Prendre son temps à Saint-Venant

Claude Desbiens et Lyne Corriveau, parents de quatre... (Spectre Média, Jessica Garneau)

Agrandir

Claude Desbiens et Lyne Corriveau, parents de quatre enfants (dont Danaël sur la photo), sont établis à Saint-Venant-de-Paquette depuis 13 ans.

Spectre Média, Jessica Garneau

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Saint-Venant-de-Paquette) Ils se sont établis en milieu rural pour profiter de la nature, de la beauté du décor et pour la qualité de vie. D'autres se sont éloignés pour se réinventer dans un tournant de leur parcours. La Tribune est allée à la rencontre de ces gens qui ont choisi de s'établir dans ces petites communautés, de 700, 500 ou 97 habitants. Nous vous les présentons cette semaine dans une série de quatre reportages, dont voici le troisième.

Leur maison de Saint-Venant-de-Paquette a d'abord été un chalet. Jusqu'à ce que leur voisine de Saint-Venant leur propose d'acheter leur triplex à Sherbrooke. Claude Desbiens et Lyne Corriveau ont vu le signe qu'il était temps de s'installer dans le petit village connu pour son sentier poétique.

Le couple a quatre enfants, âgés de 8 à 18 ans.

Avant de déménager, il habitait Sherbrooke, mais leurs enfants fréquentaient l'école les Enfants-de-la-Terre, à Waterville. Ils avaient envie de se rapprocher de l'établissement. Ils se sont mis à fouiner sur le net... pour dénicher une maison à Saint-Venant-de-Paquette, un village qu'il ne connaissait pas encore. Ils ont décidé d'aller voir.

« On est tombés sous le charme de la région », raconte Claude Desbiens, qui a vécu à Montréal pendant 25 ans. Sa conjointe et lui ont acheté une résidence datant de 1880, avec un grand terrain, à quelques pas de l'église et de la Maison de l'arbre. « Le prix était dérisoire pour la grandeur de terrain... » raconte Lyne Corriveau.

Ils l'ont d'abord habitée comme chalet... jusqu'à ce qu'ils n'aient plus du tout envie de retourner en ville.

« Toutes les fins de semaine, c'était rendu difficile de rentrer en ville. T'arrives ici, c'est comme si le temps s'arrête. Tu arrives en ville, tout va vite, c'est essoufflant. » Les garçons étaient tout-petits à l'époque. « On se disait qu'il fallait qu'ils apprennent à jouer dehors. » « La vie est bien faite. Notre voisine est venue cogner en disant : ''Pourquoi tu ne déménagerais pas? Moi, j'achèterais ton triplex à Sherbrooke.'' »

Le couple avait deux garçons quand il s'est installé à Saint-Venant. « Arriver ici quand ils étaient ados, ça aurait été autre chose. Ils étaient tout-petits », commente Mme Corriveau. Elle a laissé son emploi en restauration à Sherbrooke; Claude Desbiens est entre-temps devenu massothérapeute et kinésiothérapeute, comme en témoigne l'affiche bien en vue sur la maison. « Mon bassin de clientèle est limité. Il faut que je couvre un large territoire. Je me déplace chez les gens. » Lyne Corriveau raconte qu'elle a eu besoin d'un temps d'adaptation après s'être installée à Saint-Venant et s'être retrouvée avec plus de temps.

Après avoir été famille d'accueil, la famille s'est agrandie, puisque le couple a décidé d'adopter les deux enfants. Le benjamin de la famille, Danaël, fréquente l'école primaire Saint-Pie-X d'East Hereford, située à quelques minutes en autobus. L'école primaire de Saint-Malo, Notre-Dame-de-Toutes-Aides, accueille quant à elle les élèves à compter de la deuxième année. L'école de St-Venant a fermé ses portes il y a plusieurs années. « La première chose qu'on demande quand quelqu'un arrive, c'est : est-ce qu'il a des enfants? » lance Lyne Corriveau en soulignant l'importance d'avoir des écoles à proximité. Le club de soccer se trouve à Coaticook, à une trentaine de minutes en voiture, mais les enfants jouent au baseball, notent les parents.

Une communauté tissée serrée

Avec ses 97 citoyens (selon les dernières données disponibles), Saint-Venant est tissé serré. « Quand on a adopté les deux enfants, tout le monde était fébrile dans le village », se remémore Mme Corriveau. Dans un village de moins de 100 citoyens, peut-on dire que l'on connaît tout le monde? « Ceux que l'on ne connaît pas, ce sont les saisonniers, ceux qui habitent dans le fond des rangs », répond M. Corriveau. La vie du village passe par le bénévolat. Ici, tout le monde s'implique comme bénévole, même les enfants. Lyne Corriveau est bénévole à la bibliothèque du village, sise juste de l'autre côté de la rue. « On fait des bees (corvées) avec les Amis du Patrimoine de Saint-Venant... »

Le matin, Lyne Corriveau prend le temps de prendre son café en appréciant le décor environnant. « Tu vas au Québec partout, c'est beau. Les gens vont tellement vite qu'ils oublient d'apprécier (...) On a roulé vite, on est comme tout le monde. »

Les choses ont changé depuis. « On prend le temps de prendre du temps », fait remarquer Claude Desbiens.

Saint-Venant-de-Paquette

Gentilé : Paquettevillien, Paquettevillienne

Population : 97

À voir : le sentier poétique




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer