En attente d'un certificat de décontamination depuis plus de trois ans

La belle maison cossue que Miroslav Chum avait... (Archives, La Tribune)

Agrandir

La belle maison cossue que Miroslav Chum avait achetée sur la rue Kelly, près du parc des Vétérans, a brûlé dans le brasier de la tragédie du 6 juillet 2013.

Archives, La Tribune

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
<p>Ronald Martel</p>
Ronald Martel
La Tribune

(Lac-Mégantic) Ce n'est peut-être qu'une formalité, l'obtention d'un certificat de décontamination, mais Miroslav Chum, un résidant de Lac-Mégantic depuis quatre ans et demi, attend le sien depuis plus de trois ans, puisque les travaux de décontamination sur son terrain sont terminés depuis novembre 2013, vient-il d'apprendre.

La belle maison cossue qu'il avait achetée sur la rue Kelly, près du parc des Vétérans, a brûlé dans le brasier de la tragédie du 6 juillet 2013.

Un certificat de décontamination, finalement, ce n'est peut-être pas qu'une formalité, car si le ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC) tarde à l'émettre depuis trois ans, M. Chum croit qu'il peut y avoir anguille sous roche.

« Après tout ça, vont-ils venir nous dire "on s'est trompés, c'est contaminé chez vous, vous devez partir?" Mon expérience et c'est aussi mon opinion, ce ministère n'est vraiment pas au service du citoyen... », confie Miroslav Chum, un ingénieur de formation, dont le bureau d'ingénieur se trouve dans sa nouvelle maison, la première qui a été reconstruite au centre-ville sinistré, il y a un an, quand il a enfin eu l'autorisation d'y retourner.

« Je viens d'un pays communiste, l'ex-République tchèque, je suis arrivé au Québec il ya a 25 ans. Je ne pouvais pas croire que mon terrain pourrait être exproprié, quand la Ville de Lac-Mégantic a tout démoli les bâtiments encore debout et commencé à tout exproprier les gens. Je me suis battu pour garder le mien que je ne crois pas contaminé! », raconte-t-il.

Il estime avoir demandé le certificat de décontamination entre quinze et vingt fois - il ne les a pas comptées - dans une lettre adressée directement au ministre du MDDELCC, à qui il reproche de ne pas tenir ses engagements.

«Êtes-vous conscient que pour plusieurs citoyens de Lac-Mégantic, le vrai sinistre n'est pas issu de l'accident d'un train affolé, mais plutôt du laxisme et du je-m'en-foutisme des autorités et notamment des représentants de votre ministère? » écrit-il notamment.

Pour lui, un certificat de décontamination est un document qui ne comporte que deux phrases. Une formalité qui n'en est pas une, puisque ses assureurs, sa banque qui lui a consenti une hypothèque, l'attendent, dans le contexte du centre-ville de Lac-Mégantic.

« En plus, c'est personnel, ça pourrait rassurer nos amis qui ne veulent même pas nous visiter ici. Nous ne sommes pas des pleurnichards, nous voulons tout simplement régulariser la situation. La décontamination s'est effectuée derrière les clôtures. Nous avons subi délai après délai. On nous répétait : « Plus tard... »

« Ça a manqué de transparence. Puis le gouvernement aide sur le plan psychosocial, les gens encore malades et en détresse, mais il n'est pas capable de fermer enfin notre dossier avec un certificat de deux lignes de texte! », résume-t-il, exaspéré.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer