café vert sont torréfiées annuellement par la PME qui compte aujourd'hui 72 employés. Les deux frères de Maxime travaillent aussi au sein de l'entreprise et leur père, Jean-Louis Fabi, a prévu un programme de rachat pour ses enfants et des employés de longue date.

Au cours de l'entrevue, Maxime Fabi explique dans le détail comment le grain vert du café peut être torréfié à des degrés différents. Comment des cafés de gammes différentes peuvent provenir de la même terre. Un grain ayant un goût plus acide. L'autre plus corsé. On revient au vin. Même vignoble, mais des vignes différentes donnent un vin de qualités différentes.

Laquelle des passions est la plus grande? Celle pour le café ou celle pour l'entrepreneuriat?

« Je n'ai pas connu le monde des affaires autrement que par le café. Je ne peux dissocier les deux. Ce que j'aime, c'est développer des projets avec des gens. Jamais je me suis demandé ce que j'allais faire et jamais j'ai décidé officiellement de me lancer en affaires. C'est arrivé.

Tout naturellement », résume Maxime Fabi.

Issu d'une famille d'entrepreneurs, il est tombé dans la marmite à un jeune âge.

Repères

Né à Sherbrooke le 29 mars 1983;

Marié à Véronique Clément depuis 2015;

A ouvert la boutique la Brûlerie de café de Sherbrooke en 2004 alors qu'il était étudiant à l'UdeS;

Présentement étudiant au MBA à l'UdeS;

En 2014, les Brûleries de café s'unissent sous la bannière la Brûlerie FARO;

Aujourd'hui, la Brûlerie FARO compte une usine et cinq boutiques à travers la province;

Brûlerie Faro est un des cinq plus grands torréfacteurs indépendants au Québec.

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