«Pas le droit de vieillir»

L'annonce d'investissements de 107,8 millions $ à Drummondville et Sherbrooke... (La Tribune, Yanick Poisson)

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La Tribune, Yanick Poisson

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Yanick Poisson
La Tribune

(DRUMMONDVILLE) L'annonce d'investissements de 107,8 millions $ à Drummondville et Sherbrooke au printemps dernier a frappé l'imaginaire. Il ne s'agissait toutefois pas d'un phénomène inusité pour le Groupe Soucy qui porte maintenant ces constructions et acquisitions à plus de 200 millions$ depuis 2010.

« On a l'habitude de réinvestir beaucoup dans nos installations et le développement de nos produits. On s'est dit que si nous on vieillit, l'entreprise, elle, n'a pas le droit de vieillir. Si nous n'avions pas investi dans la mise à jour de nos usines au fil des ans, on ne serait plus là », indique le président et chef de l'exploitation du Groupe, Éric Côté.

C'est d'ailleurs cette innovation et ces investissements qui ont permis à l'entreprise drummondvilloise de tirer son épingle du jeu au cours des dernières années. Elle s'est notamment démarquée sur les marchés de l'agriculture et de la défense, deux secteurs à croissance restreinte.

« Nous avons mis les bouchées doubles dans ces secteurs, car nous savions que nous étions en mesure de faire la différence. En agriculture, nous avons été les premiers à mettre des chenilles sous la machinerie; aujourd'hui c'est presque la norme. Nos chenilles ont également remplacé les chenilles de métal dans le matériel militaire. Les véhicules sont beaucoup plus silencieux et peuvent se déplacer sans tout briser », explique le gestionnaire.

Soucy enregistre une croissance soutenue depuis une dizaine d'années et le nombre de ses employés a doublé. Plusieurs produits développés au cours des années 2000 commencent à être populaires sur les marchés, favorisant d'autant plus la demande.

Les acquisitions stratégiques des dernières années, dont l'achat de la fonderie Belgen, ont également permis à Soucy de se démarquer en offrant une gamme de produits plus complète. En plus d'assurer un meilleur service à la clientèle, cette consolidation verticale rend l'offre plus alléchante.

« Nous avons développé des centres d'excellence, ce qui nous permet d'offrir une solution complète. Nos clients peuvent faire affaire avec un seul fournisseur au lieu de trois. Nous avons aussi les infrastructures pour tester nos produits à fond », affirme M. Côté.

Impression 3D et électrification des transports

Les investissements de Drummondville et Sherbrooke seront réalisés sur un horizon d'environ cinq ans. Ils permettront d'améliorer la capacité de production des usines du groupe, de bonifier la qualité des produits, mais surtout de faire un autre pas en avant en recherche et développement.

Éric Côté est formel, son entreprise se doit encore une fois d'être un pas en avant et cette fois, on tentera de faire des percées en impression 3D en plus de s'ajuster à l'électrification des transports.

« Il y aura beaucoup de changements à prévoir avec l'avancement des moteurs électriques. Il faudra réduire beaucoup le poids des véhicules et de leur équipement, prévoit-il. Pour ce qui est de l'impression 3D, ce n'est pas une technologie de demain, mais d'aujourd'hui. C'est impressionnant ce qu'on est en mesure de faire. Ce n'est plus qu'une question d'accessibilité. »

Vu le nombre sans cesse croissant de produits génériques chinois importés, le Groupe Soucy

n'a eu d'autre choix que de créer des produits de niche en évolution constante et difficilement copiables. Il l'a fait en agriculture et se démarque également dans le matériel militaire. Heureusement, l'entreprise choisit ses clients.

« Nous avons souvent été sollicités par d'autres pays, mais nous nous sommes donné comme mot d'ordre de ne vendre qu'aux pays de l'OTAN », précise M. Côté.

La main-d'oeuvre comme frein

Le président de Soucy ne cache pas que la disponibilité de la main-d'oeuvre a agi comme un frein au développement de l'entreprise au cours des dernières années. Il y a un manque important de travailleurs spécialisés dans des emplois techniques, notamment en usinage. On a dû se rendre en Europe pour trouver les perles rares.

« Ce sont pourtant des gens qui pourraient être formés ici à Drummondville, par notre cégep, déplore-t-il. Afin de résoudre ce problème, nous devrons opter pour l'automatisation. Les jeunes ne veulent plus conduire des machines. »

Repères

1967: Fondation de Soucy;

1998 : Premier contrat d'envergure

afin de fabriquer des chenilles pour la défense;

2004 : Ouverture d'un bureau en Chine;

2005 : Début des activités sur le marché agricole.

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