Entre les mailles du filet social

Lyne Roberge : « Je sais qu'il y... (Fournie)

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Lyne Roberge : « Je sais qu'il y en a d'autres dans ma situation qui n'ont peut-être pas la chance d'être aussi bien entourés. Il faut corriger la situation afin qu'ils puissent se concentrer sur la guérison de leur maladie plutôt que sur la recherche d'argent pour joindre les deux bouts. Ça prend de l'énergie pour passer à travers des épreuves comme celle-là. »

Fournie

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Yanick Poisson
La Tribune

(Victoriaville) Lyne Roberge a toujours travaillé très fort afin de subvenir aux besoins de sa famille. Mais voilà qu'une série de mésaventures la plongent dans une situation financière précaire. En plus de combattre un cancer, elle doit supplier ses proches pour joindre les deux bouts.

Éprouvant d'intenses douleurs aux poignets, l'employée du Complexe Évasion de Victoriaville a dû prendre quelques semaines de congé, en mai, afin de se remettre de deux opérations visant à régler des problèmes aux tunnels carpiens. Avant la fin de sa convalescence, la femme a eu de nouveaux ennuis de santé et a reçu un diagnostic de cancer des ovaires.

Malgré quatre interventions chirurgicales rapides, elle doit maintenant se soumettre à une série de traitements de chimiothérapie afin d'éradiquer la terrible maladie. Ces soins étant particulièrement éprouvants physiquement, elle ne peut reprendre du collier tant et aussi longtemps qu'ils ne seront pas chose du passé.

Or, le règlement sur l'assurance-emploi aux fins de maladie prévoit des prestations sur une période limitée à 15 semaines. Après cette échéance, la personne malade doit s'adresser à une autre ressource. Puisqu'elle n'est pas considérée comme invalide à vie, elle n'a pas accès à la rente d'invalidité et ses actifs, dont sa résidence, ne lui permettent pas de se qualifier pour l'aide sociale. La Société canadienne du cancer lui a remis 135 $ au total.

« Depuis septembre qu'il n'y a pas un sou qui rentre. J'ai travaillé toute ma vie et maintenant que je traverse une période difficile, je n'ai aucun recours, déplore-t-elle. Ce qui est aberrant, c'est que si j'étais en santé et apte à occuper un emploi, je recevrais toujours de l'assurance-emploi. J'aimerais qu'on puisse me verser une partie des fonds mis de côté en vue de ma retraite, mais ce n'est pas possible non plus. »

Des proches aidants

Heureusement, Lyne Roberge est bien entourée. Ses parents, qui ont atteint un âge vénérable, lui apportent des denrées chaque semaine, alors que son fils Tommy paie les factures avec le fruit de ses quatre emplois à temps partiel.

Diplômé de l'école Promedia, il rêve de faire carrière en radio ou en télévision, mais s'empêche de déménager dans les grands centres afin de s'occuper de sa mère.

« Il aurait pu partir pour Montréal afin de faire progresser sa carrière, mais il se sent obligé de s'occuper de sa mère. On est laissés à nous-mêmes, c'est difficile à vivre », dit-elle.

Informée de sa situation, Suzie Turmel, une amie de longue date, a lancé un appel sur le site de sociofinancement onedollargift.com. L'objectif est d'amasser 5000 $ afin de permettre à la famille de souffler un peu jusqu'à la fin de la chimiothérapie prévue pour le 24 février, si tout va bien.

Il faut que ça change

Lyne Roberge accepte de partager son histoire en espérant sensibiliser les politiciens à ces imperfections du système social qui rendent impossible la vie de travailleurs honnêtes et dévoués.

« Je sais qu'il y en a d'autres dans ma situation qui n'ont peut-être pas la chance d'être aussi bien entourés. Il faut corriger la situation afin qu'ils puissent se concentrer sur la guérison de leur maladie plutôt que sur la recherche d'argent pour joindre les deux bouts. Ça prend de l'énergie pour passer à travers des épreuves comme celle-là », dit-elle.

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