La force de croire

Si on lui avait dit qu'un jour elle serait athlète et qu'elle participerait aux... (Spectre Média, René Marquis)

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Spectre Média, René Marquis

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(SHERBROOKE) Si on lui avait dit qu'un jour elle serait athlète et qu'elle participerait aux Jeux paralympiques d'été de Rio, Nicole Clermont ne l'aurait pas cru. C'est le hasard - mais aussi beaucoup de discipline et de détermination - qui a fait en sorte que cette directrice d'école de 54 ans compétitionne contre des athlètes dans la vingtaine et dans la jeune trentaine.

« J'ai toujours fait du vélo, ça a toujours été un moyen de transport quand j'étais étudiante. J'ai fait des grands tours, avec Vélo Québec. Ça fait au moins une dizaine d'années que je suis membre du Club cycliste de Sherbrooke (CCS). Je ne faisais pas de compétition, je m'entraînais pour le plaisir. J'ai fait de la compétition dans plein d'autres sports, mais je n'avais jamais fait de course de vélo comme telle. » « Dans mon domaine - je suis éducatrice physique - tu rêves toujours de faire partie d'une équipe professionnelle ou nationale (...) C'est un conte de fées, je dis : ''Pincez-moi''. »

Elle trace l'analogie d'un joueur de hockey d'une ligue de garage invité au camp d'entraînement des Canadiens et qui serait sélectionné.

« Je me suis sentie comme ça longtemps. J'ai 54 ans. Quand je vais me présenter sur la ligne de départ aux paralympiques, je vais avoir 55 ans. Je course contre des filles qui ont 25, 30 ans... Certaines ne font que ça, elles s'entraînent à l'année. Présentement, au classement mondial, au chapitre des points de l'Union cycliste internationale, je suis troisième au monde. »

Si vous l'avez déjà croisée, vous vous êtes peut-être déjà demandé quel est son handicap pour être paracycliste. La Lavalloise d'origine a une paralysie du bras gauche. Conséquemment, le guidon de son vélo doit être adapté.

L'année 2015 a été remplie pour l'athlète, et 2016 s'annonce tout aussi chargée, voire davantage.

Les yeux seront tournés vers elle cette année, puisqu'elle pourrait fort bien représenter l'Estrie aux Jeux paralympiques d'été de Rio de Janeiro, l'été prochain. Elle vise une place à la course sur route et le contre-la-montre.

C'est Suzanne Labrecque, médecin au sein de l'équipe nationale paracycliste, qui lui avait suggéré en 2011 de tenter sa chance comme paracycliste. « À la blague, elle me dit : ''Tu pourrais faire partie de l'équipe nationale de paracyslistes.'' Je suis partie à rire. »

Un an plus tard, Mme Labrecque voit une opportunité pour Nicole Clermont, qui a alors 51 ans.

C'est un comité de classification qui détermine dans quelle catégorie elle doit se retrouver. « Il y a cinq classes, de C1 à C5. Plus le chiffre augmente, moins le handicap est élevé. » Elle est classée C5.

Celle qui dirige l'école primaire Boisjoli se heurtera cependant à un obstacle : au départ, on évalue que son handicap n'est pas suffisamment élevé pour être athlète en paracyclisme. Il faudra un protêt et un deuxième passage devant le comité de classification pour intégrer l'équipe canadienne en 2012.

« Encore là, il faut que tu fasses tes preuves. Tu as à faire un standard. À ce moment-là, il fallait que je roule un 20 km contre-la-montre à une moyenne de 39 km/h. Le standard a augmenté à 40,5 km/h, chose que j'ai faite. »

Nicole Clermont est en sabbatique pour se préparer en vue des Jeux. Dans de « grosses périodes », elle cumule deux entraînements par jour au moins trois fois par semaine, en plus de trois autres journées où elle s'entraîne une fois. Une journée est consacrée au repos.

« L'entraînement, c'est une chose, mais il faut le voir globalement. La récupération est importante, l'alimentation est très importante (...) Avec l'équipe nationale, on a beaucoup de suivis... »

« Au-delà des performances sportives, c'est l'aspect humain que ça m'apporte et que je veux apporter à mes élèves (...) » En accomplissant ses rêves, Nicole Clermont peut dire à ses élèves que s'ils croient à leurs propres rêves, ils peuvent y arriver.

« Je pense que c'est assez exceptionnel, à mon âge, de se retrouver dans cet environnement-là, de pouvoir performer et de dire : ''si tu y crois, tu peux y arriver''. C'est sûr que ce sont des efforts et des sacrifices. »

Repères

Citoyenne de Saint-Denis-de-Brompton;

S'est installée à Sherbrooke en 1981 pour faire son baccalauréat en éducation physique à l'UdeS;

A commencé sa carrière comme éducatrice physique au Centre Notre-Dame-de-l'Enfant;

A été directrice adjointe au Triolet;

Membre de l'équipe canadienne de paracyclistes depuis 2012.

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