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Le visage du professeur Robert Day s'illumine lorsqu'il... (Spectre Média, Maxime Picard)

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Le visage du professeur Robert Day s'illumine lorsqu'il parle de sa nomination parmi les 10 percées les plus remarquables des chercheurs subventionnés par la Société canadienne du cancer en 2015.

Spectre Média, Maxime Picard

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<p>Chloé Cotnoir</p>
Chloé Cotnoir
La Tribune

(SHERBROOKE) Le visage du professeur Robert Day s'illumine lorsqu'il parle de sa nomination parmi les 10 percées les plus remarquables des chercheurs subventionnés par la Société canadienne du cancer en 2015.

Parce que derrière cette reconnaissance, il y a des années de recherche - pratiquement une carrière - dévouées à déjouer le cancer de la prostate. Et Dr Day a confiance d'y parvenir : il a fourni la première validation du concept selon lequel le blocage d'une protéine appelée PACE4 permet de stopper la progression du cancer de la prostate chez les souris. Le traitement anti-PACE4 a entraîné la mort de cellules prostatiques cancéreuses et une réduction des tumeurs de l'ordre de 60 %.

Des efforts sont actuellement déployés pour une étude en milieu clinique et une éventuelle commercialisation.

« On commence à voir des choses qui sortent de mon laboratoire et qui pourront avoir un impact direct sur la santé des patients », se réjouit le docteur en pharmacologie, professeur-chercheur à la faculté de médecine et de sciences de la santé et à l'Institut de pharmacologie de Sherbrooke.

Pourquoi avoir choisi le cancer de la prostate comme domaine de recherche?

« Le cancer a toujours été une maladie intéressante du point de vue de la recherche puisque contrairement à plusieurs autres, c'est une maladie où les statistiques ne changent presque pas. Prenons par exemple une maladie cardiovasculaire : on a créé des médicaments et la situation des patients s'est améliorée. Même chose avec une maladie infectieuse. »

« Avec le cancer, c'est beaucoup plus difficile puisque les cellules ont des mécanismes complexes qui leur permettent de se diviser et quand on les attaque d'une certaine façon, elles s'adaptent et se divisent quand même. On essaie de contrer ces mécanismes, mais il faut vraiment comprendre le fonctionnement de la cellule cancéreuse pour y arriver », poursuit le professeur.

Encore aujourd'hui, après des millions d'heures passées en laboratoire, l'alliance entre la recherche fondamentale et la recherche clinique passionne toujours autant le pharmacologue.

« Ce que j'ai toujours aimé dans la recherche, c'est la découverte hard core. Aller voir dans les molécules, comprendre comment ça fonctionne, être capable de les manipuler, de les synthétiser et ensuite leur donner une application. Tout ce travail est directement en lien avec la santé des patients », enchaîne DrDay.

Pourtant, le professeur ne le cache pas, le milieu de la recherche est de plus en plus difficile. Au point qu'il n'ose presque plus recommander aux étudiants de poursuivre dans ce domaine.

« Je me sens coupable de les encourager... Ils voient le nombre d'heures que nous passons dans nos bureaux pour remplir de la paperasse et obtenir des subventions. Environ 70 % de notre temps est occupé par ces tâches administratives. C'est devenu un peu chaotique maintenant que tout est relié à l'argent », admet-il, en précisant immédiatement que dans son cas, « la motivation est toujours là ».

Positionner l'Estrie

Lorsqu'il ne porte pas son sarrau de chercheur, Dr Day enfile son habit de directeur du développement des affaires de l'Institut de pharmacologie. Et il s'est fixé une mission pour le moins ambitieuse.

« Je veux positionner Sherbrooke, l'Estrie, le Québec et pourquoi pas le Canada comme point d'ancrage pour le développement des médicaments », explique-t-il.

Dans les dernières années, DrDay a donc négocié un partenariat avec le Centre for Drug Research and Development de Vancouver, qui est devenu un « institut soeur » de l'IPS. Il a participé à l'élaboration du dépliant publicitaire Médicament et autonomie en Estrie, en partenariat avec Sherbrooke Innopole, qui vise à faire connaître toutes les expertises et technologies disponibles à Sherbrooke. Le chercheur est aussi le fondateur de l'entreprise PhenoSwitch qui offre, entre autres, des services de spectrométrie de masse.

« Le but est d'établir un écosystème favorable au développement des médicaments. Pour ce faire, il faut mettre en relation toutes les entreprises liées à ce domaine et c'est ce à quoi je m'attarde. C'est important pour la science, mais également pour la région », souligne-t-il.

Entre deux négociations, plusieurs heures de laboratoire, la publication de résultats scientifiques, des rencontres avec des étudiants et le remplissage de paperasse administrative, arrive-t-il à oublier un peu la science lorsqu'il ferme la porte de son bureau le soir?

« Non! Mon cerveau est en mode recherche 24 h sur 24. Et j'adore ça! »

Repères

A réalisé son baccalauréat à McGill, ses études de second cycle à l'UdeS et son postdoctorat à l'Université du Michigan.

Première recrue externe engagée par l'Institut de pharmacologie de Sherbrooke en 1997.

En charge d'une équipe de recherche d'une douzaine de personnes à l'Institut de pharmacologie de l'Université de Sherbrooke.

Fondateur de l'entreprise PhenoSwitch Bioscience.

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