Northern Pass : Forêt Hereford demande l'enfouissement

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Forêt Hereford demande officiellement à Hydro-Québec d'enfouir la portion de sa future ligne électrique qui doit traverser la forêt communautaire Hereford.

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<p>Alain Goupil</p>
Alain Goupil
La Tribune

(Sherbrooke) Forêt Hereford demande officiellement à Hydro-Québec d'enfouir la portion de sa future ligne électrique qui doit traverser la forêt communautaire Hereford dans le cadre du projet d'interconnexion Québec-New Hampshire, aussi appelé Northern Pass.

Après avoir pris connaissance des résultats d'une analyse comparative d'Hydro-Québec sur les différents scénarios d'enfouissement, Forêt Hereford se dit aujourd'hui convaincue que l'enfouissement de la ligne électrique, en passant notamment par ses chemins forestiers, constitue « le meilleur compromis » face aux préoccupations soulevées par de nombreux citoyens et organismes environnementaux.

Forêt Hereford estime en outre que le tracé qu'elle propose aurait pour effet de respecter la servitude de conservation mise en place suite au legs forestier effectué par Neil Tillotson, considéré comme le don immobilier privé le plus important de l'histoire du Québec.

La porte-parole de Forêt Hereford, Sylvie Harvey, a indiqué que le tracé proposé par son organisme prévoit l'enfouissement sur une distance d'environ 15 km en se servant notamment des chemins forestiers déjà existants. Ce tracé, explique la porte-parole de Forêt Hereford, Sylvie Harvey, aurait de plus l'avantage de ne pas perturber le noyau villageois d'East Hereford.

« Contrairement au tracé d'Hydro-Québec, notre tracé évite la fermeture prolongée de la route 253, qui est une artère vitale pour les activités économiques et sociales de nos communautés. »

Quant aux coûts « prohibitifs » évoqués par Hydro-Québec pour privilégier un tracé aérien, Forêt croit que ceux-ci doivent être placés dans leur juste perspective.

« Hydro-Québec dit que l'enfouissement lui coûtera 60 millions de dollars de plus que prévu, mais si on répartit ce montant sur la durée de vie d'une ligne souterraine, qui est de 40 ans, ce n'est pas faramineux, sur un projet total de deux milliards de dollars... »

Outre le fait de respecter la servitude de conservation, Forêt Hereford estime que le scénario qu'elle propose aura pour effet de minimiser l'impact sur le paysage en plus de lui conférer une meilleure acceptabilité sociale.

Forêt Hereford est responsable de la gestion de la Forêt communautaire Hereford, détenue en collaboration avec Conservation de la nature Canada.

Études publiques

De son côté, SOS mont Hereford demande à Hydro-Québec de rendre publique l'analyse comparative des scénarios d'enfouissement que la société d'État a présentée aux membres du conseil d'administration de Forêt Hereford.

SOS mont Hereford demande en fait qu'Hydro-Québec respecte la principale recommandation du BAPE (Bureau d'audiences publiques sur l'environnement) à l'effet de « réévaluer de manière plus détaillée la possibilité d'enfouir la ligne dans la portion sud avant une éventuelle autorisation du projet par le gouvernement du Québec et de rendre publique son évaluation. »

« Tout débat public et toute prise de décision éclairée doivent se faire sur la base d'une information rigoureuse et transparente et aller au-delà de consultations unilatérales », écrit la coalition dans un communiqué émis mercredi matin.

Depuis sa création à la fin du mois de mars, la coalition SOS mont Herefrod a recueilli l'appui de plus de 8200 supporteurs sur son site web.

Le projet d'interconnexion Québec-New Hampshire consiste en l'aménagement d'une ligne de haute tension sur une distance de 79 kilomètres, partant du poste des Cantons, à Val-Joli, et se terminerant à la frontière du New Hampshire à la hauteur de la municipalité d'East Hereford.

Hydro maintient sa position

Hydro-Québec n'a pas l'intention de rendre publics les scénarios d'enfouissement qu'elle a présentés la semaine dernière aux membres du conseil d'administration de Forêt Hereford, comme le réclament la coalition SOS mont Hereford et le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE).

Dans un courriel transmis à La Tribune en toute fin de journée mercredi, Hydro-Québec maintient sa position à l'effet que «le projet qui épouse le mieux les considérations environnementales, techniques et économiques est l'option aérienne», indique la porte-parole d'Hydro, Lynn St-Laurent.

«Forêt Hereford nous a demandé d'évaluer de nouveau l'option souterraine, ce que nous avons fait avec diligence. Et nous arrivons au même constat que nos études antérieures, soit que le projet qui épouse le mieux les considérations environnementales, techniques et économiques est l'option aérienne, et dans ce cas-ci, selon le tracé qui nous a été indiqué par la population et les intervenants du milieu», indique Hydro.

La société d'État soutient qu'un des éléments qui ressort de son analyse est la différence au chapitre du coût, à savoir que l'option souterraine coûterait de 60 à 65 millions de dollars de plus, une somme «qui s'ajouterait à la facture de 125 M$ pour le projet de ligne de transport.» Hydro dit en arriver à cette conclusion après avoir effectué son analyse dans la forêt Hereford, mais aussi sur des propriétés privées potentiellement touchées par un tracé souterrain.

Quant au contenu de cette nouvelle étude, Hydro refuse de le dévoiler publiquement. «Par respect pour la nature confidentielle des discussions que nous avons eues avec les différents intervenants, nous estimons qu'il n'est pas approprié de divulguer ces documents», précise Mme St-Laurent.




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