Les parents réclament une enquête publique sur la DPJ

Des parents qui se disent victimes «d'injustices et d'abus de pouvoir de la... (Spectre Média, René Marquis)

Agrandir

Spectre Média, René Marquis

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(SHERBROOKE) Des parents qui se disent victimes «d'injustices et d'abus de pouvoir de la part de la Direction de la protection de la jeunesse» ont manifesté jeudi la journée devant les palais de justice de Sherbrooke. Ces manifestations se sont déroulées dans plusieurs villes du Québec. Les parents réclament une enquête publique sur les agissements de la DPJ et demandent une réforme de l'organisme.

Plusieurs parents sont sur place « parce qu'ils veulent la justice » et ils sont prêts à partager leurs histoires avec la population afin de lever le voile sur « cette réalité méconnue des enfants placés sans raison ou dans des mauvaises familles », soutient la coordonnatrice de la manifestation à Sherbrooke.

Une grand-maman était aussi présente pour manifester son désarroi et sa colère face au placement de son petit-fils de 15 ans dans une ressource pour gens ayant des déficiences intellectuelles.

« Cet enfant-là est maltraité dans la ressource où il habite. La DPJ nous a même enlevé le droit de l'accompagner lors de ses visites chez les médecins pour ne pas qu'on constate son état. On nous coupe nos droits de visite! Cet enfant-là est un objet! Il demande pour voir son père et les intervenants banalisent ça en lui disant juste que « papa ne viendra pas cette semaine ». Mais papa veut y aller. C'est la DJP qui l'en empêche », déplore cette grand-maman.

Une autre mère de famille raconte qu'elle a réussi à quitter un groupe religieux où elle était mal traitée et à se séparer de son conjoint abuseur dans le but de sortir ses enfants de quatre et six ans « de cet enfer ».

« J'ai porté plainte contre mon mari et finalement, je paye pour avoir dénoncé les abus de mon mari envers moi et nos deux enfants. La DPJ m'a enlevé mes enfants. Ça n'a aucun sens, pauvres petits! Je suis une mère responsable, j'aime mes enfants, je veux les protéger, ma mère est là pour m'aider, et malgré tout ça, la DPJ m'a retiré mes enfants », lance Manon (nom fictif).

« Comme ça arrive trop souvent, les grands-parents sont tassés aussi, même quand ils sont aptes à prendre soin des enfants. Moi je suis propriétaire de blocs appartements, j'ai les moyens financiers, je suis disponible, je pourrais m'occuper de mes petits-enfants, mais on m'en empêche sans aucune raison », souligne la grand-maman.

Rappelons qu'il est impossible de nommer les parents qui ont des dossiers en cours à la DPJ dans le but de protéger l'identité de leurs jeunes enfants.

Dans une entrevue accordée à La Tribune la semaine dernière, le directeur de la DPJ en Estrie, Alain Trudel, invitait les parents à utiliser les recours disponibles pour porter plainte lorsqu'ils se sentent lésés, soit l'aide juridique qui fournit un avocat sans frais aux gens qui ne peuvent pas s'en payer un, la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse et le Commissaire aux plaintes du CIUSSS de l'Estrie-CHUS.

« J'ai fait six plaintes à la Protection du citoyen et ça ne mène nulle part parce que la DPJ est au-dessus de tout ça », lance Manon, désespérée.

« Je vais me battre, me battre jusqu'au bout pour ravoir mes enfants et les savoir en sécurité avec moi », clame-t-elle.




À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer