Le devoir de transmettre

Que ce soit en tant qu'éducateur, politicien ou comme simple bénévole, Robert... (Spectre Média, Jessica Garneau)

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Spectre Média, Jessica Garneau

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<p>Alain Goupil</p>
Alain Goupil
La Tribune

(SHERBROOKE) Que ce soit en tant qu'éducateur, politicien ou comme simple bénévole, Robert Gagné considère qu'aider les autres a toujours fait partie de ses gênes. Et cela est tout aussi vrai maintenant qu'il préside la Maison des grands-parents de Sherbrooke, où la création de liens intergénérationnels constitue un prolongement naturel de sa carrière aux multiples facettes.

Lorsqu'on prend connaissance de son parcours de vie, on comprend à quel point les liens familiaux occupent une place primordiale dans la vie de Robert Gagné.

« Je suis devenu orphelin très jeune, dit-il. Lorsque j'avais 6 ans, ma mère est tombée gravement malade. Elle a dû, comme on disait à l'époque, casser maison. Ce qui fait que mon frère et moi avons été placés en famille d'accueil pendant un an. Par la suite, je me suis retrouvé à l'hospice du Sacré-Coeur de Sherbrooke où j'ai été pensionnaire jusqu'à 18 ans. »

Mais contrairement à d'autres, ces années d'orphelinat ont eu un impact positif sur son cheminement personnel.

« Le beau côté dans tout ça, c'est que j'ai reçu une éducation extraordinaire. D'abord par les religieuses. Malgré tout ce qu'on a pu raconter sur les Soeurs grises il y a quelques années, elles ont été pour moi des femmes dévouées et des éducatrices hors pair. Je suis resté ami avec soeur Gertrude Girouard jusqu'à la fin de sa vie », rappelle-t-il.

Ses études auprès des frères Maristes ont aussi été déterminantes.

« Mises à part les matières scolaires, ce qu'on nous enseignait à l'époque, c'était le service aux autres. On nous transmettait l'importance du dévouement et le sens de la communauté. C'est de là que viennent mes racines lorsqu'il est question d'implication. »

Reconnu pour ses convictions souverainistes, Robert Gagné n'a jamais caché ses accointances politiques. Président de la Fête nationale en Estrie pendant 10 ans, candidat défait à l'investiture du Parti québécois dans la circonscription de Saint-François en 1993, il demeure toujours convaincu du bien-fondé du projet souverainiste.

« Être souverainiste, ça reflète la fierté, l'appartenance, l'identité et la capacité de se prendre en main, décrit-il, en prenant soin de préciser qu'il n'est pas pour autant un "fanatique" de la cause souverainiste. »

Cela dit, si le Québec doit devenir souverain, ajoute-t-il, cela se produira non pas à travers les partis politiques, mais parce que la société civile en aura décidé ainsi, croit Robert Gagné.

Mais sa passion pour le Québec s'exprime aussi et surtout à travers sa ville et sa région, dit-il. Que ce soit comme bénévole à la Fête du lac des Nations ou au Carnaval de Sherbrooke, il considère que l'implication fait partie de son devoir de citoyen.

Ses premiers contacts avec la Maison des grands-parents remontent à l'époque où il était encore directeur de l'école primaire des Quatre-Vents. L'organisme l'avait alors approché afin d'organiser des activités favorisant les rapports intergénérationnels. Devant l'immense potentiel éducatif que représente l'interaction entre de jeunes élèves et des personnes plus âgées, Robert Gagné a convaincu une partie de son personnel à collaborer à cette approche.

À sa retraite, il s'est joint au conseil d'administration de la Maison. Sa contribution n'a pas tardé à se faire sentir. Dans les années qui ont suivi, la Maison a vendu l'édifice qu'elle occupait pou acquérir l'ancien presbytère de la paroisse Saint-Joseph, rue Belvédère Sud.

Inspirée du modèle fondé dans le quartier Villeray à Montréal, il y a 25 ans, la Maison des grands-parents de Sherbrooke compte aujourd'hui une centaine de membres soucieux de transmettre leurs savoirs, leurs valeurs et leurs traditions aux autres générations en se rendant dans les écoles, les garderies et en tenant des activités propices aux échanges intergénérationnels.

« Comme grand-parent et comme baby-boomer, on a le devoir de transmettre aux générations ce que l'histoire a fait du Québec et ce que le Québec est devenu depuis les années 1960 », précise Robert Gagné.

« La beauté d'être grand-parent, c'est qu'on a du temps. Et ce temps-là, on l'utilise à rester actif auprès des jeunes. Tous ceux à qui je parle de la Maison des grands-parents me disent que c'est merveilleux. Et ils ont bien raison », approuve Robert Gagné avec satisfaction.

Repères

- Président de la Maison des grands-parents de Sherbrooke

- Récipiendaire de la médaille d'argent du lieutenant-gouverneur pour son implication auprès des aînés

- A été enseignant puis directeur d'école à la CSRS

- Ex-conseiller municipal d'Ascot et Canton d'Hatley

- Bénévoles auprès de nombreuses organisations, dont : la Fête du lac des Nations, le Carnaval de Sherbrooke, le Relais pour la vie, la Fête nationale du Québec

- Marié à Francine Ash depuis 47 ans. Père de deux garçons (Sébastien et Jonathan) et grand-père de six petits-enfants

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