Une usine de concassage de granit à Beebe serait non conforme

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Michel Duclos, porte-parole du Collectif des citoyens pour la défense de la qualité de vie et de la santé à Stanstead.

La Tribune, Jean-François Gagnon

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(Magog) Promu par la coopérative Granit central, le projet de concassage de granit dans une usine du secteur Beebe, à Stanstead, pourrait-il légalement voir le jour? Le tout jeune Collectif des citoyens pour la défense de la qualité de vie et de la santé à Stanstead est persuadé que non.

« Le ministère concerné nous a confirmé, à plusieurs reprises, qu'il n'existe pas de permis pour pratiquer l'activité envisagée à l'endroit choisi par Granit central. Il est donc impossible de faire appel à la notion juridique de droits acquis relatifs à une activité antérieure, en ce lieu », déclare Michel Duclos, un des deux porte-parole du Collectif pour la qualité de vie et la santé à Stanstead.

Pour prouver ses affirmations, M. Duclos a transmis à La Tribune un courriel en provenance du ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les Changements climatiques du Québec.

Selon les informations contenues dans ce courriel, « les activités du site tel que décrites dans le dossier comprennent la coupe, le taillage et le polissage du granit. Le concassage de résidus de granit n'est pas compris dans ces activités. »

Le Ministère précise, dans le même courriel, qu'un « certificat d'autorisation sera nécessaire préalablement à la mise en place d'unités de concassage » dans l'ancienne usine de la compagnie Emslie. Or, l'existence d'un zonage résidentiel à cet endroit empêcherait l'émission d'un tel permis.

« Une nuisance »

Quoi qu'il en soit des considérations juridiques, le regroupement de citoyens juge que cette activité n'aurait nullement sa place dans une zone résidentielle.

« Cette activité créerait une nuisance certaine et une atteinte à la santé non tolérables par les citoyens. Elle entraînerait du bruit à cause de la machinerie et du transport par camion du granit, sans compter qu'elle engendrerait de la poussière affectant la qualité de l'air », soutient Michel Duclos.

Celui-ci assure toutefois que le collectif dont il fait partie ne s'oppose pas au projet lui-même. Le groupe de citoyens souhaiterait cependant qu'il se concrétise à l'intérieur de la « zone industrielle ou d'une carrière de pierre ».

« Notre demande est tout à fait raisonnable, car on pourrait ainsi sauvegarder l'environnement où les citoyens vivent, dorment et élèvent leurs enfants. Il ne s'agit pas là d'un réflexe que l'on pourrait qualifier d'égoïste, mais bien d'une action citoyenne clairvoyante et démocratique qui concoure à préserver l'équilibre du vivre ensemble », explique M. Duclos.

Le Collectif pour la qualité de vie et la santé à Stanstead entend demeurer à l'affût afin d'intervenir, si Granit central persistait à vouloir aller de l'avant. « Il est primordial que les citoyens demeurent mobilisés. Et, comme nos demandes actuelles ne sont pas prises en compte par nos élus municipaux, rappelons-nous que nous pourrons nous exprimer en 2017 lors des élections. »

Le président de Granit central surpris

Président de la coopérative Granit central, Philippe Dutil sait depuis un moment que son organisation aura besoin d'obtenir un certificat d'autorisation, si elle souhaite effectuer du concassage de granit dans l'ancienne usine de la compagnie Emslie. Il a néanmoins été étonné d'apprendre certaines informations recueillies par le Collectif de citoyens pour la défense de la qualité de l'air et de la santé à Stanstead.

Afin de mieux comprendre les exigences du gouvernement provincial concernant un projet semblable à celui élaboré par Granit central, M. Dutil a l'intention d'appeler rapidement au ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les Changements climatiques du Québec.

Jusque-là, le président de la coopérative, qui est également maire de Stanstead, croyait que son organisation pourrait évoquer le principe du droit acquis pour avoir la bénédiction de Québec, ceci parce que l'usine ciblée pour la réalisation du projet est liée à l'univers du granit.

Philippe Dutil note que deux autres sites potentiels avaient été étudiés avant que Granit central arrête son choix sur l'usine située dans le secteur Beebe. Il n'est pas exclu que, au besoin, des emplacements supplémentaires soient envisagés.

Par ailleurs, M. Dutil affirme que Granit central pourrait commander une étude de marché dans le but de savoir si son projet peut être réellement profitable. « La personne qui s'occupait du projet pour nous est décédée, au début de l'hiver, et ça nous a beaucoup ralentis. Pour aller plus loin, il nous faudra étudier le marché. »




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