Fructueuse acquisition

Bertrand Reulet... (IMACOM, Jessica Garneau)

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Bertrand Reulet

IMACOM, Jessica Garneau

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(SHERBROOKE) Juin 2010 : Bertrand Reulet quitte Paris avec sa famille pour venir diriger une chaire d'excellence en recherche en physique quantique à l'Université de Sherbrooke. Cinq ans plus tard, l'UdeS obtient la plus grande subvention de recherche de son histoire : 33,5 M$ en provenance du gouvernement du Canada pour travailler sur le projet De la science quantique aux technologies quantiques. Inutile de préciser que le passionné de recherche fondamentale ne regrette pas d'avoir traversé l'océan.

«En 2009, un professeur de l'Université Yale, où j'étais invité pour l'été, m'a demandé si j'avais vu ce qui se faisait au Canada. C'était intéressant parce qu'il y avait tous les moyens disponibles pour monter un nouveau laboratoire», relate M. Reulet.

À peine avait-il eu le temps de retourner en France que l'UdeS l'approchait en lien avec le Programme des chaires d'excellence en recherche du Canada. L'opération séduction était commencée. «Je connaissais l'Université de nom, ainsi que trois chercheurs qui y travaillaient, mais je n'y étais jamais venu. J'ai donc été donner des séminaires, visiter des laboratoires, rencontrer les membres de l'équipe...»

Le courant est bien passé entre M. Reulet et le département de physique de l'Université. En février, il recevait le coup de fil l'informant que le projet irait de l'avant, et en juin, il déménageait. «Au départ, on avait du financement pour sept ans. Mais j'ai un poste de professeur permanent ici, donc je ne vois pas de fin à ma carrière à Sherbrooke, surtout avec l'obtention du nouveau financement», dit-il aujourd'hui.

Un métier d'explorateur

Le travail d'un chercheur - tout particulièrement en physique quantique - n'est pas le plus facile à décrire. Bertrand Reulet compare son métier à celui d'un explorateur, qui doit s'aventurer dans les avenues qui lui semblent les plus prometteuses, sans toutefois pouvoir prédire avec certitude ce qu'il y trouvera. «Mon métier, c'est de comprendre les lois qui régissent la nature. C'est certain qu'on espère après être capables de les maîtriser et d'en retirer quelque chose d'utile. Mais est-ce qu'on peut toujours garantir que ça va servir à quelque chose? Honnêtement, non.»

Les essais infructueux répétés peuvent s'avérer décourageants ou angoissants. C'est ici que l'équipe de travail prend toute son importance. «J'apprécie beaucoup le contact avec les étudiants. L'équipe est formidable. Il y a toujours des hauts et des bas dans la recherche. Certains jours, ça fonctionne bien, on obtient des résultats intéressants, un de nos articles est accepté. D'autres fois, c'est le contraire; on a un échantillon brûlé, on se rend compte qu'une de nos idées n'est pas bonne ou que quelqu'un d'autre l'a déjà eue... c'est là que le contact est appréciable», souligne M. Reulet, qui travaille avec une quinzaine de personnes.

Il faut dire que les attentes envers les équipes de recherche du département sont grandes. Lors de l'obtention de la subvention de 33,5 M$, la faculté des sciences de l'UdeS estimait avoir ce qu'il fallait pour travailler sur ce qui pourrait être la prochaine grande révolution industrielle, avec en tête le développement de technologies comme des détecteurs utilisant la physique quantique, ou encore carrément l'ordinateur quantique.

Sherbrooke, perle méconnue

Un peu plus tôt cet été, la Fondation canadienne pour l'innovation octroyait 8 M$ au département de physique pour que celui-ci bonifie ses infrastructures. D'où vient donc tout ce remue-ménage autour du département dont on entend relativement peu parler d'habitude?

«Le département de physique de l'Université de Sherbrooke est l'un des meilleurs au Canada, sinon dans le monde. Mais les gens ne le savent pas», affirme M. Reulet, qui souligne qu'il a notamment été classé troisième au Canada.

«Le département de physique à Sherbrooke comprend deux pôles, soit information quantique et matériaux quantiques, ce qui ne se retrouve pas dans toutes les universités. Il y a aussi un département de génie, et le C2MI, qui peuvent s'occuper des volets de la fabrication et de l'industrialisation. En Estrie, on a tous les maillons», explique M. Reulet.

En attendant d'avoir une reconnaissance correspondant à son talent, le département peut en tout cas se vanter d'avoir un ambassadeur de taille, en la personne de Bertrand Reulet.

REPÈRES

- Dirige la Chaire d'excellence en recherche du Canada sur le traitement de signaux quantiques à l'UdeS;

- Est également professeur à l'UdeS;

- Est directeur de l'Institut transdisciplinaire d'information quantique;

- Avant de venir à Sherbrooke, il était directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique en France et membre du Laboratoire de physique des solides de l'Université de Paris-Sud XI;

- A travaillé de 2001 à 2005 au Département de physique appliquée de l'Université Yale; Détient un doctorat de l'Université Paris-Sud XI;

- Vit avec sa conjointe et leurs trois enfants âgés entre 11 et 18 ans.

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