Eau potable : des municipalités interpellent le ministre Heurtel

David Heurtel... (Archives, La Presse)

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David Heurtel

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(Sherbrooke) De nombreuses municipalités, dont Magog et Austin, souhaitent que le gouvernement du Québec leur permette de mieux protéger leurs sources d'eau potable. Elles adressent leur demande directement au ministre du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques du Québec, David Heurtel, en l'invitant à user de son «pouvoir discrétionnaire».

Selon les informations transmises par un groupe de maires très intéressés par le dossier, 230 municipalités ont adopté un règlement par lequel elles établissent qu'aucun forage gazier ou pétrolier ne devra être effectué à moins de deux kilomètres des sources d'eau potable existant sur leur territoire.

«Forte de l'appui d'un vaste mouvement municipal à la grandeur du Québec, nous demandons au ministre Heurtel d'utiliser son pouvoir discrétionnaire et de leur accorder une dérogation pour qu'elles puissent appliquer cette distance minimale», indique un communiqué émis par le groupe de maires en question, réunis au sein d'un comité de pilotage.

Actuellement, la réglementation provinciale prévoit qu'il n'est pas possible de forer un puits gazier ou pétrolier à moins de 500 mètres d'une source d'eau potable. Les municipalités invoquent toutefois l'article 124 de la Loi sur la qualité de l'environnement pour avoir le droit d'être plus sévères que le gouvernement provincial.

Membre du comité de pilotage, la mairesse d'Austin, Lisette Maillé, tient à ce que les municipalités aient la possibilité d'être plus exigeantes que le gouvernement du Québec.

«Notre comité travaille d'arrache-pied à ce dossier en partenariat avec un collectif de scientifiques et de juristes depuis plusieurs années déjà. Nous avons acquis, au fil des ans, une expérience considérable. Nous sommes prêts à faire bénéficier le gouvernement de notre connaissance du terrain, des enjeux et des impacts sur les populations locales», indique Mme Maillé.

«Nous voudrions que le ministre Heurtel écoute et respecte notre demande. Il a le pouvoir de le faire et dispose aujourd'hui de toute la preuve scientifique pour prendre une décision éclairée: celle de protéger l'eau de près de 3,5 millions de citoyens du Québec», déclare quant à elle Sonya Auclair, mairesse de Batiscan.

Parmi les maires les plus inquiets, on retrouve François Boulay, qui est à la tête de Ristigouche Sud-Est. La municipalité que dirige celui-ci, qui ne compte que 157 habitants, a adopté une réglementation pour empêcher les forages près des sources d'eau potable. Elle est aujourd'hui poursuivie pour la somme de 1,5 million $ par une entreprise mécontente.

«Le gouvernement du Québec a autorisé en 2012 une compagnie pétrolière à s'installer à 140 mètres de notre rivière et à moins de 500 m de cinq puits de citoyens», déplore M. Boulay.




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