De l'indignation à l'action

À pareille date l'an passé, Mireille Elchacar était prise dans un véritable... (Spectre, Jessica Garneau)

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Spectre, Jessica Garneau

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(SHERBROOKE) À pareille date l'an passé, Mireille Elchacar était prise dans un véritable tourbillon. Le dossier du blogueur saoudien Raif Badawi prenait une ampleur médiatique inégalée, alors que le prisonnier d'opinion était victime d'une première séance de coups de fouet. Même si Mireille Elchacar s'activait déjà, on s'est mis à la voir partout aux côtés de la conjointe du prisonnier d'opinion, Ensaf Haidar. L'agente de développement régional d'Amnistie internationale s'est retrouvée sous la mire des projecteurs alors qu'elle s'investissait auprès d'Amnistie internationale depuis environ 15 ans.

« Quand j'ai emménagé à Sherbrooke pour faire mon baccalauréat, je me cherchais une cause. J'étais intéressée par les droits de l'homme, car c'est à la base de tout. Il y avait un groupe d'Amnistie à l'UdeS. C'est là que j'ai commencé en 1999-2000, au début de mon baccalauréat. J'ai été rapidement la responsable du groupe, c'est comme ça que ça a commencé. J'ai été bénévole pendant 15 ans avant de travailler pour Amnistie », raconte celle qui a démarré un groupe à l'Université Laval pendant ses études à la maîtrise, en plus d'avoir occupé différentes fonctions bénévoles auprès de l'organisation. Celle-ci a décidé en 2013 d'avoir une structure permanente ailleurs que dans la métropole.

« C'est Sherbrooke qui a été choisie. D'abord parce que ça allait super bien, le militantisme à Sherbrooke : le groupe est dynamique depuis longtemps, il y a beaucoup de groupes scolaires, on a beaucoup de donateurs. Ça allait déjà bien. (...) Pas longtemps après mon arrivée en poste, Ensaf est arrivée. »

« C'est vraiment un hasard incroyable », s'exclame celle qui peut s'exprimer en arabe.

« Je n'ai jamais pensé que ça allait prendre une telle ampleur. Normalement, à Amnistie, on travaille pour des gens qu'on n'a jamais vus et qu'on ne verra jamais. J'ai rencontré cette femme qui me raconte son histoire, ses enfants sont en train de jouer dans le sous-sol avec les miens. Ce qui a touché tous les gens de Sherbrooke, ça m'a touché moi d'abord. Je me suis dit que ça allait être quelque chose de particulier, que ça allait toucher les gens, que si elle était prête à embarquer, à raconter son histoire aux médias, aux militants d'Amnistie, ça allait faire en sorte que les gens allaient embarquer davantage. Je veux faire sortir son mari de prison. J'ai fait tout ce que je pouvais pour faire connaître son histoire... »

Il semble que la séquence des événements ait permis de mettre à l'avant-plan de l'actualité la triste histoire de Raif Badawi : il y a eu Charlie Hebdo, les 50 coups de fouet le 9 janvier 2015, le passage de Mireille Elchacar et Ensaf Haidar à Tout le monde en parle...

Mireille Elchacar a « l'indignation facile ». Elle ne tolère pas l'injustice, et ça a été ainsi dès son plus jeune âge. « C'est comme si, très tôt, je me disais : ça, c'est juste... pas juste! C'était toujours un moteur à l'action : il faut faire quelque chose. C'est pour ça qu'Amnistie m'a tout de suite charmée. On nous montre des affaires épouvantables qui se passent, mais il y a tout de suite une manière d'agir proposée et qui fonctionne... » dit-elle en soulignant que le succès d'une campagne se mesure à plusieurs niveaux.

« Je tiens à souligner le travail phénoménal de Mireille, qui va bien au-delà des heures pour lesquelles elle travaille pour Amnistie (...) Elle représente bien la flamme d'Amnistie», a pour sa part tenu à souligner Jane Hospes, qui organise les vigiles en soutien à Raif Badawi. Mme Hospes observe que Mireille Elchacar n'aime pas se retrouver sous les projecteurs : « Elle est d'une humilité exemplaire. »

Repères

Née à Montréal de parents libanais, installés au Québec depuis environ 40 ans;

Chargée de cours à l'Université de Sherbrooke;

Détentrice d'un doctorat en linguistique;

Mère d'un garçon de cinq ans et d'une fillette de deux ans.

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