Dix ans pour la réserve de ciel étoilé

Il y a 10 ans, la réserve internationale... (Photo fournie, Rémi Boucher)

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Il y a 10 ans, la réserve internationale de ciel étoilé du Mont-Mégantic (RICEMM) voyait le jour. Depuis, une dizaine de nouvelles réserves ont été créées ailleurs dans le monde. - Photo

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(Sherbrooke) Il y a 10 ans, la réserve internationale de ciel étoilé du Mont-Mégantic (RICEMM) voyait le jour. Depuis, une dizaine de nouvelles réserves ont été créées ailleurs dans le monde.

Quels sont les héritages de ce statut? « Le premier, si on veut retourner en arrière, c'est le fait d'avoir réussi à préserver la viabilité scientifique de l'observatoire. On a réussi à contrecarrer la pollution lumineuse », commente le coordonnateur scientifique de l'Astrolab du parc national du Mont-Mégantic, Sébastien Giguère. Plus de 3300 luminaires dans 17 municipalités ont été convertis.

Si au départ, on s'est mobilisé pour assurer la survie de l'observatoire qui se retrouvait dans un ciel de plus en plus éclairé, la perspective s'est élargie au fil du temps : le ciel étoilé constitue aussi un patrimoine naturel et culturel, plaide-t-il.

Du côté de la communauté scientifique, une importante prise de conscience a été faite par rapport aux impacts de la pollution lumineuse. On s'intéresse de plus en plus aux impacts sur la santé humaine, aux liens possibles avec l'apparition de certains cancers, les impacts sur le sommeil. « L'intégrité nocturne prend de plus en plus de place », souligne-t-il.

La création de la réserve a aussi permis de positionner la région pour son ciel étoilé.

« J'aime dire qu'on est le premier parc naturel des étoiles », lance Sébastien Giguère.

Le parc n'a pas de données précises sur les impacts sur la clientèle, mais on cite, tant du côté du parc national du Mont-Mégantic que de Tourisme Cantons-de-l'Est (TCE), l'impact important sur la visibilité.

TCE fait état de la curiosité que suscite la réserve auprès des médias internationaux. The Washington Post a consacré l'automne dernier un reportage à ce qu'il considère l'un des meilleurs endroits sur la planète pour observer les étoiles et le blogue voyage d'Expédia vient d'en faire autant.

« C'est de plus en plus un produit d'appel, surtout avec le fait qu'ils sont avec la SÉPAQ », estime la directrice générale de Tourisme Cantons-de-l'Est, Francine Patenaude.

Le ciel étoilé est en quelque sorte devenu un attrait qui se marie bien à d'autres, comme la Route des Sommets.

Des astronomes amateurs se sont même installés dans le secteur afin de bénéficier de la noirceur de la nuit. « Environ 99 % de la population nord-américaine vit dans un ciel pollué. » Sébastien Giguère n'a qu'à sortir sur son balcon pour apprécier la beauté du ciel. « Ça fait partie de la qualité de vie. »

Un défi constant

N'empêche : il faut rester vigilant. En 2011, La Tribune rapportait que la région était confrontée à une « dégradation progressive de la qualité du ciel étoilé ». La communauté s'était une fois de plus mobilisée. L'apparition des lumières DEL, plus particulièrement les DEL blanches qui comptent beaucoup de lumière bleue, a posé de nouveaux défis aux défenseurs du ciel étoilé.

Lorsqu'on décompose la lumière, on retrouve toutes les couleurs de l'arc-en-ciel, dont la lumière bleue. Celle-ci a entre autres un impact sur la suppression de la mélatonine, l'hormone du sommeil.

« C'est une lutte de tous les instants. La pollution lumineuse a une tendance inhérente à être en croissance », note M. Giguère. Des appareils de mesure de la pollution lumineuse sont toujours installés au parc et les résultats de ces mesures devraient être connus à la fin de l'année.

L'anniversaire sera souligné au cours des prochaines semaines, plus particulièrement lors des Journées de la culture le 29 septembre.




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