ALÉNA: la relève agricole n'a pas peur

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(Coaticook) La relève des agriculteurs laitiers de la MRC de Coaticook n'a pas peur des renégociations de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA). Les jeunes, qui ont souvent grandi sur une ferme, sont prêts à foncer.

Maxim Bolduc a grandi sur la ferme de ses parents. Grand passionné d'entrepreneuriat, le jeune homme de 20 ans n'est pas ébranlé face au projet de Donald Trump, qui veut négocier afin d'enlever les quotas imposés aux producteurs laitiers.

Les fermes laitières paient présentement des quotas pour leur lait. « On paie un très gros prix pour avoir le droit de produire du lait. Si les quotas tombent et qu'on n'a aucune compensation, ça ne va pas bien, affirme Maxim. De plus, les États-Unis utilisent des hormones, ce qui leur donne 10 à 15 % plus de lait. »

La renégociation de l'ALÉNA ne fera pas reculer l'entreprise familiale de Maxim Bolduc. « Dans la vie, tu as deux choix, explique-t-il. Sois tu fonces, sois tu recules. On a décidé dernièrement, ma famille et moi, de réinvestir dans le lait. On a acheté des terres voisines pour diversifier nos centres de revenus. Si jamais il se passe quelque chose, on va pouvoir devenir producteurs d'autres produits. Si jamais on vend nos vaches, on va être capable de bien vivre quand même. »

Le jeune homme a une pleine confiance envers le gouvernement du Canada. « Je suis sûr que le Gouvernement ne nous laissera pas tomber. Justin Trudeau a encore dit récemment qu'il allait défendre les quotas du lait. Ça fait 50 ans que tout le monde a peur que les quotas tombent, et ils ne sont pas encore tombés ! » analyse Maxim.

Les amis de Maxim qui ont déjà repris leur propre ferme ne sont pas plus craintifs par rapport à la renégociation de l'ALÉNA. « J'ai plusieurs amis qui ont déjà repris leur ferme familiale. L'ALÉNA n'est pas une raison pour eux de faire un step-back », confirme le jeune agriculteur.

Pour ce qui est de Maxim lui-même, il n'est pas encore certain de son choix de carrière. Si reprendre la ferme reste une très belle option, le jeune homme ira tout de même étudier en génie informatique à l'Université de Sherbrooke à la rentrée. L'entrepreneur a déjà une compagnie qui vise à automatiser les services agricoles. « Je me donne quatre ans et demi pour décider », conclut-il.

Les écoles débordent

Le son de cloche est le même auprès du président du syndicat de la relève agricole de l'Estrie, Maxime Lafond. La relève agricole est abondante dans la région. « Je ne peux pas dire que ça décourage des gens. On peut le voir dans les centres de formation professionnelle, dans les cégeps, et partout ailleurs, les écoles sont débordées. Les professeurs ne fournissent pas à donner des cours, au grand bonheur de tous », observe-t-il.

Par contre, toujours selon Maxime Lafond, les étudiants connaissent les risques. « Le risque est là. On le ressent. Il y a eu des menaces qui ont été faites récemment avec le Partenariat transpacifique. Lorsque l'incertitude règne chez les agriculteurs, c'est certain que ça touche la relève », consent-il.




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