Le combat d'une vie

« Pour les lesbiennes, gais et bisexuels, on... (Jessica Garneau)

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« Pour les lesbiennes, gais et bisexuels, on peut dire qu'on a atteint l'égalité juridique en ce moment. Avec le mariage, c'est pas mal réglé; il n'y a plus de discrimination institutionnalisée comme telle. Il y a encore de la discrimination, on n'a pas atteint l'égalité sociale du tout : ça c'est clair, il reste beaucoup de travail à faire. »

Jessica Garneau

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(SHERBROOKE) La lutte contre l'homophobie, Dominique Dubuc en a fait le combat de sa vie. Depuis plusieurs années, elle cumule les implications afin de faire tomber les barrières entourant les personnes homosexuelles.

Depuis quelques années, plusieurs avancées ont été faites dans la reconnaissance des droits des personnes homosexuelles, notamment avec la reconnaissance du mariage gai au Canada.

« Une chose que je me plais à répéter, c'est que je suis née criminelle, donc on a fait du chemin », lance-t-elle en faisant référence au fait qu'avant 1969, être homosexuel était criminel. « Et une longue partie de ma vie, c'était considéré comme une maladie mentale... »

Contrairement à d'autres qui ont subi de l'intimidation en raison de leur orientation sexuelle, Dominique Dubuc n'a pas subi de contrecoups liés à son homosexualité. « Je n'ai pas vécu de discrimination à outrance », raconte-t-elle. Toutefois, celle qui avait deux enfants lorsqu'elle s'est rendu compte qu'elle était homosexuelle a réalisé qu'il y avait beaucoup de « discrimination institutionnelle ». 

Ses engagements au sein de diverses instances se sont multipliés, notamment comme membre du comité confédéral LGBT (lesbiennes, gais, bisexuels et transgenres) de la CSN. Au début des années 2000, on l'a aussi entendue plaider pour la reconnaissance du mariage gai.

« Pour les lesbiennes, gais et bisexuels, on peut dire qu'on a atteint l'égalité juridique en ce moment. Avec le mariage, c'est pas mal réglé; il n'y a plus de discrimination institutionnalisée comme telle. Il y a encore de la discrimination, on n'a pas atteint l'égalité sociale du tout : ça c'est clair, il reste beaucoup de travail à faire. Mais on a l'égalité juridique. » Les personnes trans n'ont cependant pas atteint l'égalité juridique ni au Québec ni au Canada, fait-elle valoir.

Au fil des ans, sa bataille s'est élargie : elle lutte aussi contre la transphobie et la discrimination entourant les personnes intersexes (des personnes nées avec des caractéristiques attribuées à un sexe, mais qui sont ambiguës).

Parmi ses engagements, on compte la Table nationale de lutte contre l'homophobie et de transphobie des réseaux de l'éducation. Elle a également joint les rangs du comité exécutif d'ILGA (International Lesbian, Gay, Bisexual, Trans, and Intersex Association) North America, une instance qui a un statut consultatif à l'ONU. « On essaie de s'assurer que dans toutes les grandes institutions internationales, il y ait des voix pour les minorités sexuelles », souligne-t-elle. « J'aime bien m'impliquer dans des dossiers politiques qui mènent à des changements de fond. »

N'empêche qu'il ne faut jamais tenir pour acquises les avancées, lance-t-elle en rappelant que le premier ministre du Canada Stephen Harper a voulu relancer le débat sur le mariage gai en 2006. Elle rappelle que des reculs sont enregistrés dans différents pays. « Ce n'est pas un long chemin vers de plus en plus d'acquisitions de droits, le parcours vers l'égalité. C'est un dossier pour lequel on doit être constamment sur nos gardes. Un acquis, c'est toujours fragile. C'est important de bien consolider les endroits où ça se passe bien, par exemple au Québec et au Canada. C'est important de s'assurer qu'on a une base solide pour être capable d'essaimer un peu plus au niveau international... »

Dominique Dubuc s'implique aussi dans son milieu de travail, au Cégep de Sherbrooke, où elle est professeure en biologie. L'institution compte un réseau d'alliés, constitué de personnes de confiance qui s'engagent à soutenir les personnes LGBT de la communauté cégépienne.

Repères

Originaire de Sherbrooke

Mère de deux filles

Professeure en biologie au Cégep de Sherbrooke

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