Rebâtir Lac-Mégantic un pas à la fois

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Le Bureau de reconstruction de Lac-Mégantic, qui loge dans la gare patrimoniale épargnée par la destruction, a été mis en place à l'automne 2015 pour accélérer la reconstruction en faisant le lien entre la Ville et les promoteurs et en gardant la population bien impliquée dans le processus.

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<p>Jacynthe Nadeau</p>
Jacynthe Nadeau
La Tribune

(Lac-Mégantic) Les automobilistes et les piétons ont recommencé à circuler sur la rue Frontenac à Lac-Mégantic à la fin d'octobre dernier. Deux immeubles neufs ont poussé dans ce secteur dévasté depuis le 6 juillet 2013. Un troisième chantier est en marche.

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Le directeur du Bureau, Stéphane Lavallée, rentre d'une mission en Rhône-Alpes où il a présenté cette démarche aux Entretiens Jacques-Cartier. En Rhône-Alpes parce qu'on y retrouve la plus forte concentration de professionnels en développement durable, la carte qu'a choisie Lac-Mégantic pour se réinventer.

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Ici on sait qu'il y aura un complexe hôtelier, là des ensembles résidentiels et une place publique, plus loin un centre du savoir et des ateliers de fabrication...

Trois ans et demi après la tragédie ferroviaire qui a laissé un trou béant de deux kilomètres carrés au coeur de la ville, la zone couverte de neige en cet après-midi de décembre donne l'impression d'une toile vierge où chacun peut imaginer son centre-ville idéal.

Au Bureau de reconstruction de Lac-Mégantic, qui loge dans la gare patrimoniale épargnée par la destruction, on laisse bien à la vue cette affiche où apparaissent les nombreux mots que les Méganticois utilisent pour définir leur ville : nature, authentique, conviviale...

Le plan d'action 2015-2020 s'inspire de ces aspirations, donne forme à l'innovant chantier de participation citoyenne Réinventer la ville qui a mobilisé jusqu'à 400 Méganticois, dans une communauté de 6000 âmes rappelons-le.

Le directeur du Bureau, Stéphane Lavallée, rentre d'une mission en Rhône-Alpes où il a présenté cette démarche aux Entretiens Jacques-Cartier. En Rhône-Alpes parce qu'on y retrouve la plus forte concentration de professionnels en développement durable, la carte qu'a choisie Lac-Mégantic pour se réinventer.

« On a beaucoup parlé de la résilience des Méganticois au lendemain de la tragédie. Mais l'instinct de survie, ce n'est pas de la résilience. La résilience, c'est de prendre les événements pénibles, difficiles à vivre tant sur le plan individuel que collectif, et se propulser plus loin pour nous rendre meilleurs. C'est ce qu'on est en train de réaliser à Lac-Mégantic », se plaît-il à répéter.

Le natif de Lac-Mégantic qui a fait carrière dans le monde des médias à La Tribune, à La Presse et au journal Les Affaires avant de rentrer au bercail pour apporter sa contribution à la reconstruction, parle fièrement de sa communauté qui se relève avec courage.

Le Bureau de reconstruction a été mis en place à l'automne 2015 pour accélérer la reconstruction en faisant le lien entre la Ville et les promoteurs et en gardant la population bien impliquée dans le processus.

Sur le bureau de la petite équipe cet hiver, il y a une vingtaine de dossiers actifs pour des projets d'animation et de construction, dont M. Lavallée dira peu parce qu'ils n'ont pas encore été rendus publics par les promoteurs.

Un certain nombre d'autres projets sont connus du Bureau de reconstruction mais moins avancés, si bien que 70 % des terrains disponibles sont déjà réservés.

La patience est de rigueur

Stéphane Lavallée espère assister à d'autres mises en chantier au printemps, même s'il prévient qu'en ce domaine la patience est de rigueur.

« Quand on annonce quelque chose, on pense souvent que ça va se réaliser dans la prochaine année. Or l'urgence est passée à Lac-Mégantic. Tout le monde a un toit. Il faut maintenant se donner du temps pour assurer la pérennité des projets qui vont aller de l'avant. Il faut éviter de construire des projets qui vont devenir des fardeaux. »

Le Bureau de reconstruction s'est donné pour mission de faire mentir les tendances de dévitalisation qui inquiétaient la région bien avant le 6 juillet 2013.

« L'idée c'est de faire de Lac-Mégantic une grande-petite ville. Le fait d'être un petit milieu sur le plan démographique ne doit pas nous empêcher d'être grands dans notre vision et nos ambitions. »

Trois ans et demi plus tard, l'impatience a fait place à l'optimisme dans la population, observe Stéphane Lavallée.

« À mesure que les lieux sont réappropriés par les Méganticois, ça change le climat et la perception. Peut-être aussi qu'on est mauvais juge sur notre propre territoire parce que quand on reçoit des visiteurs de l'extérieur - et on en reçoit beaucoup - et qu'ils voient tout ce qu'on a réalisé depuis 2013, ils n'en reviennent pas. Et en termes d'animation du milieu, c'est encore plus extraordinaire.

« Ça été plus long, oui, mais ça donne des aménagements de qualité, qui ont été réfléchis, questionnés et remis en question, pour finalement être faits de la meilleure façon possible et qui convient le mieux à la façon dont on veut vivre ici. C'est un temps nécessaire et ça fait partie du processus d'innovation. »

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