Quinze ans de travail acharné

L'entreprise NGC Aérospatiale soufflera 15 bougies en 2016. Il y a, derrière sa... (Spectre Média, René Marquis)

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Spectre Média, René Marquis

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(SHERBROOKE) L'entreprise NGC Aérospatiale soufflera 15 bougies en 2016. Il y a, derrière sa trajectoire qui l'a menée jusqu'à l'espace, tout le travail acharné de son président et fondateur, le professeur de l'Université de Sherbrooke Jean de Lafontaine. Celui qui a travaillé pendant 10 ans pour l'Agence spatiale européenne (ASE) aurait pu démarrer son entreprise n'importe où, mais c'est à Sherbrooke qu'il a choisi de le faire.

« Je voulais revenir dans mon patelin que j'aime! » raconte-t-il en citant les avantages de la présence de l'université, de l'expertise à proximité, mais aussi du décor et de l'environnement estriens.

NGC Aérospatiale, qui emploie près de 15 personnes, se spécialise dans la conception de logiciels de navigation et de guidage de satellites, et développe la même expertise pour des drones.

L'équipe de NGC a longtemps eu les yeux tournés vers l'espace, mais le président et fondateur a décidé de diversifier ses activités avec le développement de logiciels pour les drones.

Rien n'était tracé d'avance dans le parcours de Jean de Lafontaine.

« Quand j'étais au primaire et au secondaire, j'étais plutôt indiscipliné

et je me faisais mettre à la porte de la classe. Ce qui m'a marqué, ce sont des cours en quatrième secondaire de maths et de physique. Je réussissais bien en classe, mais je dérangeais tout le monde. Ils m'ont fait sauter des années. C'est là que j'ai commencé à me dire que c'était vraiment intéressant les sciences, les maths. C'est vraiment ça qui a dirigé tout mon parcours, tous mes choix ont été faits en fonction de mes intérêts, de ma passion. Ça a commencé par la curiosité, c'est devenu de l'intérêt et une passion (...) C'est beaucoup plus tard que le spatial est venu. Au début, toutes mes études ont été dirigées non pas pour devenir quelqu'un, mais parce que je faisais ce que j'aimais. »

Jean de Lafontaine raconte qu'il a choisi le génie physique parce que c'est le « diplôme qui fermait le moins de portes ».

« Je finissais mon doctorat et je ne savais même pas ce que j'allais faire dans la vie. Je n'avais jamais pensé devenir professeur ni chef d'entreprise (...) Les parents qui se préoccupent que leur enfant n'est pas capable de se brancher, qu'ils s'encouragent! »

Aux yeux de Jean de Lafontaine, c'est une suite d'événements qui l'ont mené là où il se trouve maintenant. Certains d'entre eux ont eu un impact important sur sa carrière. C'est le cas de l'obtention du contrat pour Proba-1, un satellite lancé en 2001.

« Ça a mis mon travail sur la carte. On a changé la façon d'exploiter des satellites en les rendant plus autonomes et on a changé la façon de créer le design au sol. Ça a fait deux innovations en même temps qui ont créé une certaine mini-révolution, un immense succès et ça a emmené les autres contrats. »

Après environ dix années passées à l'ASE, M. de Lafontaine ne travaillait plus dans le domaine spatial. Il raconte qu'il avait mis une croix sur ce domaine à son retour du Vieux Continent, pour des raisons familiales et des coupes dans ce domaine.

Ce sont ses collègues européens qui l'ont contacté, à l'époque, pour travailler sur Proba-1, et ce, grâce à son travail sur Rosetta, un satellite super autonome.

Rosetta demeure d'ailleurs dans ses faits d'armes les plus marquants, puisque c'est ce qui l'a fait connaître à l'ASE.

« J'étais là pour faire approuver la mission au management de l'ASE. Faire approuver une mission, c'est trois éléments : la faisabilité technique, financière et dans le calendrier. Les comètes viennent et passent, et si tu manques une date, il n'y a plus de comètes qui sont joignables avant plusieurs années. »

Il était d'ailleurs aux premières loges d'un moment « historique », en 2014, lorsque Rosetta a largué le robot Philae, qui s'est posé sur une comète. Il s'agissait d'une première dans l'histoire.

Repères

Né à Sherbrooke;

père de deux enfants;

a travaillé 10 ans pour l'Agence spatiale européenne, ce qui l'a amené à vivre aux Pays-Bas et au Japon.

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