Chercheuses amies des aînés

Marie Beaulieu s'est d'abord formée en criminologie, alors que Suzanne Garon a... (Imacom, Jessica Garneau)

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Imacom, Jessica Garneau

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(Sherbrooke) Marie Beaulieu s'est d'abord formée en criminologie, alors que Suzanne Garon a fait ses études en gérontologie sociale. La première a commencé sa carrière universitaire à l'Université du Québec à Rimouski avant de venir s'établir à Sherbrooke neuf ans plus tard, alors que la seconde a toujours travaillé à l'Université de Sherbrooke après avoir complété son doctorat en Allemagne.

Les deux chercheuses avaient des points en commun, certes, mais leurs chemins auraient pu se poursuivre en parallèle sans jamais vraiment se croiser. Sauf que...

C'est en 2006 que les deux femmes passent du temps ensemble lors d'un congrès en Europe. Marie Beaulieu, qui connait une personne qui travaille pour l'Organisation mondiale de la santé (OMS), entend alors parler pour la première fois du projet de Ville amie des ainés (VADA), un projet que l'OMS est en train de mettre sur pied. Il n'en faut pas plus pour que les deux chercheuses décident d'unir leurs talents pour se lancer dans une aventure qui allait rapidement faire boule de neige, ici comme ailleurs dans le monde!

« C'était une belle façon de combiner nos forces «, explique Marie Beaulieu.

Le projet consistait à lancer un guide mondial sur les aînés intitulé Ville amie des aînés (VADA). Ses objectifs étaient multiples, mais consistaient principalement à favoriser un vieillissement actif. En effet, partout sur la planète, l'urbanisation progresse et la population vieillit. Au Québec, ce phénomène du vieillissement croît même à un rythme accéléré. Selon l'OMS, une catastrophe humanitaire pourrait même avoir lieu dans certains pays en voie de développement, où les populations n'ont tout simplement pas l'habitude de côtoyer des personnes âgées.

« Dans notre modèle de recherche au départ, nous avions une phase diagnostique : où sont nos aînés? Quels sont leurs besoins? Nous avons ensuite monté un plan d'action, puis nous l'avons mis en oeuvre «, explique la chercheuse principale du projet, Suzanne Garon.

Il n'a pas fallu beaucoup de temps avant que le Centre de recherche sur le vieillissement ne devienne un chef de file mondial au sein du réseau de VADA. L'OMS a repris le modèle sherbrookois, qui sert maintenant d'exemple dans tous les pays du monde.Alors que Sherbrooke a été la première ville québécoise à s'engager dans le projet, elles sont 579, six ans plus tard, à avoir accepté le défi de poser un diagnostic, puis d'agir concrètement afin d'améliorer la qualité de vie de leur population à la tête grise.

Depuis ce fameux jour de 2006, les deux chercheuses du Centre de recherche sur le vieillissement du Centre de santé et de services sociaux - Institut universitaire de gériatrie de Sherbrooke (CSSS-IUGS) n'ont pas cessé de consacrer temps et énergie au développement de ce programme qui, au Québec, a changé de nom pour devenir « Municipalité amie des aînés « (MADA) afin d'inclure les toutes petites villes et les très grandes.

« Un tel projet, ça prend beaucoup de temps. La conciliation travail-famille n'est pas toujours simple. Il faut que ce soit une passion pour qu'on puisse réussir un projet de la sorte «, fait savoir Marie Beaulieu.

Et la passion, les deux professeures de l'Université de Sherbrooke l'ont encore tout autant qu'à leurs débuts. Marie Beaulieu consacre un peu moins de temps au programme depuis qu'elle est titulaire d'une chaire de recherche sur la maltraitance envers les personnes aînées, -mais elle n'est jamais bien loin de ce programme passionnant- et de sa collègue Suzanne Garon, devenue chercheuse principale, qui occupe le bureau voisin du sien au Centre de recherche sur le vieillissement!

« Le vieillissement de la population est quelque chose de vraiment majeur dans notre société. Il faut voir MADA comme un modèle de transformation sociale. Les trois piliers de notre modèle sont la santé, la participation et la sécurité «, explique Suzanne Garon en insistant sur le fait que la beauté du programme, c'est qu'il permet aux gens, dans les municipalités, d'être dans l'action plutôt que de simplement recevoir des services.

Et c'est ainsi que Suzanne Garon et Marie Beaulieu continuent de changer le monde... petit pas par petit pas et surtout, une municipalité à la fois.

Marie Beaulieu et Suzanne Garon sont professeures titulaires à l'école de travail social de l'Université de Sherbrooke;

Elles sont chercheuses au Centre de recherche sur le vieillissement du CSSS-IUGS;

Suzanne Garon est aussi chercheuse au Centre d'études et de recherches sur les transitions et l'apprentissage;

Marie Beaulieu est titulaire d'une chaire de recherche sur la maltraitance envers les personnes ainées;

Elles ont toutes les deux obtenu leur doctorat en 1992 et ont aussitôt amorcé leurs carrières de professeures et de chercheuses universitaires.

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