Une pause méritée

Adolescent, alors qu'il était un élève du Séminaire de Sherbrooke, André Métras... (Imacom, René Marquis)

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Imacom, René Marquis

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(SHERBROOKE) Adolescent, alors qu'il était un élève du Séminaire de Sherbrooke, André Métras n'aurait jamais pu prédire qu'il reviendrait au sein de son alma mater pour enseigner... et pour y mener une longue carrière. Après 40 ans passés dans les murs de cette institution, le recteur-directeur général du Séminaire de Sherbrooke s'apprête à tirer sa révérence. «Jamais je n'aurais pensé revenir dans mon école, où j'avais passé sept années de ma vie», raconte-t-il.

André Métras a, au fil des années, gravi tous les échelons, d'enseignant à recteur-directeur général. Il a été un témoin privilégié des secousses et des périodes d'effervescence vécues dans le monde de l'éducation. Parmi elles : l'arrivée du renouveau pédagogique, qui a alors chamboulé les façons de faire dans le milieu de l'enseignement.

«Ça venait ébranler les pratiques, les conventions. Il y avait un travail à faire pour amener à penser différemment, à briser les conventions. Les gens cherchaient des repères qui n'existaient plus, il fallait faire table rase.» Le balancier est cependant revenu, notamment avec le retour à un mode d'évaluation plus classique, observe M. Métras. Le milieu n'a d'autre choix que de s'adapter. «Les jeunes évoluent, et le monde de l'éducation doit s'y accoller.»

C'est à ses yeux ce qu'a réussi à faire le Séminaire de Sherbrooke, qui mise encore sur la transmission des valeurs. « Il faut se rappeler que l'éducation est une transmission de valeurs. Il fallait maintenir le cap là-dessus.» L'institution, souligne-t-il, demeure centrée sur sa communauté : ses multiples implications en font foi.

Même si le défi de la persévérance scolaire semble moins grand pour le réseau privé, où le taux de décrochage est moindre, M. Métras souligne que la persévérance demeure au centre de ses préoccupations et de celles de l'institution qu'il dirige. «Ce n'est pas une question de réseau. On doit amener les jeunes à la réussite, prendre chaque jeune et l'amener à l'explosion de son potentiel. Tout réseau confondu, ça nous interpelle. La persévérance, on peut la défendre de toutes sortes de façons... Il faut que ça devienne une valeur, et pas seulement une cible de performance.»

Après 15 ans passés à la direction de l'établissement, André Métras est satisfait du chemin parcouru. «On va fêter bientôt 140 ans. Le Séminaire a une histoire. On a réussi à faire en sorte que ce grand navire s'adapte à son environnement. On ne s'est pas ancré dans le passé, on est résolument tourné vers l'avenir.» Invité à replonger dans son passé, M. Métras se dit notamment fier de la création de la Fondation du Séminaire.

M. Métras quittera le Séminaire le 30 septembre, après avoir amorcé le début de l'année scolaire au côté de son successeur, Pierre Thériault. À 55 ans, M. Métras a décidé de s'accorder une pause. Sans projets officiels, on pourrait tout de même le revoir dans le milieu de l'éducation. «L'éducation est le créneau où je suis bien», fait-il valoir.

Né à Sherbrooke;

A deux diplômes de l'UdeS: en éducation physique et en éducation (2e cycle);

A été nommé directeur général en 1997 et recteurdirecteur général en 2005;

Conjoint de Guylaine, père de Marie-Élaine et Pierre-Alexandre (décédé il y a trois ans);

A été inspiré par ses parents et son oncle, Claude Métras.

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