Un retour à la terre réussi

Lily Vallières et Robert Beauchemin... (Imacom, Jessica Garneau)

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Lily Vallières et Robert Beauchemin

Imacom, Jessica Garneau

<p>Ronald Martel</p>
Ronald Martel
La Tribune

(MILAN) Une des plus belles histoires à succès de la grande région de Mégantic concerne certainement la Meunerie Milanaise, propriété de deux Estriens d'adoption, Lily Vallières et Robert Beauchemin.

Leur retour à la terre, en 1977 à Milan, a porté ses fruits.

Robert Beauchemin avait déjà possédé une ferme à Mirabel, laquelle avait été expropriée pour la construction de l'aéroport. Il a par la suite acheté une ferme à Milan, où sa conjointe l'a suivi même si, avant ça, elle travaillait dans son bureau de consultants à Montréal.

« Oui, Robert m'a amenée à Milan. Il voulait faire de l'agriculture. À 20 ans, on voulait refaire le monde!», raconte-t-elle.

Le couple a commencé en horticulture en faisant pousser des légumes. Mais selon le principe de la rotation des cultures biologiques, il en est venu à semer des grains, du blé surtout. Comme il n'y avait pas beaucoup de débouchés pour la vente des grains, les deux agriculteurs ont acheté une meule pour les moudre et produire de la farine. Voilà comment tout a commencé pour la Meunerie Milanaise.

Tout allait bien en horticulture, presque trop bien, alors qu'ils y consacraient une vingtaine d'acres. Il aurait fallu agrandir pour suivre la croissance.

Par la suite, ils se sont tellement bien spécialisés dans la production du blé qu'ils ont dû choisir pour éviter de s'éparpiller. Ils ont donc abandonné la culture des légumes en 1994 pour se consacrer entièrement aux grains et à la production de diverses farines.

En 1996, ils créaient l'entreprise connexe des Pâtes Alegria. Mais comme ça allait très bien, là aussi, et qu'il aurait fallu grossir pour suivre la croissance de l'entreprise, ils ont vendu cette division, en 2006, pour se concentrer à nouveau sur la production des farines.

Le couple a de tout temps manifesté une grande responsabilité sociale, en installant leur entreprise à Milan, près des champs qu'ils ensemençaient, en créant des emplois chez les travailleurs de leur petite communauté. À compétences égales, les locaux l'emportaient.

« Nous avions pris la décision de rester au village. Comme cela se passe en Europe, dans chaque village, il y a toujours quelques entreprises qui maintiennent les activités du village, c'est la richesse de chaque coin de pays », décrit Robert Beauchemin.

« Mais cela a beaucoup évolué. Le personnel qualifié est plus difficile à attirer. L'embauche et la rétention du personnel sont un grave problème. En région, les gens minimisent l'importance des investissements dans les loisirs, l'hôpital, les infrastructures en général. Les gens pensent trop à leur compte de taxes. La diversité économique est importante. C'est le grand défi des régions, soit d'identifier les gens en émergence, qui ont de la créativité, pour les garder en région. J'admire ce que fait Place aux jeunes, par exemple.»

La base du succès

Pour le couple d'entrepreneurs, le département le plus important de leur entreprise est la recherche et le développement, qui sont à la base de leurs succès. Ils y ont beaucoup investi. « C'est la curiosité naturelle du président qui est le point de départ de plusieurs développements», avoue Lily Vallières.

On ne compte plus les agrandissements à l'usine de Milan, en fonction des nouveaux produits développés, des nouveaux marchés conquis. Dans la dernière année seulement, ils y ont investi 3,5 millions $. Une trentaine d'employés travaillent pour eux.

Il y a quelques années, ils ont dû construire une nouvelle usine, spécialisée dans la production du blé, à Saint-Polycarpe, près de Vaudreuil-Soulanges à Montréal, et qui a six fois la capacité de production de celle de Milan.

À Milan, ils ont mis sur pied un laboratoire pour faire du pain, tester leurs produits, et ainsi mieux conseiller leurs clients, de grandes boulangeries, entre autres. « Nous avons beaucoup développé le côté de l'agronomie. D'autres grands développements s'en viennent, pour le sarrasin, particulièrement. On y travaille. Il va y avoir plusieurs nouveaux produits, ça va exploser», prédit Robert Beauchemin.

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