L'historienne Andrée Désilets n'est plus

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(Sherbrooke) L'historienne sherbrookoise Andrée Désilets est décédée la semaine dernière.

Née en 1928, Mme Désilets a été professeure émérite et directrice du département d'Histoire à l'Université de Sherbrooke, avant de prendre sa retraite en 1990.

Au cours de sa carrière universitaire, elle a consacré ses travaux à l'histoire canadienne, à la biographie historique et à l'histoire régionale. Elle a dirigé de nombreux mémoires de maîtrise, collaboré à plusieurs revues et ouvrages, dont le Dictionnaire biographique du Canada et le Dictionnaire des oeuvres littéraires au Québec. Membre du Groupe de recherche en histoire des Cantons-de-l'Est, elle a publié plusieurs articles majeurs sur le sujet.

Au cours de sa longue carrière, elle a aussi été membre et directrice de la Société d'Histoire de Sherbrooke et membre de la Commission des lieux et monuments historiques du Canada.

En 1982, Mme Désilets a été élue membre de la Société royale du Canada. À cette occasion, son «maître», l'historien Jean Hamelin, l'avait présentée en ces termes: «Vous êtes une femme peu bavarde sur vous-même, une femme secrète. Si vous êtes une biographe dont l'autorité ne fait aucun doute au Québec et au Canada, il faut penser que vous seriez une bien pauvre autobiographe».

Mme Désilets était effectivement décrite par les gens qui la connaissaient comme une femme discrète, réservée, davantage encline à s'intéresser aux autres qu'à parler d'elle-même.

En 1991, Mme Désilets a également été lauréate du prix Carrière de la Ville de Sherbrooke. La même année, elle devenait la première personne à recevoir le titre du Mérite estrien. Le journaliste Jeannot Bernier la décrivait alors comme une femme vive, alerte et fascinée par les mille et une facettes de la culture, la lecture, le théâtre, le cinéma et bien sûr, l'actualité.

En 2003, l'historienne a reçu la Médaille du jubilé de la reine qui célébrait le 50e anniversaire du couronnement d'Élizabeth II. Mme Désilets s'était alors vu remettre l'unique médaille québécoise, un honneur qui l'avait émue.

Dans un texte publié dans La Tribune à cette époque, le journaliste Gilles Fisette écrivait que durant ses études (elle deviendra la première femme à décrocher un doctorat en histoire), elle s'était intéressée à la vie des hommes politiques du Canada français. Elle avait ainsi écrit la vie de François-Xavier Lemieux, son arrière-grand-père maternel, avocat de Louis Riel, député puis juge en chef de la Cour supérieure du Québec.

Elle a aussi écrit la biographie de Hector-Louis Langevin, l'un des Pères de la Confédération canadienne. On dit de cet ouvrage qu'il est l'un des moments marquants de l'historiographie canadienne de langue française et de la biographie historique.

Dans ce même texte de La Tribune, on pouvait lire cette citation de la défunte historienne : «Si on veut résumer qui je suis, je dirais que j'ai toujours été une femme qui a préféré se laisser choisir par le destin plutôt que de le forcer.»




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